Cette IA retrouve votre maison à partir d’une seule photo prise à l’intérieur
Partager une photo de son intérieur semble sans conséquence. Un outil américain baptisé Raven, développé par Graylark Technologies, se charge pourtant d’y retrouver l’adresse exacte du logement. La police s’en sert déjà sur le terrain.

Depuis quelques années, l’intelligence artificielle déchiffre les images bien mieux qu’un œil humain. Paysage, façade, reflet dans une vitre, ces indices suffisent parfois à situer un cliché sur la carte. Face à cette montée en puissance, des chercheurs travaillent déjà sur des motifs textiles capables de tromper les caméras de surveillance dopées à l’IA. Pendant ce temps, le grand public continue de publier sans y penser.
Graylark Technologies, une société américaine, est allée plus loin cette année. Son logiciel ne se contente plus des indices extérieurs, puisqu’il part désormais d’un cliché pris dans une pièce pour remonter jusqu’à l’adresse. Sur ce terrain, confier des détails intimes à un assistant conversationnel devient banal chez une large part du public. Plusieurs polices américaines ont déjà sorti le chéquier.
L’outil Raven compare une photo d’intérieur à des millions d’annonces immobilières pour identifier un logement
Raven, l’ancien GeoSpy, analyse la forme des carreaux, la structure de la pièce ou la couleur des surfaces. Le système compare ensuite ces éléments à des millions d’annonces de vente ou de location, puis renvoie une liste de résultats classés. Aucune coordonnée GPS n’entre en jeu. Une fonction dédiée aux locations de courte durée ratisse même les plateformes du monde entier. D’après 404 Media, le LAPD et le bureau du shérif de Miami-Dade ont acheté un accès. Airbnb nie tout lien avec la société, quand Zillow rappelle que l’aspiration de ses annonces viole ses conditions d’utilisation.
Daniel Heinen, fondateur de Graylark, met en avant la lutte contre la traite des êtres humains. Aux États-Unis, les hôtels concentrent une large part de ces affaires. Il assure aussi que l’accès reste réservé aux entreprises, aux gouvernements et à la police. Après une levée de 10,7 millions de dollars en août, ses équipes testent des images venues de dizaines de milliers de dashcams américaines pour enrichir encore le catalogue. Le risque de harcèlement grandit à mesure que la base s’étoffe. Les spécialistes de la sécurité conseillent de recadrer les détails trop reconnaissables avant toute publication. Même un cliché vieux de dix ans peut encore trahir une adresse.