Test Sony Xperia 5 III : une version miniaturisée, moins chère et améliorée du Xperia 1 III

 
test sony xperia 5 mark 3

Descendant de la gamme Compact, le Xperia 5 III est le troisième flagship de petite taille de chez Sony. Ode à une époque où les smartphones haut de gamme s’utilisaient facilement à une main, ce smartphone embarque l’essentiel du Xperia 1 III, tout en écartant l’extravagant et l’exubérant. Concurrent naturel du ZenFone 8, il lorgne aussi du côté de l’iPhone 13 Pro avec son équipement photo de pointe. Que vaut-il en vrai ? Réponse dans ce test complet.

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Sony a présenté en début d’année trois smartphones. Le Xperia 1 III, que nous avons testé à sa sortie. Le Xperia 10 III, smartphone milieu de gamme bien sous tous rapports. Et le Xperia 5 III. Seuls les deux premiers sont sortis au premier semestre. Le troisième a dû prendre son mal en patience. Le smartphone a connu en effet un décalage de plusieurs mois sur son planning de lancement.

Lire aussi – Test Moto Edge 20 : le flagship killer que l’on n’attendait pas, et pourtant…

À l’occasion de la sortie commerciale du Xperia 5 III, nous avons rencontré Sony France afin de comprendre les raisons de ce décalage. La marque nous a indiqué qu’elle a subi, comme beaucoup d’autres marques, la pénurie de composants qui affecte de nombreux marchés électroniques. Le Xperia 5 III a donc été obligé de laisser la priorité au Xperia 1 III. Un mal pour un bien : cela a donné le temps au Xperia 5 II, que nous avons testé en octobre 2020, le temps de finir gentiment sa carrière commerciale.

Heureusement, la pénurie n’a pas empêché Sony de lancer le Xperia 5 III. Et c’est peut-être un mal pour un bien. En sortant trois mois après les autres « mark 3 », le Xperia 5 III se veut être le concurrent des iPhone 13 et 13 Pro, récemment dévoilés : même taille d’écran, résolution proche, performances au top et équipement photographique ambitieux. Pour un prix au beau milieu des deux modèles d’Apple. Voilà un pitch qui attire notre curiosité. Est-ce mérité ? Réponse tout au long de ce test.

Notre test vidéo

Fiche Technique

 Sony Xperia 5 III
Dimensions157 x 68 x 8,2 mm
Poids168 g
Ecran6,1 pouces OLED
21:9
449 ppi
2520 x 1080 pixels
Corning Gorilla 6
ChipsetSnapdragon 888 (5nm)
OSAndroid 11 + Xperia UI
RAM8 Go
Stockage128 Go
microSDOui
Capteur principal12 MP f/1.7 OIS PDAF
12 MP grand angle f/2.2 PDAF
12 MP telefoto f/2.3-f/2.8 OIS PDAF (zoom optique 2,9-4,4)
Optiques Carl Zeiss
Vidéo 4K @ 60 ips
Capteur secondaire8 MP f/2.0
Batterie4500 mAh
Charge rapide 30 watts
5GOui
ConnectivitéJack 3,5 mm
NFC
WiFi 6
Bluetooth 5.2
USB 3.1 type-C
BiométrieScanner d’empreinte sur la tranche (dans le bouton d'alimentation)
Résistance à l'eauIP 68

Prix et disponibilité

Le prix du Xperia 5 III est de 999 euros. Il est trois cents euros moins chers que le Xperia 1 III. Il est aussi 100 euros plus chers que son prédécesseur, le Xperia 5 II. Nous verrons dans ce test comment Sony justifie cette inflation.Le Xperia 5 III est disponible à partir d'aujourd'hui, vendredi 24 septembre, chez les distributeurs en ligne (Fnac, Darty, Boulanger, Amazon, Cdiscount). Il arrivera ensuite progressivement dans les magasins physiques et chez les opérateurs.

