Test du Mate 20 Pro de Huawei : comment ne pas l’aimer ?

Maj. le 7 novembre 2018 à 16 h 57 min

Le voici donc, ce Mate 20 Pro qui a alimenté pendant des semaines les rumeurs les plus folles sur le Net. Il aura la rude tâche de succéder au Mate 10 Pro, sorti l’année dernière, et qui ne démérite pas. Traditionnellement, la série Mate est la vitrine technologique du constructeur. Il propose à ce titre des technologies et fonctionnalités inédites sur les modèles précédents. La tradition va-t-elle être respectée ? Oui, bien entendu et le Mate 20 Pro innove sur bien des points. Cela suffit-il à en faire un produit capable de faire face à une concurrence très rude en cette fin d’année ?

 

(Mise à jour du 21/10, 11:45 : ajout de l’analyse des performances SuperCharge 2.0)

(Mise à jour du 18/10, 10:30 : suppression des remarques sur l’app NFC Emulator, présente par erreur sur notre exemplaire de test)

(Mise à jour du 17/10, 22:20 : ajout d’exemples d’images prises avec le Mate 20 Pro)

Le successeur du Mate 10 Pro mise beaucoup sur l’intelligence artificielle, point fort du nouveau SoC Kirin 980 que l’on trouve ici pour la première fois sur un produit Huawei. Il précède de peu le Magic 2 de Honor, lui aussi équipé du nouveau SoC et qui devrait logiquement être annoncé peu de temps après le Mate 20 Pro.

Au-delà de l’utilisation de l’intelligence artificielle, Huawei semble avoir écouté les suggestions de ses utilisateurs, notamment en matière de recharge sans fil qui fait enfin son apparition dans le Mate 20 Pro. En revanche, d’autres choix technologiques nous semblent plus étonnants, notamment l’adoption d’un emplacement pour « NM Card », format de carte mémoire développé par Huawei.

Fiche technique

 Fiche technique du Huawei Mate 20Fiche technique du Huawei Mate 20 Pro
Dimensions158,2 x 77,2 x 8,3 mm157,8 x 72,3 x 8,6 mm
Poids188 g189 g
EcranLCD IPS 6,53'' 18,7:9OLED 6,39 pouces 19,5:9
Définition2244 x 1080 pixels3120 x 1440 pixels
PhotoArrière : 12 MP f/1,8 + 16 MP f/2,2 + 8 MP f/2,4
Avant : 24 MP f/2.0
Arrière : 40 MP f/1,8 + 20 MP f/2,2 + 8 MP f/2,4
Avant : 24 MP f/2.0
OSAndroid Pie 9.0
EMUI 9.0
Android Pie 9.0
EMUI 9.0
Mémoire interne128 Go128 Go
NM CardOui jusqu'à 256 GoOui jusqu'à 256 Go
ConnectivitéBluetooth 5.0, 802.11ac Wi-FiBluetooth 5.0, 802.11ac Wi-Fi
NFCOuiOui
SoCKirin 980Kirin 980
RAM4 Go6 Go
Capteur d'empreintes / reconnaissance facialeOui/OuiOui, sous l'écran/Oui
Résistance à l'eauIP53IP68
Batterie4000 mAh4200 mAh
Port de chargeUSB-CUSB-C
Recharge rapideOuiOui
Recharge Qi sans filNonOui
ColorisNoir, Bleu Minuit, TwilightNoir, Bleu Minuit, Twilight
Prix799 €999 €

Design

Le Mate 20 Pro bénéficie d’un nouveau design conçu en France dans le studio de design de Huawei. Sa forme allongée façon « tablette de chocolat » et ses bords arrondis lui confèrent un étrange air de famille avec le Galaxy S9… à tel point que l’on pourrait les confondre lorsqu’ils sont tous deux éteints ! Manifestement, Huawei a donc choisi de « rendre hommage » au travail effectué par Samsung en matière de design.

C’est de bonne guerre, le coréen s’étant lui aussi souvent inspiré de la concurrence pour ses produits. Entièrement recouvert de verre, l’appareil n’a pourtant pas tendance à se transformer en savonnette, ses concepteurs ayant eu la bonne idée de rendre la face arrière légèrement rugueuse. Cela ne l’empêche pas de capter la moindre salissure et particulièrement les traces de doigts. C’est en tout cas ce que nous avons constaté avec le modèle noir brillant que nous avons eu en test, le constructeur affirmant que le le verre texturé utilisé pour les autres couleurs étant moins salissant.

