Ce rapport sur l’énergie mondiale révèle un basculement historique qu’on n’espérait pas si tôt
Pour la première fois, le vent et le soleil ont produit plus d'électricité que le gaz à l'échelle de la planète. C'est en avril 2026 que ce seuil historique a été franchi. Les données publiées racontent comment on en est arrivé là.

La production d'électricité mondiale est en pleine transformation depuis une décennie. L'éolien et le solaire progressent chaque année, au détriment des combustibles fossiles. Un récent rapport de la NASA rappelait que 2025 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée. Pour de nombreux pays, l'urgence de réduire la dépendance aux énergies fossiles n'a jamais semblé aussi pressante.
Dans ce contexte, les prix de l'énergie pèsent lourd sur les ménages. Les factures d'électricité ont fortement augmenté en France ces dernières années. Cette hausse a accentué la pression sur les gouvernements pour diversifier leurs sources d'énergie. La crise liée aux tensions au Moyen-Orient a encore renforcé la volatilité du marché du gaz.
L'éolien et le solaire dépassent le gaz dans le monde pour la première fois
En avril 2026, l'éolien et le solaire ont produit 22 % de l'électricité mondiale. Le gaz n'en a fourni que 20 %. C'est la première fois que les renouvelables dépassent le gaz à cette échelle. Le constat est établi par Ember, cabinet d'analyse indépendant spécialisé dans l'énergie. En volume, la différence est de 54 térawattheures (TWh) en faveur des renouvelables. En avril 2021, ces deux sources ne produisaient que 245 TWh, moins de la moitié du niveau actuel. Le gaz, lui, stagnait déjà à 476 TWh.
L'éolien et le solaire ont progressé de 13 % en un an au niveau mondial. La Chine affiche +14 %, l'Union européenne +13 %, le Royaume-Uni +35 %. Malgré les tensions géopolitiques qui pèsent sur les marchés du gaz, aucun retour massif vers le charbon n'a été observé. La crise a au contraire renforcé l'argument économique des renouvelables face au gaz importé.
En 2025 déjà, l'éolien et le solaire avaient couvert toute la croissance de la demande mondiale d'électricité, selon Ember. Avril reste toutefois le mois le plus favorable à ce type de performance. Le printemps dans l'hémisphère nord combine vent fort, ensoleillement croissant et faible consommation. Reste à voir si la tendance se confirme sur l'ensemble de l'année, mais la trajectoire semble tracée depuis longtemps.