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Techniquement, il est concurrencé par certains smartphones dont la taille d’écran est voisine, mais dont le prix est plus agressif. Nous pensons au ZenFone 8 et au Galaxy S21, deux flagships de petite taille. Vis-à-vis de la proposition d’Apple, le prix du Xperia 5 III se positionne entre l’iPhone 13 (à partir de 909 euros) et l’iPhone 13 Pro (à partir de 1159 euros). Et techniquement, il est plus proche de l’iPhone 13 Pro.

Le Xperia 5 III est pourvu de 8 Go de mémoire vive et de 128 Go de stockage. Notez qu’il existe, à l’international, une version du Xperia 5 III disposant de 256 Go de stockage interne. Toutefois, ce n’est pas important : vous pouvez étendre cet espace avec une carte microSDXC. Le smartphone accepte les cartes d’une taille allant jusqu’à 1 To.

Le smartphone est livré avec un chargeur mural offrant la puissance maximale compatible avec le smartphone, un câble USB type-C vers USB type-C et une paire d’écouteurs intra-auriculaires filaires. Sony ne fournit pas de coque basique avec ses smartphones pour les protéger dès la sortie de la boîte. C’est un peu dommage.

Design

Entrons maintenant dans le détail en commençant par le design. Ergonomiquement, le Xperia 5 III est très proche du Xperia 5 II. Il n’y a pratiquement aucune différence physique entre les deux générations. C’est presque dommage : Sony a réussi à modifier très légèrement les contours et les finitions du Xperia 1 III pour lui donner un cachet différent du Xperia 1 II, tout en respectant le langage design qui est si cher à la marque depuis 2019.

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Nous retrouvons donc le même sandwich de verre minéral (Gorilla Glass 6) que nous avons apprécié l’année dernière. Nous retrouvons également le cadre en aluminium et les tranches légèrement bombées avec les séparations pour les antennes « presque » invisibles. Si vous découvrez ici la version noire, nous avons quand même une petite préférence pour la version verte. Celle-ci profite d’un revêtement mat à l’arrière, lequel est moins sujet aux traces de doigt, tout en restant sobre et élégant.

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Les éléments techniques sont positionnés aux mêmes endroits. Port USB type-C et microphone principal sur la tranche inférieure. Tiroir de SIM, extractible sans outil, à gauche. Microphone secondaire et port mini jack 3,5 mm en haut. Bouton de mise en marche (avec lecteur d’empreinte intégré), contrôle du volume, déclencheur photo et touche dédiée à Google Assistant à droite.

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À l’arrière, Sony propose un module photo légèrement protubérant, avec des extrémités arrondies. Il est plus grand que celui du Xperia 5 III. Il est toujours surmonté du flash et du capteur de luminosité. Ce bloc, intégrant trois objectifs, est presque identique à celui du Xperia 5 III, avec une seule différence : l’optique télescopique est carrée et large et non ronde et petite. C’est le signe d’un changement technique que nous verrons dans la partie photo. Autre changement : le capteur NFC a été repositionné plus bas, à mi-hauteur du module.

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À l’avant, enfin, aucune surprise à révéler. Sony conserve la même architecture : une dalle élancée (21/9e) flanquée de deux bordures qui ont été très légèrement affinées (le Xperia 5 III mesure 1 mm de moins en hauteur que le Xperia 5 II). Elles intègrent toujours deux haut-parleurs frontaux symétriques en façade. Et l’une d’entre elles loge également le capteur selfie.

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Le design du Xperia 5 III a été éprouvé. Il reste donc excellent. Mais il reste extrêmement proche de celui de son prédécesseur. Certains pourraient se demander si Sony n’a pas de difficulté à se renouveler. Nous pensons qu’il est aussi parfois sage de ne pas essayer de réinventer la roue à chaque génération.

Écran

Restons sur la façade avant du smartphone et entrons dans les détails techniques de la dalle. Celle-ci reprend les grandes caractéristiques techniques de celle du Xperia 5 II, tout en supportant les rares (mais importantes) nouveautés apportées par le Xperia 1 III. Parmi celles-ci, nous retrouvons notamment la colorimétrie 10 bits : il est possible d’afficher jusqu’à un milliard de couleurs différentes.