Le Mate 20 Pro est doté de trois touches mécaniques logées sur le flanc droit : deux servent à contrôler le volume, la troisième met sous ou hors tension le smartphone. Elle se détache joliment du design monolithique en étant faite de métal rouge. En plus de la rendre visible, elle rappelle la présence de Leica dans l’appareil photo. À ce sujet, celui-ci est composé de trois objectifs et d’un flash regroupés en carré sur la face arrière. Cela change de la disposition en longueur proposée sur le P20 Pro. La connectique est réduite à un unique port USB-C, le jack audio étant passé à la trappe.

L’appareil est conforme IP68 : il n’est donc guère étonnant de trouver une petit joint qui scelle hermétiquement le tiroir recevant les cartes SIM et d’extension. Celui-ci permet de placer deux cartes « dos à dos », sûrement afin de réduire l’encombrement du dispositif. On pourra donc l’équiper de deux cartes nano SIM ou d’une seule que l’on complétera éventuellement par une NM Card afin d’étendre le stockage interne.

Attendez, là… une NM Card : vous êtes sûr de votre coup ? Oui. Le format de carte NM (pour Nano Memory card) est un format pour l’instant spécifique aux smartphones Huawei qui permettra d’étendre la capacité de stockage interne. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un nouveau format, mais plutôt d’une réduction de format puisqu’elle est calquée sur les dimensions d’une nano SIM. Huawei explique ne pas avoir suffisamment de place pour intégrer un emplacement  microSD classique et a donc choisi de produire des cartes correspondant exactement à ses besoins. Le chinois n’est pas le premier à dégainer un format exotique, Samsung l’ayant déjà fait en 2016 avec l’UFS Card, reprenant le format de la Micro SD (avec des connecteurs différents) mais sensé être jusqu’à cinq fois plus rapide que les micro SD. À ce jour, aucun produit du coréen n’exploite les UFS Card.

source : ithome.com

Pourquoi diable Huawei s’embarque-t-il dans cette galère, déjà douloureusement explorée par Sony et ses Memory Stick de sinistre mémoire ? Certains chuchotent fort discrètement que les NM Card pourraient avoir un bel avenir devant elles si la SD Card Association décidait de l’adopter en tant que Nano SD. Cela n’est qu’une supposition, aucun constructeur ne confirmant ou n’infirmant pour l’instant cette hypothèse.

Le lecteur d’empreinte digitale est toujours de la partie mais il a été rapatrié sur la face avant, sous le verre de protection de l’écran (et non pas sous l’écran comme on peut parfois le lire). Situé au premier tiers inférieur de l’écran, il est matérialisé par une icône dès qu’il peut être sollicité. Manifestement, les ingénieurs de Huawei ont progressé sur cette technologie depuis le Honor 10, premier appareil de la marque à embarquer un tel lecteur. Son utilisation est fiable et nécessite une pression moins importante du doigt sur l’écran.

Écran

L’écran du Mate 20 Pro est impressionnant. Construit à partir d’une dalle 6,39’’ à technologie Oled, il affiche 3120 x 1440 pixels (soit une densité de 538 ppp) et dispose d’une encoche. Celle-ci est nécessaire afin d’intégrer la caméra avant ainsi que le haut-parleur téléphonique. Les allergiques pourront bien entendu la supprimer en la coloriant au marqueur noir choisissant le réglage ad hoc dans les paramètres. Le menton est quant à lui assez réduit.

L’écran est légèrement courbé sur ses deux côtés principaux afin de produire un effet «bord à bord » identique à ce que l’on trouve chez Samsung. Le résultat est fort réussi et l’on ne peut qu’admirer le travail d’intégration réalisé par les équipes de design.
L’image produite est d’excellente qualité et peut sans problème rivaliser avec l’écran du Galaxy Note 9. Si vous recherchez avant tout la fidélité des couleurs, vous activerez la fonction « Tonalité naturelle ». Le mode « Confort des yeux » filtre les rayons bleus afin de rendre la lecture plus confortable : l’image tire alors sur le jaune. On pourra aussi régler plus finement la colorimétrie à l’aide des réglages avancés disponibles afin d’adapter l’image affichée à ses souhaits.

Performances

Le Mate 20 Pro est construit autour du SoC Kirin 980. Celui-ci, conçu par Huawei, est une évolution du Kirin 970 qui a largement été utilisé par le constructeur l’année dernière. Au menu, une gravure en 7 nm (une première dans l’industrie de la mobilité, Huawei grillant la politesse à Apple et son A12 de quelques semaines ), une unité neuronale à deux cœurs, une gestion de l’énergie améliorée et surtout des performances en hausse de 20% par rapport au Kirin 970.

