Voici pourquoi votre prochaine imprimante 3D pourrait vous surveiller
Les imprimantes 3D inquiètent de plus en plus les autorités américaines. En Californie, un projet de loi veut les forcer à bloquer certaines impressions. Les fabricants devraient intégrer un algorithme de surveillance dans leurs machines.
Les pouvoirs publics encadrent de plus en plus les technologies grand public. Quand un appareil peut servir à des usages dangereux, les législateurs cherchent souvent à imposer des garde-fous logiciels. Cette logique gagne du terrain partout dans le monde. En France, des élus ont déjà voté pour autoriser une surveillance algorithmique des comportements dans les magasins. Les machines connectées se transforment en outils de contrôle, pour le meilleur comme pour le pire.
Aux États-Unis, un nouveau texte vise désormais un objet bien précis. La fabrication maison d'armes intraçables alarme de nombreux responsables politiques. Ces craintes rappellent celles liées à la collecte massive de données. L'État impose déjà aux opérateurs télécoms de tout conserver au nom de la sécurité. Cette fois, c'est l'imprimante 3D qui se retrouve dans le viseur du législateur.
Voici pourquoi votre prochaine imprimante 3D pourrait vous surveiller
Pour l'instant, seule la Californie avance sur ce terrain. Selon le texte officiel du projet de loi AB-2047, chaque imprimante 3D vendue dans l'État devrait embarquer un algorithme de détection. Ce dernier bloquerait toute tentative d'impression d'armes à feu. Porté par la députée Rebecca Bauer-Kahan, le texte a été adopté la semaine dernière par l'assemblée locale. Il attend maintenant la confirmation du Sénat avant la signature du gouverneur Gavin Newsom. La charge reposerait sur les constructeurs, tenus de prouver la présence du dispositif dans leurs appareils. Faute de quoi, la vente de leurs machines deviendrait illégale dans l'État.
Le débat reste vif autour de cette initiative. Ses partisans y voient un moyen de combler une faille. Cette dernière facilite la production d'armes sans numéro de série. Ils citent le meurtre du patron d'UnitedHealthcare, Brian Thompson, tué en 2024 avec une arme fabriquée de cette manière. Ses détracteurs dénoncent une atteinte à l'innovation et aux libertés. Ils rappellent qu'un simple logiciel libre suffirait à contourner la protection. Les normes techniques ne seront de toute façon pas publiées avant janvier 2028. D'ici là, rien ne garantit que cette mesure deviendra applicable.