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Nous retrouvons donc une dalle OLED, l’une des caractéristiques distinctives de la gamme Xperia. C’est une très belle technologie, héritée des télévisions Bravia. Le Xperia 5 III continue bien évidemment de profiter du moteur de rendu X-Reality et d’un affichage Triluminos. La taille de la dalle est 6,1 pouces. Elle monopolise plus de 80 % de la surface avant du téléphone.

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Les pixels du Xperia 5 III vus avec le microscope du Find X3 Pro

Cette dalle profite du ratio 21/9e CinémaScope de la gamme Sony depuis 2019 : les films s’affichent donc sans bordure sur cet écran : c’est un vrai plaisir. En revanche, l’affichage des contenus 16/9e est moins élégant, avec de très belles bordures noires latérales. On ne peut pas tout avoir. Le Xperia 5 III affiche des images en Full HD+, comme son prédécesseur. Soit une résolution de 449 pixels par pouce. Elle est compatible HDR et BT.2020, comme d’habitude.

Comme pour son prédécesseur, le Xperia 5 III profite d’un taux de rafraichissement de 120 Hz. Par défaut, cette fréquence n’est pas activée. Il faut passer par le menu paramètres pour en profiter. Contrairement à Samsung ou Apple, par exemple, il n’y a pas non plus de fréquence variable en fonction du contenu, à une exception près : le jeu. Le mode gaming du smartphone est capable de forcer le passage au 120 Hz. Il peut également simuler un rafraichissement à 240 Hz avec les jeux, mais il s’agit d’une tactique logicielle, comme avec le Xperia 5 II. La fréquence d’échantillonnage est de 240 Hz, soit un rapport de deux avec le rafraichissement.

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Parlons colorimétrie. Le Xperia 5 III supporte les deux modes d’affichage présents dans le Xperia 1 III. Le premier est le mode standard, appliqué par défaut. Et le second est le mode créateur, similaire à celui que vous retrouvez chez Bravia. Vous pouvez combiner les deux grâce à un réglage qui active automatiquement le mode créateur avec certaines applications : Netflix, Photo Pro, etc. Vous pouvez ajouter des applications à cette liste. Vous avez également de nombreux réglages pour peaufiner le profil colorimétrique de l’écran selon vos gouts.

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Par défaut, nous avons obtenu des relevés assez similaires à ceux du Xperia 1 III il y a quelques mois. Le mode créateur présente un gamma moyen presque parfait, avec quelques petits écarts sur les fréquences extrêmes du spectre. La température est toujours un peu trop élevée (6900°). Le Delta E moyen est de 2,2, ce qui est très bon. Et une seule couleur dépasse le Delta E de 4 : le vert foncé (avec une tendance globale à pointer vers le bleu). Le problème de luminosité n’a toujours pas été réglé et ne dépasse pas manuellement la barre des 400 cd/m2. Le mode standard est moins précis : température de 7500°, Delta E moyen de 3,3. Et une demi-dizaine de couleurs au-dessus de 4. Et toujours ce petit souci de luminosité. Mais il est ici moins marqué.

Interface

Le Xperia 5 III s’appuie sur la même interface que celle du Xperia 1 III. Aucune grande surprise donc ici. Nous retrouvons une organisation très proche d’Android stock, avec deux écrans d’accueil, un tiroir d’application et un volet pour les notifications et les paramétrages rapides. Nous remarquons les efforts de Sony d’offrir une expérience plus dynamique, notamment sur le fond d’écran qui s’anime quand vous débloquez le mobile. C’est assez sympa. Nous retrouvons aussi avec plaisir le volet latéral qui permet d'accéder facilement à vos applications préférées, au mode “une main” et au mode multi-fenêtre.

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Comme toujours, Sony préfère placer la barre de recherche Google en bas de l’écran, entre les raccourcis les plus courants et les touches de navigation. Ainsi, même si vous avez des difficultés à atteindre le haut de l’écran avec votre pouce, la recherche Google sera toujours accessible. Elle est inamovible et elle est ainsi disponible sur tous les écrans. Cela a pour conséquence négative de réduire l’espace pour vos propres réglages : application ou widget.