Avant de parler des performances pures, rappelons que Huawei est avec Apple le seul constructeur de smartphones à produire ses SoC et à les utiliser dans ses produits au niveau mondial. Les Samsungophiles rétorqueront que le coréen produit lui aussi ses processeurs Exynos, ce qui est l’absolue vérité. Mais à cause d’un différend juridique avec Qualcomm portant sur l’utilisation du standard de téléphonie mobile CDMA 2000, Samsung ne peut commercialiser ses SoC en Chine et en Amérique du Nord. L’obsolescence du CDMA 2000 approchant à grands pas, Samsung devrait rejoindre vers 2020 le club très fermé formé par Apple et Huawei.

 

 Le Kirin 980 tient toutes ses promesses. Passé au banc d’essais (GeekBench 4), il obtient un score de 9799 points en multi-core. Il surpasse donc le OnePlus 6 et son Snapdragon 845 (8888) tout comme le Galaxy S9+ équipé de l’Exynos 9818 (8662). Cela n’est guère étonnant, ces processeurs commencent à vieillir. Il est en revanche dominé de la tête et des épaules par l’iPhone XS Max et son processeur A12 Bionic dont le score atteint 11143. Pour tout dire, nous sommes curieux de connaître les performances des futurs Exynos et SnapDagon…
Cette débauche de puissance autorise une grande fluidité d’Android 9.0 et d’EMUI 9 qui s’exécutent sans ralentissement aucun. Les applications les plus gourmandes en puissance de calcul tournent sans heurts, y compris les jeux les plus récents.

Interface

Le Mate 20 Pro est l’un des premiers smartphones à embarquer Android Pie. La nouvelle version de l’OS de Google apporte son lot d’améliorations dont toutes ne sont pas visibles, l’interface maison EMUI 9.0 recouvrant celle d’Android 9.0. Elle est à notre avis – forcément subjectif – l’une des meilleures surcouche Android, tant par sa souplesse, ses fonctionnalités et sa grande réactivité. Elle fait la part belle à l’intelligence artificielle, notamment au travers de fonctions d’autonettoyage du système afin d’éviter qu’il ralentisse.

EMUI 9 est accompagné de logiciels applications made in Huawei ou installés suite à des contrats commerciaux. Heureusement une bonne partie de ces applications peut être désinstallée sans autre forme de procès et l’on peut récupérer les applications standard de Google sur le Play Store. Toutefois, nous devons confesser une affection particulière pour les applications de productivité (agenda et contacts, notamment) que nous jugeons très agréables et fonctionnelles. Même chose pour le client e-mail dont les options avancées sont pertinentes.

Malgré tout, la présence d’une application comme NFC Emulator nous nous laisse perplexe. Cet utilitaire, fort pratique au demeurant, permet de copier un grand nombre de cartes et tags NFC afin de faciliter la vie de l’utilisateur. Mais pour fonctionner, NFC Emulator nécessite impérativement de rooter le smartphone afin qu’il puisse s’affranchir des mécanismes de sécurité interdisant la modification des fichiers NFC. Cela risque de donner de mauvaises idées certains utilisateurs inexpérimentés qui peuvent sans le vouloir rendre le smartphone bien plus vulnérable. (mise à jour du 18/10 : NFC Emulator n’est pas proposé sur le Mate 20 Pro qui sera commercialisé)

Réseau / wireless / GPS

Le modem LTE du Mate 20 Pro est de catégorie 16 21 donc compatible avec les réseaux 4G Gigabit en cours de déploiement un peu partout dans le monde. Les débits en 4G+ sont conformes à ce que l’on peut espérer obtenir sur les réseaux d’Orange, SFR et Bouygues, selon la charge de l’antenne où l’on se connecte. Rien à reprocher non plus à la connexion Wifi ac qui donne entière satisfaction une fois le Mate 20 Pro connecté à un point d’accès supportant ce débit. Bluetooth 5.0, enfin, est stable et nous avons réussi à connecter toute une batterie d’accessoires sans rencontrer le moindre problème.

Audio

Huawei équipe le Mate 20 Pro de deux haut-parleurs stéréo logés sur les faces supérieures et inférieures. Ils produisent un son correct si on n’est pas trop exigeant sur le volume des basses. Celles-ci sont sous-représentées (ce qui n’est guère étonnant dans un produit aussi fin), les aigus et les hauts médiums se taillant la part du lion.

