Attention, le vrai site de ChatGPT héberge un faux modèle qui installe un virus sur votre PC
Des pirates ont détourné les GPT personnalisés de ChatGPT pour créer un faux modèle baptisé Plus 5.6. Hébergé sur le site officiel d’OpenAI, il affiche une adresse parfaitement légitime dans le navigateur. La suite de l’opération pousse la victime à lancer elle-même l’infection de son ordinateur.

Repérer une arnaque en ligne tenait longtemps à quelques indices visuels. Adresse mal orthographiée, fenêtre surgissante douteuse, bouton de téléchargement trop insistant, la plupart des internautes connaissent ces signaux. Face à ces réflexes, les pirates ont trouvé la parade. Ils s’installent directement sur des services de confiance, comme le montrent les fausses annonces Google qui imitent ChatGPT. Devant une URL légitime, la méfiance tombe.
Avec ses centaines de millions d’utilisateurs, l’assistant d’OpenAI attire logiquement les escrocs. Son éditeur a renforcé la protection du chatbot cette année, notamment avec le mode Lockdown déployé sur ChatGPT. Plusieurs chercheurs en cybersécurité viennent pourtant de repérer une campagne malveillante lancée depuis le site officiel du service. Aucun téléchargement ne paraît nécessaire, du moins en apparence. Tout commence sur une page parfaitement officielle.
Un faux modèle Plus 5.6 piège les internautes depuis le site officiel de ChatGPT
Chez Huntress, les chercheurs ont mis au jour un faux modèle baptisé Plus 5.6, fabriqué avec la fonction GPT personnalisés de ChatGPT. Hébergée sur le site officiel, la page affiche une adresse authentique dans le navigateur. Rien ne cloche à l’écran. Quelle que soit la question posée, le robot renvoie toujours le même message, annonçant une indisponibilité du service et proposant un domaine de secours. Certaines victimes ont même atterri là par une annonce sponsorisée placée tout en haut des résultats de recherche Google.
Derrière ce lien de secours s’ouvre une page Google Sites déguisée en vérification Cloudflare. Persuadée de passer un contrôle de routine, la victime copie une commande et la colle dans Windows. Baptisée ClickFix, la méthode repose sur la manipulation plutôt que sur une faille logicielle. Une fois exécutée, la ligne installe un cheval de Troie d’accès à distance, capable de voir l’écran, de fouiller les fichiers, d’activer la webcam et le micro, puis de déposer d’autres programmes malveillants. Huntress a relevé au moins quarante incidents liés à ce domaine piégé. OpenAI aurait supprimé un premier faux modèle le 25 septembre, avant qu’un second apparaisse deux jours plus tard sur ChatGPT.