Les États-Unis poursuivent un voyageur pour avoir activé cette fonction cachée d’Android
Les douaniers américains réclament de plus en plus souvent l'accès aux téléphones des voyageurs. Un Américain de retour de vacances leur a livré son code sans se faire prier. L'appareil s'est effacé sous leurs yeux, et la justice fédérale y voit désormais un délit.
Les fouilles de téléphones à la frontière américaine sont devenues une routine. Les agents peuvent réclamer un code d'accès sans présenter de mandat. Pour le gouvernement, le sol national ne commence qu'une fois l'entrée validée. Cette zone grise inquiète les défenseurs des libertés numériques depuis des années. Les douanes américaines ont fouillé plus de 55 000 appareils électroniques en 2025, un chiffre en hausse constante.
Face à ces pratiques, certains voyageurs se tournent vers des systèmes alternatifs. GrapheneOS, une version durcie d'Android réservée aux smartphones de Google, propose une parade radicale. Le propriétaire configure un second code de déverrouillage. Une fois saisi, il détruit les clés de chiffrement et vide l'appareil sans le moindre avertissement à l'écran. D'autres smartphones que les Google Pixel pourront bientôt accueillir GrapheneOS, signe de l'intérêt qui grandit pour ce type de protection.
Un faux code de déverrouillage vide entièrement le Google Pixel en un instant
L'affaire tient en un geste. Selon TechCrunch, un habitant du sud des États-Unis a présenté ce code lors d'une inspection douanière. Il rentrait de vacances en janvier 2025. Son Google Pixel s'est vidé avant même d'être saisi. L'opération est irréversible, aucune récupération n'est possible. Le ministère de la Justice le poursuit aujourd'hui sous une loi fédérale punissant la destruction d'un bien pour empêcher sa saisie. L'homme plaide non coupable. Sa défense rappelle que ce texte apparaît très rarement dans un acte d'accusation.
Le dossier dépasse largement le cas de ce voyageur. Il s'agirait du premier procès de ce type aux États-Unis. Deux spécialistes de la sécurité numérique interrogés sur l'affaire affirment n'avoir jamais vu de poursuite visant un mot de passe de contrainte. Les avocats contestent la légalité de la fouille et réclament l'annulation des preuves, en dénonçant l'absence de mandat comme le refus d'accès à un conseil. Les agents n'auraient pas non plus notifié ses droits à l'intéressé. Un juge fédéral ne devrait pas se prononcer avant la fin du mois d'octobre. D'ici là, les utilisateurs de GrapheneOS savent que leur meilleure protection peut aussi se retourner contre eux.