On l’a brièvement mentionné plus haut, le Mate 20 Pro n’est plus équipé d’un jack audio traditionnel et il faudra donc passer par le port USB-C. Huawei fournit d’ailleurs des écouteurs équipés d’un tel connecteur. Leur piètre qualité est une ardente incitation à utiliser l’adaptateur jack-USB-C fourni ou à passer par des écouteurs Bluetooth. Malgré leur design complètement pompé sur les EarPods d’Apple (à ce niveau de ressemblance, il est difficile de parler d’hommage), le son qu’ils produisent manque remarquablement de relief, la scène stéréo est mal restituée et leur cordon n’est pas équipé d’une télécommande (mise à jour du 17/10 : les écouteurs fournis par Huawei lors de l’achat seront équipés d’une télécommande. La qualité audio ne change pas). Bref, mettez-les directement au recyclage : vos oreilles (et les artistes musicaux) vous en seront reconnaissantes.

Heureusement, le son est nettement plus correct dès que l’on utilise un casque décent, qu’il soit avec ou sans fil. Nous avons ainsi pu obtenir une qualité d’écoute nettement plus acceptable avec les écouteurs AKG du Note 9 ainsi qu’avec divers modèles Bluetooth. Au passage, signalons que la télécommande du casque AKG est parfaitement opérationnelle malgré le passage par l’adaptateur USB-C.

Appareil photo

Petit rappel : Huawei s’est associé à Leica afin de produire des modules photos de très haute qualité pour ses produits haut de gamme. Le P20 Pro, annoncé au printemps dernier a fait passer de deux à trois le nombre de couples capteur-objectifs intégrés au module dorsal. Le Mate 20 Pro conserve cette trinité en la modifiant puisque les trois capteurs sont désormais RVB. Cela signe-t-il la fin du monochrome façon Leica ? Pas vraiment comme on le verra plus loin.

Le module dorsal est donc équipé de trois capteurs de 40, 20 et 8 Mpxls dont les objectifs sont respectivement de f/1,8, f/2,2 et f/2,4. En combinant ces caractéristiques optiques avec un algorithme numérique plutôt bien foutu, on obtient d’après Huawei l’équivalent d’un objectif 16-80 mm f/1,8:2,4.

Les images produites par le Mate 20 Pro sont globalement d’excellente qualité en bonne luminosité tant en grand-angle qu’en téléobjectif. Elle a bien entendu tendance à baisser en éclairage faible, mais reste raisonnablement correcte compte-tenu de la taille des capteurs utilisés. Bon point pour le mode nuit qui réussit à produire des images correctes tant qu’il y a un minimum de lumière. Nous avons poussé l’expérience jusqu’à photographier un sujet faiblement lumineux en pleine nuit et le résultat, même s’il est loin d’être parfait, peut encore donner satisfaction compte-tenu des conditions de prise de vue.

On retrouve les différents modes de prise de vue déjà rencontrés sur le P20 Pro, notamment la gestion de la profondeur de champ et le mode portrait qui « optimise » l’apparence du visage. Il serait bien trop fastidieux de tous les détailler ici et l’on se contentera de signaler qu’il y en a pour tous les gouts, y compris pour les amateurs de réalité augmentée.

Malgré l’absence de capteur monochrome, la prise de vue en noir et blanc reste possible. Huawei et Leica ont même développé un mode monochrome perfectionné offrant quelques possibilités très intéressantes comme la gestion du flou d’arrière-plan ou un mode Pro tous deux exclusivement monochromes.

En très faible luminosit le résultat n’est pas terrible, mais tout de même meilleur que chez de nombreux concurrents.

L’algorithme de détourage a été amélioré mais n’est pas encore parfait.

Le mode « 0,6x » correspond à un très grand angle.

angle de vue nominal du Mate 20 Pro (pas de zoom)

Zoom 3x

 

Zoom 5x

En basse luminosité (lumière d’ambiance dans une pièce), le résultat est très honorable.

Exemple de prise de vue rapprochée en faible luminosité.

 

 

Autonomie

En intégrant au Mate 20 Pro une batterie de 4200 mAh, Huawei n’y est pas vraiment allé avec le dos de la cuillère. D’après nos tests dans la « vie réelle », elle procure sans aucun problème deux journées d’autonomie. Celle-ci peut éventuellement être revue à la baisse en cas d’usage intensif du multimédia et notamment des jeux 3D récents. Quoi qu’il en soit le Mate 20 Pro est un compagnon fiable et ne risque pas de vous laisser tomber en carafe après une journée d’utilisation. À ce petit jeu, il est même un peu plus endurant que le Note 9.

