Garder son smartphone près du ventre pendant la grossesse ne serait pas sans effet
Les smartphones ne quittent presque plus les mains, y compris pendant les neuf mois d’une grossesse. Des chercheurs américains ont réuni vingt études pour observer ce que cette proximité provoque chez le fœtus. Certaines mesures relevées après dix minutes d’exposition les ont assez surpris pour qu’ils réclament de nouvelles recherches.

Depuis près de trente ans, les ondes des téléphones portables occupent les laboratoires. Aucune grande synthèse n’a établi de lien solide avec le cancer. L’Organisation mondiale de la santé range simplement ces rayonnements parmi les agents possiblement cancérogènes. Notre rapport à l’appareil a pourtant changé. Il passe des heures contre le corps, dans une poche ou sur les genoux. Des travaux britanniques ont même chiffré le temps passé dessus pendant les réunions de travail.
Personne ou presque n’a mesuré ce que cela change pour les bébés en formation. Leurs tissus se développent à toute vitesse, à quelques centimètres seulement de l’écran consulté par la mère. Chez les adultes, les scientifiques soupçonnent déjà le smartphone de peser sur la natalité dans les pays riches. Une équipe de l’université Columbia a rassemblé les recherches disponibles sur les femmes enceintes.
Dix minutes de téléphone près du ventre ont modifié le rythme cardiaque du fœtus
Publiée dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, la revue retient vingt études. Quatre portent sur le cœur. Dans la première, menée auprès de 141 femmes enceintes, un téléphone allumé placé à 20 centimètres du ventre pendant dix minutes a fait varier le rythme du cœur de leur fœtus. Sur 90 futures mères, une deuxième recherche a mesuré une baisse du débit cardiaque du bébé après la même durée d’exposition. Un travail transversal portant sur 600 participantes associe pour sa part l’usage du mobile à un risque accru de fausse couche.
Ces résultats ne prouvent rien. Plusieurs travaux du même lot n’ont relevé aucun effet, et deux grandes recherches sur la croissance du fœtus se montrent rassurantes. Norman Kleiman, coauteur de la revue, avance une hypothèse plus terre à terre. Le smartphone servirait surtout de marqueur d’un mode de vie sédentaire. La chaleur dégagée par un appareil posé longtemps sur la peau pourrait aussi jouer. En attendant des études de suivi mieux calibrées, les auteurs conseillent aux femmes enceintes de privilégier le haut-parleur ou un casque. Ils invitent aussi à éloigner l’appareil du ventre et à activer le mode avion dès qu’il ne sert plus.