L’IA pourrait vous surveiller dans les magasins, le gouvernement donne un premier accord
En première instance, les députés ont voté l'utilisation de la vidéosurveillance algorithmique dans les centres commerciaux et boutiques. Le Sénat doit maintenant examiner le texte, mais certains magasins n'ont pas attendu.

Fini le temps où les caméras de surveillance se contentaient de filmer bêtement ce qu'il se passait devant leur objectif. Désormais, elles sont intelligentes, du moins artificiellement. En y intégrant l'IA, les logiciels associés deviennent capables d'analyser certains comportements et déterminer si l'un d'eux nécessite d'envoyer une alerte. On appelle ça la vidéosurveillance algorithmique (VSA). Celle-là même qui a été utilisé en France lors de concert et pendant les Jeux olympiques de Paris en 2024.
Et alors que l'expérimentation en cours doit s'achever en 2027, une autre pourrait démarrer officiellement dans les centres commerciaux et les magasins. L'Assemblée Nationale a en effet adopté un texte en ce sens. Proposé par le député Ensemble pour la République Paul Midy, il vise le vol à l'étalage, que l'élu considère comme “un véritable fléau économique“. Il explique qu'un “vol de 20 euros de marchandises, commis quatre fois par semaine, peut entraîner une perte de plus de 4 000 euros par an“.
La vidéosurveillance algorithmique s'inviterait bientôt dans les magasins
De la même manière que lors des JO, l'IA analyserait en temps réel les images capturées par les caméras pour déterminer si un vol est en cours, en fonction des gestes des individus. Le gérant du magasin est alors alerté afin de vérifier et, le cas échant, d'agir. Rappelons que ce système existe déjà en France, bien que la CNIL estime que la solution n'est pas conforme au RGPD. L'entreprise Veesion par exemple a déjà reçu un courrier de mise en garde. Elle l'a d'abord contesté devant la justice avant d'abandonner la procédure.
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La loi, qui doit encore passer par la case Sénat, prévoit quelques garde-fous. D'abord, la VSA serait mise en place de manière temporaire, jusqu'à fin 2027. Ensuite, la préfecture devra au préalable donner son accord. Enfin, une “analyse d'impact” sera faite pour mesurer les effets du système sur les données personnelles. Si le texte est adopté définitivement et que l'expérimentation est concluante, le procédé devrait se généraliser dans les années à venir.
Source : Le Monde