Huawei améliore sa technologie de charge rapide SuperCharge, ici présente en version 2.0. Elle nécessite un chargeur spécifique 40 Watt, livré avec le smartphone (certaines Pommes devraient s’en inspirer, #JDCJDR). D’après nos tests, son efficacité est remarquable puisque la charge de la batterie passe de 2% à 100% en 64 minutes. Les premiers  30% sont atteints en 15 minutes, 50% en 23 minutes et 80% en 36 minutes. il faudra en revanche presque une demi-heure supplémentaire afin d’atteindre 100%. aucun problème de surchauffe n’a été détecté pendant les tests de charge, la température mesurée de l’appareil au repos ne dépassant pas 30° C.

Si ces chiffres sont impressionnants, reste à connaitre l’impact de SuperCharge 2.0 sur la durée de vie de la batterie. questionné à ce sujet, Huawei nous affirme que SuperCharge 2.0 a été conçu afin de ne pas détériorer les performances de la batterie. Seul le temps permettra de vérifier cette affirmation.

Graphique de charge batterie du Mate 20 Pro – Technologie SuperCharge 2.0 filaire.

Le Mate 20 Pro est enfin compatible avec la recharge à induction Qi. S’il peut utiliser tout chargeur à cette norme, Huawei a eu la bonne idée de proposer un modèle spécifiquement conçu pour le charger rapidement. En plus de ces performances pour le moins intéressantes, le Mate 20 Pro est à notre connaissance le premier smartphone proposant la « recharge inversée » sans fil : un smartphone compatible Qi à la batterie quasiment vide peut être rechargé en le posant sur le Mate 20 Pro quoi fait alors office de batterie de secours à induction ! Huawei précise avec malice que cela fonctionne avec n’importe quel smartphone, mais surtout avec les iPhones de dernière génération dont la batterie est moins puissante…

Prix et date de sortie

Le Huawei Mate 20 Pro sera disponible à partir du 3 novembre à partir de 999 € hors subvention opérateur et les précommandes démarrent dès aujourd’hui. En France, il sera décliné en noir, Midnight Blue et Twilight. Pendant longtemps, Huawei a été un challenger et a proposé des produits haut de gamme à un tarif moyen. Ce n’est manifestement plus le cas, le constructeur franchissant un seuil psychologique important pour un produit que certains considèrent à tort comme de la « camelote chinoise ».

Les plus anciens de nos lecteurs se rappelleront peut-être qu’à la fin des années 70 et jusqu’au milieu des années 80, les Japonais eurent droit au même qualificatif. Ils sont pourtant considérés à ce jour comme étant parmi les meilleurs producteurs d’électronique. Un peu plus tard, ce fut au tour des Coréens d’être considérés comme des producteurs de camelote, ce qui n’était pas vraiment le cas. On a vu ce que sont devenus Samsung et LG au plan international… Dès lors, que certains relents consuméristes xénophobes se manifestent à l’égard des produits chinois n’est malheureusement que chose normale, ce qui n’a pas empêché Huawei de devenir le second vendeur mondial de smartphones (en nombre d’unités).

Qu’on se le dise : le Mate 20 Pro est un produit d’excellente facture valant bien un effort financier. Huawei a fait sienne la mondialisation ambiante en éparpillant un peu partout sur la planète ses centres de design, de R&D et de conception photographique (notamment en Allemagne avec Leica). Le Mate 20 Pro fourmille de bonnes idées et offre des fonctions pour le moins originales, pour l’instant sans équivalent chez les concurrents (la charge inversée, par exemple), démontrant ainsi que la réputation de « copieurs » imputée aux industriels chinois n’est pas toujours exacte. Loin de là.

Notre avis

La famille Mate est la vitrine technologique de Huawei en matière de téléphonie mobile et le Mate 20 Pro ne déroge pas à la règle. Ses concepteurs l'ont doté d'un écran superbe, d'un processeur très performant et d'une autonomie record. On apprécie les petites attentions originales comme le lecteur d'empreintes sous le verre de protection de l'écran ou la charge inversée.Bon point enfin pour l'apparition de la charge par induction qui manquait vraiment chez Huawei.
Au chapitre des regrets, signalons essentiellement la disparition du jack audio (justifié par la taille de la batterie) et la qualité plus que médiocre des écouteurs fournis.

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