La NASA pourrait devoir retarder Artemis 2 à cause d’un risque solaire inédit
La mission Artemis 2 doit envoyer des astronautes autour de la Lune en 2026. Mais une nouvelle analyse met en garde contre un risque solaire accru. Certains chercheurs recommandent désormais de repousser le lancement de plusieurs mois.

Depuis plusieurs années, la NASA prépare le retour des astronautes au-delà de l’orbite terrestre avec le programme Artemis. Après le vol inhabité d’Artemis 1 en 2022, Artemis 2 doit envoyer quatre membres d’équipage pour un voyage d’environ dix jours autour de la Lune. Cette mission marquera le premier vol habité lointain depuis 1972. Elle doit valider les systèmes avant un futur alunissage. Mais le calendrier a déjà été bousculé par des fuites d’hydrogène liquide et un problème d’alimentation en hélium sur la fusée SLS. Le décollage est désormais envisagé au plus tôt en avril 2026.
Un autre élément inquiète désormais certains scientifiques. Le Soleil traverse actuellement une phase très active de son cycle de onze ans. Les super-éruptions solaires, appelées superflares, libèrent une immense quantité de rayons X et de particules énergétiques. Elles peuvent perturber les satellites, les réseaux électriques et les communications. Sur Terre, le champ magnétique nous protège en grande partie. En revanche, des astronautes en route vers la Lune sortent de cette protection naturelle et deviennent plus vulnérables aux radiations.
Un pic inédit d’activité solaire pourrait bouleverser le lancement d’Artemis 2
Une étude publiée en février 2026 dans la revue scientifique Journal of Geophysical Research: Space Physics indique que nous traversons actuellement une phase à haut risque. Les chercheurs ont analysé 50 ans de données issues des satellites GOES, couvrant la période 1975-2025. Ils ont mis en évidence deux cycles solaires de 1,7 an et 7 ans liés à l’accumulation d’énergie magnétique. Lorsque ils s’alignent, la probabilité de super-éruptions augmente fortement.
Selon leurs calculs, une fenêtre critique s’étend de la mi-2025 à la mi-2026. Une autre période active est attendue début 2027. Les auteurs de l'étude estiment qu’un lancement fin 2026 serait plus sûr pour l’équipage d’Artemis 2. Leur méthode permettrait d’anticiper ces phases dangereuses avec un à deux ans d’avance. Pour l’instant, la NASA n’a annoncé aucun nouveau report officiel. L’agence devra toutefois prendre en compte ce risque supplémentaire dans un contexte déjà marqué par plusieurs retards techniques.