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Les applications préinstallées ne sont pas si nombreuses. Sony fait le choix de ne pas proposer de logiciels qui viendraient en doublon vis-à-vis de ceux imposés par Google. Pas de second navigateur web. Pas de second gestionnaire de mail. Pas de second explorateur de fichiers. Pas même de galerie pour gérer les clichés : c’est Google Photos qui s’en occupe.

Il y a quelques exceptions à cette règle, mais ce sont les partenaires commerciaux de Sony : Tidal vient s’ajouter à YouTube Music, tandis que Prime Video et Netflix s’ajoutent à Play Films. Parmi les applications commerciales, vous retrouvez Asphalt 9, Call of Duty Mobile, Facebook, LinkedIn, Booking et la Boutique Amazon.

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Cinema Pro

Parmi les applications par défaut de l’interface Sony, vous retrouvez deux thématiques chères au groupe : la photo et le jeu. Sur le premier thème, vous avez Photo Pro et Cinema Pro, déjà croisés dans le Xperia 1 III. Rendez-vous dans la partie photo de ce test pour évoquer plus longuement Photo Pro.

Cinema Pro est l’équivalent du mode manuel de Photo Pro. Avec ce dernier, vous pouvez débrayer l’appareil photo pour régler finement votre vidéo : ISO, ouverture, balance des blancs, nombre d’images par seconde, filtre de couleur et objectifs, puisque vous pouvez filmer sur les trois optiques et les quatre focales.

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PlayStation App

Côté jeu, vous retrouvez d’une part l’application PS App qui n’a d’intérêt que si vous possédez une PlayStation. Vous y retrouvez vos trophées, vos amis, votre bibliothèque de jeux (en consultation seulement), ainsi que le PlayStation Store pour acheter des jeux et lancer leur téléchargement sur votre console.

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Optimiseur de Jeu

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menu in-game de l'Optimiseur de Jeu

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menu in-game de l'Optimiseur de Jeu

L’autre application orientée jeu de l’interface Sony est l’Optimiseur de jeu. C’est un équivalent de l’Espace de Jeux de Color OS et Realme UI. Moins puissant qu’Armoury Crate chez Asus ROG ou Legion Realm chez Lenovo, il permet de désactiver les notifications, augmenter ou baisser le taux de rafraichissement, paramétrer l’égaliseur et prendre des captures de l’écran (fixe ou vidéo). Vous pouvez régler certains paramètres pour l’ensemble des jeux ou pour certains jeux. Enfin, l’Optimiseur de jeu inclut le contournement de charge pour brancher le mobile sans le charger pendant de longues sessions de jeu.

Puissance

Parlons maintenant puissance. Le Xperia 5 III dispose, comme le Xperia 1 III du Snapdragon 888, accompagné de 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Lors de son officialisation, ce smartphone profitait donc du meilleur SoC de Qualcomm. Depuis, ce n’est plus le cas, même si aucun smartphone doté du Snapdragon 888+ n’est encore commercialisé en France (nous attendons toujours le lancement du Mix 4 chez Xiaomi, du Magic3 chez Honor ou du ROG Phone 5s chez Asus).

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Soumis à la pression de nos benchmarks, le Xperia 5 III adopte le même comportement que le Xperia 1 III. Sony semble cependant avoir opté pour une gestion plus prudente encore de la chaleur émise par le SoC de Qualcomm. En effet, les scores du Xperia 5 III sont légèrement en retrait par rapport à ceux de son grand frère sur AnTuTu. En revanche, ils sont tout aussi impressionnants sur Geekbench ou PC Mark. Notre hypothèse : sur les tâches simples, n’impliquant pas le GPU, il n’y a aucun problème de surchauffe.

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En revanche, dès que le GPU entre en scène, ce n’est plus la même chanson. La température monte et les protections se mettent en place. Cela se confirme avec le test 3D Mark. Tous les scores de performances du Xperia 5 III sont en dessous de ceux du Xperia 1 III. Nous suspectons les ingénieurs de Sony d’avoir craint que l’exiguïté du petit flagship rende difficile la dissipation de la chaleur.

