Le sol de Mars pourrait tuer des microbes terrestres et compliquer la colonisation
Le sol de Mars pourrait être bien plus hostile que prévu. Des scientifiques ont découvert qu’il peut rapidement neutraliser certains microbes venus de la Terre. Un problème potentiel pour les futures missions humaines, qui comptent justement sur ces micro-organismes pour cultiver des plantes.

La perspective d’une présence humaine sur Mars fascine depuis longtemps les agences spatiales et les entreprises privées. Elon Musk imagine par exemple une colonie autosuffisante sur la planète rouge. Selon le patron de SpaceX, une installation permanente pourrait voir le jour d’ici une trentaine d’années si les missions vers Mars s’accélèrent. Avant d’en arriver là, de nombreux obstacles techniques restent à surmonter.
L’un des défis majeurs consiste à produire sur place ce dont les astronautes auront besoin pour vivre. Transporter toutes les ressources depuis la Terre coûterait beaucoup trop cher. Les chercheurs étudient donc différentes méthodes pour utiliser les matériaux présents sur Mars. Certaines équipes travaillent par exemple sur l’utilisation du régolithe martien, la poussière qui recouvre la surface de la planète, afin de fabriquer des matériaux ou de créer un sol fertile pour cultiver des plantes.
Le sol martien pourrait neutraliser rapidement certains microbes terrestres
De nouvelles expériences montrent toutefois que ce projet pourrait être plus compliqué que prévu. Des scientifiques ont étudié la réaction de minuscules organismes appelés tardigrades, souvent surnommés « oursons d’eau », lorsqu’ils sont exposés à un régolithe martien simulé. Ces animaux microscopiques sont connus pour leur grande résistance aux conditions extrêmes, ce qui en fait de bons candidats pour tester l’environnement martien.
Les résultats, publiés dans le International Journal of Astrobiology, montrent que certains types de régolithe simulé réduisent fortement l’activité de ces organismes en seulement quelques jours. Les chercheurs ont observé qu’un simulant appelé MGS-1 provoque rapidement un état de dormance chez les tardigrades. Ce matériau reproduit la composition chimique générale du sol martien à partir des données recueillies par le rover Curiosity dans le cratère Gale.
Les scientifiques pensent qu’un composé soluble présent dans ce régolithe pourrait être responsable de cet effet. Il pourrait s’agir de sels ou d’autres substances chimiques encore mal identifiées. Une expérience a toutefois montré qu’un simple lavage du régolithe simulé réduit fortement sa toxicité. Cette découverte laisse entrevoir une solution pour l’agriculture spatiale. Le sol martien pourrait d’abord agir comme une barrière naturelle contre les microbes venus de la Terre, puis être traité pour devenir utilisable par les futures bases humaines.