Un GPS sur la Lune ? Cette idée venue des cratères les plus froids pourrait guider les futures missions Artemis
Des chercheurs ont trouvé un endroit idéal pour installer un GPS sur la Lune. Il se trouve dans les cratères les plus froids du pôle sud de cette dernière. Des lasers ultrastables pourraient y guider les futures missions lunaires.

La Lune est redevenue un objectif central pour les grandes puissances spatiales. Après le succès d'Artemis II en avril 2026, les préparatifs s'accélèrent pour les prochaines missions. Le but est d'établir une présence humaine durable sur notre satellite avant d'envisager Mars. Cette dynamique mobilise désormais aussi bien des agences nationales que des entreprises privées. Pour y parvenir, les futures bases lunaires auront besoin d'infrastructures fiables pour se repérer sur place.
Le problème de la navigation lunaire est rarement évoqué, mais il est bien réel. Aujourd'hui, les engins spatiaux en orbite autour de la Lune dépendent encore des systèmes de suivi terrestres. Cette dépendance pose des limites croissantes à mesure que les missions se multiplient. Reid Wiseman, commandant d'Artemis II, a confirmé que l'alunissage prévu lors d'Artemis IV en 2028 sera une étape décisive. Une équipe de chercheurs américains vient de proposer une solution inattendue pour avancer.

Le NIST propose de placer des lasers ultrastables dans les cratères glacés du pôle sud lunaire
Une étude publiée le 8 mai dans les Proceedings of the National Academy of Sciences détaille cette proposition. Elle émane du NIST, le National Institute of Standards and Technology. L'idée consiste à placer des lasers ultrastables dans les cratères en ombre permanente du pôle sud lunaire. Ces zones ne reçoivent jamais de lumière directe en raison du faible axe d'inclinaison de la Lune. Les températures y descendent autour de -223 degrés Celsius, soit plus froid que la surface de Pluton. Ces instruments émettent un signal à fréquence quasi constante, permettant des mesures de distance très précises.
Le système repose sur une cavité optique en silicium qui stabilise la lumière en la faisant rebondir entre deux miroirs. Sur Terre, cette technologie exige un refroidissement cryogénique complexe et une isolation contre les vibrations. Dans les cratères lunaires, le froid extrême et la stabilité du sol remplacent ce dispositif. Jun Ye, chercheur principal au NIST, estime que ces zones sont le cadre idéal pour de tels lasers. Une fois déployé, cet équipement pourrait servir de référence de timing pour les satellites et guider les futures missions Artemis.