Utiliser l’IA a un effet sur le cerveau et il n’est vraiment pas beau à voir
Une étude du MIT montre comment l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle influence notre fonctionnement cérébral. Le pire est ce que cela arrive après quelques mois seulement.

Chaque nouvelle technologie entraîne son lot de questions. Les téléphones portables ont-il un effet néfaste sur notre corps ? Quid du Wi-Fi ? Des antennes 5G ? Sans tomber dans la paranoïa, ces interrogations sont légitimes. Après tout, on disait bien que fumer était bon pour la santé il y a quelques dizaines d'années. Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que des chercheurs du MIT ont voulu savoir si l'utilisation des outils d'intelligence artificielle a une influence sur notre cerveau.
Pour ce faire, ils ont observé 54 participants pendant 4 mois. Ils étaient séparés en 3 groupes avec pour consigne de rédiger des essais. Le premier devait se servir de l'intelligence artificielle générative (ChatGPT, Gemini…), le second de moteurs de recherches, le troisième d'aucun outil en ligne. Lors de chaque session, l'activité cérébrale des participants était enregistrée à l'aide d'un électroencéphalographe. Des questions leur étaient également posées par les scientifiques. Les résultats sont assez édifiants.
Il suffit d'utiliser ChatGPT 4 mois pour voir un effet néfaste sur le cerveau
D'une manière générale, les personnes ayant utilisé des outils d'IA générative montrent un niveau d'engagement cérébral significativement plus faible que les autres. En clair, leur cerveau s'activait moins. Pire : interrogés quelques minutes seulement après avoir rendu leur essai, les membres de ce groupe avaient beaucoup de mal à se souvenir de ce qu'ils venaient d'écrire. Le programme faisant le travail à notre place, on ne cherche pas à retenir ce que l'on fait.
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Enfin, les auteurs se sont livrés à une dernière expérience. Lors d'une ultime session, celles et ceux qui venaient de passer 4 mois à se servir de ChatGPT devaient écrire sans aucune aide. Il s'avère que leur activité cérébrale reste plus faible que celle des gens ayant écrit elles-même. Mais n'allez pas en conclure que l'IA laisse une trace indélébile. Ce sont des résultats préliminaires que les chercheurs invitent à considérer avec prudence. Il n'empêche qu'ils ne sont pas très encourageant à l'heure ou on veut tout déléguer à l'intelligence artificielle.
Source : Le Grand Continent