Plus de la moitié des 18-28 ans se sont déjà fait pirater, cette étude explique pourquoi
Grandir avec Internet ne suffit visiblement pas à savoir s’y protéger. Une vaste étude menée dans dix-huit pays révèle un décalage frappant chez les 18-28 ans. Plus de la moitié d’entre eux ont déjà vu un appareil ou un compte se faire attaquer.

Les escroqueries en ligne se sont professionnalisées à mesure que l’intelligence artificielle est entrée dans l’équation. Faux sites, hameçonnage par message, publicités trompeuses, les pièges se fondent désormais dans les usages quotidiens. Se sentir à l’aise sur Internet ne protège plus de grand-chose. 43 % des internautes convaincus de savoir repérer une arnaque en ligne sont malgré tout tombés dans le piège. La confiance et la vigilance ne progressent pas au même rythme.
La génération Z occupe une place à part dans ce paysage. Ces 18-28 ans passent plus de temps connectés que déconnectés, avec le smartphone comme porte d’entrée principale. Leur téléphone concentre photos, papiers d’identité, accès bancaires et messageries. Une base de 149 millions d’identifiants volés est restée accessible en ligne pendant des semaines. Une nouvelle enquête internationale s’est penchée sur leurs réflexes.
Seuls 27 % des 18-28 ans installent un antivirus sur leur smartphone
Les 18-28 ans se protègent nettement moins que leurs aînés. Selon l’étude publiée par Kaspersky, menée auprès de 7 200 personnes dans dix-huit pays dont la France, 27 % installent un antivirus sur leur mobile. Ils changent aussi leurs mots de passe moins souvent que les autres générations. Seuls 28 % sauvegardent régulièrement les données importantes de leur téléphone. La perte de l’appareil emporte donc tout le reste.
Le décalage se lit dans les incidents déclarés. 52 % des sondés de la génération Z ont déjà subi une attaque visant un appareil, des données ou un compte. 17 % ont perdu la main sur un réseau social, 12 % sur un profil de jeu. Dans le même temps, 59 % de ces 18-28 ans se disent parfaitement à l’aise dans l’univers numérique. Seuls 28 % estiment pourtant leurs compétences réellement avancées.
Irina Ermilova, vice-présidente de la gestion des produits grand public chez Kaspersky, résume le problème sans détour. Naviguer sans effort entre les applications ne signifie pas savoir identifier une escroquerie ou gérer ses mots de passe. L’éditeur a lancé dans la foulée Case 404, un jeu de navigateur gratuit. Les 18-28 ans y enquêtent sur des pièges inspirés de menaces réelles. Un antivirus mobile et une sauvegarde automatique demandent quelques minutes de réglages.