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Nous remarquons en revanche une très légère amélioration sur la stabilité de la plate-forme : elle est régulièrement au-dessus des 60 % lors des stress tests de 20 minutes. Cela veut dire que le bridage des performances pour éviter la surchauffe provoque moins de ralentissements que sur le Xperia 1 III. Mais il y en a quand même, bien malheureusement. C’est ce que nous avons expérimenté avec Genshin Impact lors des séances de jeu avec les meilleurs graphismes possibles.

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L’Optimiseur de jeu propose plusieurs profils de « performance ». Par défaut, il est sur « Égalité », un équivalent du mode équilibré chez les concurrents. Vous avez aussi « Performances » et « Autonomie », selon vos préférences. Un mode personnalisé permet de choisir les éléments à privilégier. Ces profils n’agissent que sur la fréquence de rafraichissement de l’écran (de 40 Hz à 240 Hz) et non sur la fréquence du SoC. Mais c’est déjà ça.

Autonomie

Passons à l’autonomie. Lors de notre test du Xperia 5 II, nous avions noté une autonomie correcte (très correcte même pour un petit smartphone), mais pas extraordinaire non plus. Il faut dire que la plate-forme utilisée alors était gourmande. Et elle était associée à un écran 120 Hz, ce qui n’arrangeait rien. Ici le 120 Hz est de retour, ainsi que le SoC gourmand (plus encore même). Mais Sony a prévu le coup : la batterie est ici de 4500 mAh, comme dans le Xperia 1 III. Cela explique pourquoi le Xperia 5 III est 2 mm plus épais que son prédécesseur.

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Dans un usage classique, le Xperia 5 III offre de bons résultats. Nous avons relevé une autonomie d’une journée et demie environ, soit un peu plus qu’avec le Xperia 5 II. L’augmentation de la capacité y est pour quelque chose bien évidemment. Sur des usages très standards (streaming, Internet, réseaux sociaux, casual gaming, etc.), le Snapdragon 888 conserve une température fraiche et consomme moins d’énergie que le Snapdragon 865. C’est une bonne nouvelle. Et grâce à son écran Full HD+, il offre une meilleure autonomie que le Xperia 1 III (qui profite de la même batterie).

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Et quand il s’agit de jouer ? Là, le discours n’est pas si différent. Le Xperia 5 III fait aussi bien que son prédécesseur. Il tient entre 4 et 5 heures en jeu vidéo, un chiffre qui varie en fonction de la qualité des graphismes. 15 minutes de Genshin Impact lui font perdre entre 5 % et 6 % de batterie. Ce qui est dans la bonne moyenne. Il fait mieux que le Galaxy S21, que le ZenFone 8 et que le Xperia 1 III. Tous pour des raisons différentes : petite batterie pour le premier, tendance à la surchauffe pour le second et écran énergivore pour le troisième.

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Une fois que la batterie est totalement déchargée, il est temps d’utiliser le chargeur fourni avec le smartphone. Une fois encore, la présence de ce chargeur est une bonne nouvelle… même si la charge est loin d’être aussi véloce que chez les concurrents. Techniquement, le Xperia 5 III supporte une puissance de charge pouvant aller jusqu’à 30 watts (et le chargeur fourni est compatible 30 watts, justement). Mais, pour préserver la batterie, Sony a bridé la vitesse de charge dès que 80 % de la batterie est chargée.

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Vous obtenez ainsi 50 % de la batterie en une demi-heure, comme promis. Puis vous atteignez 70 % en 50 % et 80 % en une heure. Ce qui reste correct pour une puissance de 30 watts. Puis, la vitesse de charge dégringole. Nous avons attendu plus d’une 1h50 pour recharger le téléphone de 0 % à 100 % (téléphone éteint) en utilisant les accessoires fournis. C’est assez lent, avouons-le, pour un smartphone haut de gamme. Notez aussi l'absence de la charge sans fil, réservée au Xperia 1 III.

