La conquête de la Lune relance la course à l’espace, et ce ne sont plus que les États qui y jouent
La Lune redevient un objectif stratégique pour les grandes puissances. La Chine et les États-Unis multiplient les annonces, mais ne sont plus seuls en lice. Désormais, des entreprises privées participent activement à cette nouvelle conquête spatiale.

Longtemps dominé par les grandes agences nationales, l’espace est aujourd’hui en pleine transformation. La NASA continue de miser sur le programme Artemis, censé marquer le retour des astronautes sur la Lune. Mais malgré des objectifs ambitieux, les difficultés persistent. La mission Artemis 2, prévue pour février 2026, a été retardée en raison de fuites d’hydrogène lors d’un test de ravitaillement. Un problème pourtant déjà identifié lors de la mission Artemis 1 en 2022. Cette répétition générale incomplète rappelle que même les projets les plus avancés peuvent être ralentis par des détails techniques non maîtrisés.
Face à ces lenteurs, de nouveaux acteurs bouleversent les règles établies. Portées par la baisse des coûts de lancement et les progrès techniques, les entreprises privées s’emparent du domaine spatial. SpaceX, Blue Origin, mais aussi des sociétés comme Starcloud développent des projets jusqu’ici réservés aux agences gouvernementales. Le secteur ne se limite plus aux satellites et lanceurs. Ce dernier s’étend désormais à l’exploitation de ressources, à la colonisation lunaire, et même au traitement de données directement en orbite. Pour certains dirigeants du secteur, l’espace devient un « huitième continent », avec ses propres enjeux économiques et géopolitiques.
SpaceX, Starcloud et d’autres entreprises s’imposent face aux agences spatiales
L’exemple le plus marquant reste celui de SpaceX, qui multiplie les lancements de Starship, sa fusée géante pensée pour transporter des centaines de tonnes de matériel au-delà de l’orbite terrestre. Elon Musk a récemment fusionné cette dernière avec xAI pour développer une intelligence artificielle spatiale, capable d’opérer depuis l’espace grâce à une flotte de satellites. Dans un autre registre, la société chinoise Starcloud prévoit de construire un centre de données orbital de 4 kilomètres de long. Celui-ci sera alimenté par énergie solaire et doté de capacités de calcul avancées.
Dans ce nouveau paysage, les grandes puissances restent très présentes. La Chine prépare un alunissage habité d’ici 2030. Le pays cible le pôle Sud lunaire pour ses ressources en eau. Les États-Unis comptent y parvenir dès 2028 avec Artemis 3. Mais la dynamique a changé. Les agences collaborent désormais étroitement avec le secteur privé, dont l’agilité et la capacité d’innovation permettent d’accélérer les projets. La course à l’espace n’oppose plus seulement deux nations. Elle se joue à plusieurs, avec des règles entièrement réinventées.