Ce scandale Google pousse des milliers d’utilisateurs à abandonner Android pour des alternatives plus sûres
De plus en plus d'utilisateurs abandonnent Android après de nouvelles révélations sur les pratiques de Google en matière de données. Un étudiant affirme que l'entreprise a transmis ses informations aux autorités américaines sans le prévenir. Une plainte vient d'être déposée contre le géant californien.

Les grandes entreprises technologiques reçoivent régulièrement des demandes de données de la part des autorités. La plupart s'engagent à en informer les utilisateurs concernés, sauf exception légale. Mais ces derniers mois, la question de la vie privée numérique a pris une nouvelle dimension aux États-Unis. La surveillance des étudiants étrangers s'est intensifiée, alimentant une méfiance croissante envers les grandes plateformes. Dans ce contexte, GrapheneOS, une version d'Android axée sur la protection des données, a annoncé son extension à de nouveaux smartphones pour répondre à une demande grandissante.
C'est dans ce climat que l'affaire Amandla Thomas-Johnson a éclaté. Cet étudiant en doctorat, de nationalité étrangère, affirme avoir participé à une manifestation pro-Palestine à l'université Cornell. Des agents fédéraux se sont présentés à son domicile. Un ami a été interrogé dans un aéroport au sujet de sa localisation. Depuis la Suisse où il se trouvait, il a reçu un courriel l'informant que Google avait transmis ses données au département de la Sécurité intérieure. Trouver des alternatives aux ROM Android classiques devient de plus en plus difficile, le géant californien resserrant progressivement son écosystème.
Google aurait transmis les données d'un étudiant aux autorités sans respecter sa propre politique
Selon une plainte déposée par l'Electronic Frontier Foundation, Google a remis au ICE les adresses IP, l'adresse physique et les horaires de connexion de Thomas-Johnson, sans le notifier au préalable. Or, la politique officielle de l'entreprise stipule qu'elle informe généralement les utilisateurs avant de répondre à ce type de demande. Des exceptions légales existent, mais la société n'a pas précisé laquelle s'appliquait ici. Elle affirme chercher à limiter la portée des données transmises quand elle juge une demande trop large.
L'affaire révèle les limites concrètes des engagements de confidentialité des grandes plateformes. Elle alimente un mouvement grandissant vers des outils plus respectueux de la vie privée, comme ProtonMail ou le navigateur Brave. Thomas-Johnson le regrette ouvertement. La notification prévue aurait dû lui permettre de contester la demande. Cette protection n'a pas joué son rôle.