Audio

Côté audio, le Xperia 5 III s’appuie sur l’héritage des nombreux Xperia haut de gamme passés avant lui. Nous retrouvons donc le double haut-parleur en façade. Des haut-parleurs symétriques, offrant autant de puissance à droite qu’à gauche quand vous tenez le téléphone à l’horizontale. Et le résultat est une belle expérience stéréo, aussi bien pour jouer que regarder des films et des séries. Notez que le haut-parleur qui se trouve à côté du capteur selfie joue également le rôle d’écouteur téléphonique.

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Autre élément audio important : le port jack. C’est la seconde année qu’il est présent, après un retour remarqué dans le Xperia 1 II. Il permet d’utiliser de nombreux accessoires audio, en provenance notamment de Sony. Nous aurions préféré que cette connectique soit intégrée sur la tranche inférieure, mais sa présence est appréciée à sa juste valeur.

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Le Xperia 5 III, comme le Xperia 1 III, est compatible Dolby Atmos, 360 Spatial Sound et DSEE Ultimate. Les deux premiers nécessitent un casque audio compatible, évidemment, tandis que le troisième dépendra essentiellement des morceaux que vous écoutez. Le Dolby Atmos est accompagné ici d’un égaliseur complet qui permet d’adapter le son au contenu et aux envies. C’est malheureusement encore trop rare. En outre, le Xperia 5 III, comme son prédécesseur, est compatible vibrations dynamiques : cette fonction fait vibrer le mobile selon le tempo de la musique ou des effets sonores d'un film. C'est étonnant.

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Vous retrouvez dans la boîte une paire d’écouteurs filaires de bonne facture, avec télécommande déportée. Ils ne sont pas compatibles Dolby Atmos et 360 Spatial Sound. Mais ils offrent une expérience audio très satisfaisante. Et ils sont accompagnés de plusieurs paires d’embouts pour s’adapter à la taille d’oreille de chacun. C’est un détail, mais ça compte.

Photo

Présentation des capteurs et de l’application

Nous arrivons à la dernière partie de ce test. Et quelle partie ! La photo est un très gros sujet cette année, aussi bien pour le Xperia 1 III que le Xperia 5 III. Contrairement à 2020 où Sony positionnait le Xperia 5 II comme un smartphone idéal pour jouer, la firme japonaise a opté en 2021 sur les mêmes arguments pour les deux porte-étendards, même sur la partie photo. Cela sous-entend qu’ils partagent les mêmes capteurs et les mêmes optiques. Seule différence : la caméra temps de vol a disparu.

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Nous retrouvons donc un triptyque de capteurs 12 mégapixels à l’arrière. Un très grand qui va servir de capteur principal, avec ses pixels mesurant 1,8 micron. C’est vraiment énorme. Le capteur intègre aussi un autofocus à détection de phase de type Dual Pixel. Son objectif ouvre à f/1.7. Il est stabilisé. La longueur focale est équivalente à 24 mm. Un grand classique de la photo.

Le premier capteur secondaire est un modèle beaucoup plus petit (près de la moitié en taille). Il dispose aussi d’un autofocus Dual Pixel. Il est placé derrière le téléobjectif carré vu dans la partie design. Il est stabilisé et périscopique, offrant un zoom plus profond que celui du Xperia 5 II. Deux de ses lentilles sont amovibles. Cela permet d’offrir un zoom variable de 2,9x ou 4,4x (soit l’équivalent d’une longueur focale de 70 mm ou 105 mm). L’ouverture est à f/2.3 ou f/2.8 (variable aussi en fonction du rapport de zoom utilisé).

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Le second capteur secondaire est un capteur également assez petit (mais moins que celui du téléobjectif). Il dispose d’un autofocus Dual Pixel, comme les autres. Il est placé derrière un objectif ultra grand-angle ouvrant à f/2.2. L’angle de vue est de 124°. La longueur focale est équivalente à 16 mm. Tous ces objectifs profitent d’optiques signées Zeis. À l’avant, le capteur selfie est le même que celui du Xperia 5 II : définition 8 mégapixels et objectif ouvrant à f/2.0.

