Vous préférez les SMS aux appels ? Voici ce que cela dit de vous selon des psychologues
Pourquoi diable vous appelle-t-on alors qu'il suffirait d'un message ? Si cette pensée vous a déjà traversé l'esprit, sachez que vous n'êtes pas le seul à détester les appels (ou du moins à préférer les SMS) : nombreux sont ceux qui les déclinent pour s'empresser d'écrire. Une recherche en psychologie des médias apporte un nouvel éclairage sur ce comportement – et non, cela ne signifie pas forcément que vous êtes antisocial.

Imaginez : vous êtes en train de scroller sur les réseaux sociaux, de surfer sur le web ou de répondre à des messages. Et là, horreur, votre smartphone se met à sonner – la sensation est encore pire si ce n’est pas le nom de l’un de vos proches qui s’affiche. Deux choix s’offrent alors à vous si vous connaissez la personne : vous faire violence et décrocher, ou attendre que la communication se coupe afin que vous puissiez, à la place, envoyer un message.
Si vous connaissez cette situation, sachez que vous n’êtes pas seul. Et si vous êtes la personne qui appelle : essayez de ne pas le prendre personnellement. Selon la psychologie des médias, il ne s’agit généralement pas d’une distance mise à votre égard, mais bien d’une stratégie de protection mentale. Voyons ce que cela signifie concrètement.
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SMS VS appels : ce que votre préférence révèle sur votre cerveau
Pour étudier ce comportement, une étude, publiée dans Psychology of Popular Media, a suivi 157 jeunes afin de comprendre le lien entre introversion, textos et confiance en soi. L’écrit au détriment de la parole répond à deux usages parallèles : la « fuite » des autres ou l’occasion de mieux s’exprimer – et donc d’avoir davantage confiance en soi. Les psychologues distinguent ainsi deux profils :
- « low synch» : ceux qui trouvent plus confortables les échanges où ils ont le temps de réfléchir à ce qu’ils vont dire et construire leur pensée – c’est pourquoi ils préfèrent l’écrit.
- « high synch» : ceux qui sont plus à l’aise avec des communications instantanées – typiquement les appels téléphoniques.
Répondre à un appel mobilise fortement le cerveau – et a fortiori la mémoire de travail –, puisque cela nécessite d’écouter, de retenir, de préparer la réponse et le ton employé, d’attendre le bon moment pour s’exprimer en retour sans couper la parole à son interlocuteur, comprendre le sous-texte… Concrètement, cela augmente la charge cognitive. Et pour les profils qui sont déjà sujets à une stimulation intense ou à de l’anxiété sociale, les SMS apparaissent comme une solution pour la soulager.

Préférer les SMS aux appels : une question de génération ?
Ainsi, préférer les SMS incarne une adaptation au traitement de l’information qui passerait par le choix d’une communication asynchrone afin de préserver la qualité de la pensée et donc de l’échange. Et en soi, il n’y a pas de mal à cela, surtout si le SMS s’érige en meilleur allié de votre confiance en soi. Mais il ne faut pas, a contrario, que cela se transforme en un évitement pur et dur du lien social. Pour la bonne entente avec les proches, il est possible de trouver des compromis, comme le souligne le site Psychologies.com : accepter les appels pour les choses urgentes, ou les prévoir.
Pour poursuivre la réflexion, nous pouvons mentionner le fait que l’appel pourrait être perçu comme une « intrusion » : il survient alors que l’appelé est probablement déjà en train d’effectuer une tâche. Aussi, cette préférence des messages pourrait s’expliquer par la volonté d’optimiser les échanges : si un appel invite bien souvent à poursuivre la conversation même après que son objet a été traité, le message, lui, va droit au but.
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Enfin, plusieurs hypothèses peuvent être apportées à cette étude pour l’étayer. D’abord, il pourrait y avoir une question de praticité : selon l’endroit où l’on se trouve (en rendez-vous, dans les transports), prendre un appel n’est pas toujours ni le plus évident, ni le plus optimal. De plus, ce constat du désamour des appels semble surtout concerner les jeunes générations. C’est, par ailleurs, sûrement pour cela que ce sont de jeunes adultes qui ont été interrogés – mais cela n’induit-il pas un biais ?
Quoi qu’il en soit, ce désamour des appels ne semble pas non plus être un refus de la voix. Les individus – et peut-être surtout la jeune génération – adapteraient leur usage en se tournant vers un autre canal : les vocaux. On garde ainsi cette proximité grâce à la voix, sans pour autant avoir à formuler une réponse rapide : un vocal peut s’interrompre, ce qui permet d’y répondre point par point.