L’UE s’attaque à Booking après les multiples tentatives d’arnaques impliquant la plateforme
La Commission européenne annonce ouvrir une enquête contre Booking. Il est reproché à la plateforme de ne pas avoir suffisamment agi contre les fraudes et escroqueries.

Il y a quelques mois, nous vous rapportions que des campagnes de phishing basées sur des informations de réservations réelles sur Booking visaient en masse les utilisateurs français et d’autres pays européens. Des messages envoyés sur WhatsApp menacent d’annuler un logement sans action de notre part (cliquer sur un lien renvoyant vers un site malveillant), en précisant les données exactes (nom, établissement, dates, et numéro de téléphone) de la réservation.
La Commission européenne a ouvert une procédure formelle contre Booking dans cette affaire. L’enquête visera à déterminer si Booking.com a “enfreint le règlement sur les services numériques (DSA) en n’ayant pas évalué avec diligence ou atténué efficacement les risques liés aux annonces frauduleuses et aux escroqueries par hameçonnage”. La plateforme est aussi accusée d’avoir manqué à ses obligations en matière de transparence envers ses utilisateurs.
Booking déguise les publicités ?
“L’enquête se concentrera en particulier sur les risques liés à la manière dont les données de réservation et d’invité sont partagées avec les hébergeurs, ainsi que sur la conception et le fonctionnement du service de messagerie de Booking.com”, apprend-on. La Commission devra décider si l’entreprise “a mis en place des garanties suffisantes pour empêcher que les données ne soient utilisées de manière abusive pour pratiquer l’hameçonnage et solliciter des versements frauduleux”.
Les reproches adressés à Booking ne s’arrêtent pas là. Les fausses annonces, la fraude à l’usurpation d’identité et les offres de logements non conformes constituent des menaces à la protection des consommateurs, et Booking devra aussi répondre de ces pratiques. Cette fois, on parle d’arnaques se déroulant directement au sein du service, et non en dehors avec les informations de réservation.
L’UE va aussi se pencher sur le cas des annonces boostées. Elle soupçonne que Booking n’affiche pas clairement qu’il s’agit de publicités. “En vertu du DSA, les utilisateurs ont le droit de comprendre quand une publicité s’affiche et d’en connaître l’annonceur. À défaut, il leur est impossible de savoir si une annonce est visible parce qu’elle correspond à leur recherche ou parce que l’hébergeur a payé pour cette visibilité”, rappelle la Commission. Booking.com est mis sous surveillance et devra répondre de ces trois grands aspects sur lesquels se penche l’UE.