Cette fondation veut protéger la Terre des astéroïdes avec des outils open source
Un astéroïde dangereux pourrait frapper la Terre sans prévenir. Une fondation indépendante veut éviter ce scénario catastrophe. Elle développe des outils libres pour mieux détecter et suivre ces menaces venues de l’espace.

Les impacts d’astéroïdes sont rares, mais les conséquences peuvent être dévastatrices. En 2013, un objet venu de l’espace a explosé au-dessus de la ville russe de Chelyabinsk, soufflant des vitres et blessant des centaines de personnes. Plus d’un siècle plus tôt, en 1908, un autre impact avait ravagé une région entière en Sibérie. Ces événements rappellent que la menace est bien réelle, même si elle reste difficile à anticiper. Pour l’instant, seuls quelques programmes, comme la mission DART de la NASA, cherchent à tester des moyens de défense.
C’est dans ce contexte qu’intervient la fondation B612, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis. Comme le rapporte Space.com, elle travaille depuis plus de vingt ans à mieux comprendre et suivre les astéroïdes qui s’approchent de notre planète. Plutôt que de garder ses outils pour un cercle restreint d’experts, elle a fait le choix de développer des technologies open source, accessibles à tous. Cette dernière veut permettre à chacun, chercheur ou passionné, de contribuer à la détection et à l’analyse de ces objets spatiaux.
La fondation B612 mise sur les outils open source pour cartographier les menaces spatiales
Le principal outil mis au point par la fondation s’appelle ADAM, pour Asteroid Discovery Analysis and Mapping. Cette plateforme est hébergée sur Google Cloud et traite d’immenses ensembles de données astronomiques, représentant plus de 8,6 milliards de points d’observation. Elle permet de cartographier les trajectoires d’astéroïdes, de calculer leur probabilité d’impact et même de concevoir des scénarios de missions d’exploration ou de déviation.
Pour renforcer cette capacité, B612 intègre à ADAM un algorithme avancé baptisé THOR. Développé en collaboration avec l’université de Washington, il peut détecter des objets dans des bases de données même si les observations sont espacées dans le temps. Cette technologie aide à repérer des astéroïdes invisibles aux méthodes classiques.
Au-delà de la défense planétaire, la fondation veut démocratiser l’accès aux données spatiales. Selon sa présidente, Danica Remy, chacun devrait pouvoir valider et comprendre les trajectoires d’objets célestes. Cette approche ouverte pourrait aussi aider à préparer les futures missions spatiales et approfondir notre connaissance du système solaire. B612 ne se limite donc pas à prévenir les catastrophes, elle mise sur la science collaborative pour construire l’avenir.