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Mode basic, avec déclencheur à l'écran

En vidéo, le Xperia 5 III monte à 120 images par seconde en 4K, et à 240 images par seconde en Full HD. Il y a toujours une double stabilisation en vidéo (optique et électronique). Seule vraie différence avec le Xperia 1 III, Sony a supprimé la caméra temps de vol dans le Xperia 5 III. Nous verrons d’ici quelques lignes quelles en sont les conséquences. Rappelons aussi que l’ensemble est opéré par Photo Pro pour la photographie ainsi que les clips vidéo simples et par Video Pro pour les prises de vue un peu plus complexes en vidéo.

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Activation du bokeh

Photo Pro n’a rien à voir avec les autres applications photographiques. Ces dernières offrent la possibilité de passer d’un mode automatique à d’autres modes plus évolués : portrait, macro, nuit, panoramique, scanner, etc. Photo Pro opte pour une prise en main proche de celle des Alpha quand vous optez pour un mode « expert » qui permettent de débrayer plus ou moins les différents réglages : Auto, P, S ou M. L’interface de l’application, similaire à celle des boitiers reflex de Sony, répond bien sûr à ce positionnement.

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Les modes experts, dont le mode M (pour manuel)

Seul le mode basic vous autorise à déclencher la prise de vue avec un bouton virtuel à l’écran. Les autres vous « obligent » à passer par le bouton physique sur la tranche. Les photographes amateurs apprécieront certainement le geste. Sony reste d’ailleurs la seule marque en téléphonie à dédier un bouton mécanique à la photo, qui sert à ouvrir l’application et déclencher la prise de vue. Ce bouton est à double déclenchement : appuyez à moitié pour la mise au point et totalement pour prendre la photo.

Résultats des tests

Avec le Xperia 5 III, nous retrouvons la colorimétrie et la signature visuelle que Sony affectionne tant. La marque japonaise préfère une photo naturelle, plutôt qu’une photo très contrastée, où les couleurs sont vibrantes. Parfois un peu trop (comme chez Oppo, Xiaomi ou Huawei). L’œil d’un photographe amateur ou expert y trouvera son compte. Les autres seront certainement un peu déçus par ce choix stratégique.

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Capteur principal, mode basic, bokeh activé

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Capteur principal, mode manuel

Le Xperia 5 III fonctionne comme un appareil photo. Il détecte la scène et adapte les réglages de luminosité. Le mode basic réalise souvent de bons clichés, mais ces derniers manquent parfois de contraste, surtout si la mise au point s’effectue sur un point plus clair. Agir manuellement sur la mise au point et augmenter la luminosité est nécessaire quand les conditions de lumière sont difficiles.

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Capteur principal, mode basic

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Capteur principal, mode basic, autofocus continu

Le zoom optique est l’une des forces du Xperia 5 III. Il permet de monter à 4,4x sans perte de qualité. Et il monte jusqu’à 12x en numérique. De jour, la perte de qualité reste acceptable (attention au manque de lumière quand le zoom est à 4,4x). En revanche, de nuit, il est conseillé de se contenter du zoom optique. D’autant que la reconnaissance de scène, qui permet d'augmenter le temps de pause pour acquérir plus de lumière, nous semble moins précise avec cet objectif qu’avec le capteur principal.

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téléobjectif, mode basic de jour et mode manuel de nuit : zoom 2,9x ; zoom 4,4x ; zoom 12x ; zoom 2x

Le capteur avec l’objectif ultra grand-angle réalise des clichés très corrects la journée, mais bien moins qualitatifs la nuit, la faute à l’absence de mode nuit, à un capteur beaucoup plus petit et à une optique qui ouvre moins grand. Résultat, il n’y a pas l’homogénéité que nous aurions pu attendre entre le capteur principal et le capteur grand-angle. En mode macro, il réalise des photos plus intéressantes qu’un capteur dédié à 2 mégapixels. Mais, sans stabilisateur, les flous disgracieux sont plus fréquents.

