Cette cellule solaire quasi invisible veut transformer chaque fenêtre en source d’énergie
Des chercheurs ont mis au point une cellule solaire si fine qu'elle devient invisible sur les vitres. Elle se pose directement sur les fenêtres et transforme le verre en source d'électricité. Cette avancée pourrait changer radicalement la façon de produire de l'énergie en ville.

Le secteur de l'énergie solaire progresse à grande vitesse. Le vent et le soleil ont dépassé le gaz pour la première fois dans la production mondiale d'électricité. Pourtant, le déploiement en ville reste difficile. Les toitures sont trop petites et les panneaux classiques trop lourds pour couvrir les façades vitrées.
C'est dans ce contexte que des équipes de recherche cherchent à intégrer le solaire aux surfaces existantes. Des chercheurs avaient déjà montré que la lumière du soleil pouvait capturer le CO₂ atmosphérique pour freiner le réchauffement. Une équipe de la Nanyang Technological University (NTU) de Singapour a choisi une autre voie. Elle a mis au point des cellules solaires si fines qu'elles s'appliquent directement sur les vitres.
Des cellules à pérovskite de 10 nanomètres pourraient transformer les vitres en panneaux solaires
Ces cellules font 10 nanomètres d'épaisseur, soit 10 000 fois plus fines qu'un cheveu humain. Elles reposent sur un matériau cristallin appelé pérovskite. L'étude est publiée dans ACS Energy Letters, elle a été menée par Annalisa Bruno, professeure associée à la NTU. La version semi-transparente atteint 7,6 % de rendement tout en laissant passer 41 % de la lumière visible. Ces cellules restent neutres en couleur et ne modifient pas l'aspect des vitres.
Le procédé de fabrication retenu par la NTU constitue aussi une avancée en soi. Les chercheurs ont utilisé l'évaporation thermique sous vide, un procédé compatible avec l'industrie des semi-conducteurs. La professeure rappelle que les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation mondiale d'énergie. Ces cellules pourraient couvrir des façades entières sans travaux lourds. L'université a déposé un brevet et travaille déjà avec des partenaires industriels pour valider le procédé.
Un obstacle majeur reste à franchir. Les cellules à pérovskite sont réputées fragiles face à l'humidité, la chaleur et les UV. Sam Stranks, professeur à l'université de Cambridge, n'a pas participé à l'étude. Il juge les travaux prometteurs mais indique que les tests de durabilité à grande échelle restent décisifs. La technologie reste pour l'instant au stade de la recherche. Les chercheurs visent aussi les toits ouvrants de voitures et les lunettes intelligentes.