Free Max, vraiment un bon plan ou un forfait fourre-tout trop cher ?
Le forfait Free Max a beaucoup fait parler et certains ont même annoncé la mort des opérateurs eSIM. Mais Ubigi n'est logiquement pas de cet avis et étrille la nouvelle offre mobile de Free.

La semaine dernière, Free présentait son nouveau forfait mobile Max, offrant une enveloppe data illimitée en 4G et 5G en France et dans plus de 135 destinations. Couvrant des pays parmi les plus touristiques comme les États-Unis, le Canada, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Chine, le Japon, la Thaïlande ou le Brésil, certains ont prédit la mort des opérateurs eSIM après l'annonce. Ceux-ci proposent des offres limitées en Go et dans le temps pour avoir un accès facile et direct à internet depuis l'étranger. Free Max vient les concurrencer sur leur terrain, mais le nouveau forfait de Free Mobile est-il si intéressant ?
Ubigi, défendant ses propres intérêts, en doute. L'entreprise commence par évoquer le prix de Free Max : 29,99 euros par mois (19,99 euros pour les abonnés Freebox). Les utilisateurs doivent payer ce tarif de manière récurrente, ce qui représenterait un surcoût annuel de 120 euros, selon les calculs d'Ubigi, en comparaison avec un forfait du quotidien moins cher couplé à une offre eSIM ponctuelle lorsqu'on en a besoin.
Free Max, un forfait mobile pour les voyageurs très réguliers
“Pourquoi payer toute l’année pour un usage ponctuel ? La majorité des besoins en connectivité internationale sont temporaires. L’eSIM permet justement d’y répondre avec précision, sans contrainte ni frais cachés”, déclare Christel Feunteun, directrice marketing chez Ubigi. Pour les voyageurs occasionnels, Free Max n'aurait donc que peu de sens économiquement parlant, surtout que beaucoup d'entre eux pourraient préférer conserver leur abonnement Orange, SFR ou Bouygues Telecom habituel pour la France.
Ubigi remet aussi en cause le modèle de forfait illimité et sans engagement de Free. D'abord, le spécialiste de l'eSIM estime que pour la plupart des clients, une enveloppe de données mobiles limitée est suffisante. “En France, la consommation moyenne de données mobiles reste inférieure à 20 Go par mois. Même en voyage, dépasser 30 à 40 Go demeure rare”, explique l'opérateur par voie de communiqué.
Est aussi évoquée une flexibilité “relative”, le retour vers un forfait moins cher impliquant une procédure entraînant des frais de 10 euros et une durée minimale d’engagement de trois mois. Pour un usage ponctuel, Free Max ne sera pas toujours la solution idoine. Ubigi dénonce aussi une manière pour Free de créer une nouvelle plus haut de gamme et coûteuse, qui va certainement recevoir les innovations futures en exclusivité ou priorité au détriment des abonnements déjà existants.
Quelle qualité de connexion mobile pour Free Max ?
Ubigi assure proposer de meilleures performances que Free Max. “Lorsqu'un abonné français utilise son forfait à l'étranger, ses données doivent généralement effectuer un aller-retour vers la France. Ce routage centralisé, dépendant de l'infrastructure du pays d'origine, crée une latence élevée. C’est ce phénomène qui provoque des décalages lors d’une visioconférence ou des lenteurs lors de l'accès à un VPN professionnel”, indique le fournisseur eSIM. Les opérateurs eSIM comme Ubigi s'appuient quant à eux sur des réseaux conçus spécifiquement pour la mobilité, comme Transatel. Les données transitent ainsi par le point de sortie internet le plus proche de l'utilisateur, ce qui limite la latence.
Ubigi cite le Latency Report 2025, une étude indépendante menée sur 22 acteurs du marché, qui a établi que la latence était jusqu’à 5 fois plus faible avec un forfait Ubigi qu'avec les solutions de roaming classiques. Ce même rapport annonce une gigue réseau de 5 ms et une perte de paquets inférieure à 0,2 % pour Ubigi, garantissant fluidité et stabilité de la connexion.
“L’illimité, c’est très séduisant sur le papier. Mais dans la réalité, les utilisateurs voyagent quelques semaines par an, consomment quelques dizaines de gigas… et attendent surtout que ça fonctionne parfaitement. À l’international, faire transiter des données sur des milliers de kilomètres pour afficher “illimité”, c’est un peu comme promettre la vitesse de la lumière… avec un détour par Paris”, considère Jacques Bonifay, président de Transatel, qui n'a lui non plus pas intérêt à ce que l'offre Free Max séduite trop d'utilisateurs.
“L’initiative de Free a en réalité pour principal objectif d’augmenter le prix moyen des forfaits des abonnés Free Mobile et de gagner des parts de marché face à Orange, SFR et Bouygues Telecom, plus que de développer l’usage international”, conclut Ubigi, alors que Free Max avait déjà suscité le scepticisme de l’UFC-Que Choisir.