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Capteur grand-angle, mode manuel

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Capteur grand-angle, mode basic

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Capteur grand-angle, mode basic

En parlant de flou, justement, l’un des paradoxes du Xperia 5 III, que nous n’avons pas rencontré avec le Xperia 1 III, concerne le déclencheur manuel (le bouton qui se situe en bas de la tranche de droite quand le téléphone est à la verticale) : quand vous appuyez dessus, cela fait trembler le smartphone. Et, parfois, même le stabilisateur optique du capteur principal n’arrive pas à compenser ce mouvement. Et c’est encore plus vrai avec le téléobjectif périscopique.

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Capteur principal, mode manuel

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Capteur principal, mode manuel

La disparition de la caméra temps de vol a une conséquence fâcheuse. Même si l’autofocus continu est activé, les prises de vue de sujets en mouvement seront bien moins faciles. Et c’est évidemment bien dommage. Nous sommes arrivés à prendre des photos nettes de voiture en mouvement de jour, mais pas de nuit.

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Capteur principal, mode basic

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Capteur principal, mode manuel

Il n’y a pas de mode portrait dans le Xperia 5 III. Il y a un bouton bokeh dans l’interface du mode basic. Ce bouton est accessible avec tous les objectifs : 16, 24, 70 et 105 mm. Cela veut dire que vous pouvez réaliser des portraits avec le grand-angle ou le téléobjectif. C’est très amusant (avec des effets qui sortent de l’ordinaire). Vous pouvez bien sûr régler la puissance du bokeh selon vos besoins.

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Capteur principal, mode basic

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Capteur selfie (sans bokeh et avec bokeh)

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Capteur selfie (sans bokeh et avec bokeh)

Parlons enfin du capteur selfie. C’est le capteur le moins intéressant de tous. C’est aussi celui qui a le moins évolué ces deux dernières années : c’est strictement le même capteur, avec le même objectif depuis le Xperia 1 premier du nom. Les résultats sont corrects, avec, une fois encore de l’équilibre et du naturel. Pas de filtre facial pour lisser les détails. Et heureusement, car la définition est assez faible : cela aurait dégradé les selfies. Ce capteur est évidemment compatible avec le bokeh. Et le détourage est assez précis.

Conclusion

Le Xperia 5 III est la juste combinaison du Xperia 1 III et du Xperia 5 II. Du premier, il reprend certaines des nouveautés technologiques. La plate-forme bien sûr, très puissante, mais suffisamment maitrisée. L’équipement photographique, inspiré des boitiers reflex de la gamme Alpha, offrant des résultats naturels et équilibrés. La batterie et la charge rapide améliorée. Du second, il reprend le design élégant, l’encombrement réduit, la portabilité et le bel écran. C’est une belle combinaison.

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Nous trouvons qu’il y a encore quelques petits défauts, malgré des améliorations notables. La charge rapide pourrait être meilleure. La luminosité de l’écran pourrait être plus soutenue. Le capteur selfie pourrait être plus qualitatif. Nous regrettons, une fois encore, l’absence de caméra temps de vol, même si cela aurait eu une incidence sur le prix, lequel est déjà assez élevé.

Mais l’est-il tant que cela ? Pas forcément. Car, face à l’iPhone 13, le ZenFone 8 et le Galaxy S21, ces trois principaux concurrents sur le segment des petits flagships, n’en offrent pas autant dans tous ces domaines. Meilleure autonomie. Meilleure expérience photo. Écran d’aussi bonne qualité. Puissance au moins équivalente. Même si le Xperia 5 III est plus cher, il en offre également plus. Le rapport qualité-prix n’est donc pas en défaveur de Sony.



Note finale du test : Sony Xperia 5 III

Avec le Xperia 5 III, Sony livre un excellent smartphone haut de gamme compact. Doté de plusieurs améliorations qui ont du sens, notamment sur la batterie, la photo et le chargeur, il reprend à son compte les nombreux atouts de ses prédécesseurs, autant dans la gamme Xperia 1 que la gamme Xperia 5. S'il n'est pas encore parfait, il se montre meilleur que certains concurrents directs, qu'ils viennent de Taïwan ou de Corée. Seule vraie déception, l'absence de la caméra temps de vol qui nous avait impressionnés avec le Xperia 1 III.

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