Le passé aquatique de Mars enfin décrypté ? L’incroyable hypothèse d’un océan titanesque se précise
Le passé aquatique de Mars ne cesse de passionner les scientifiques : avant d’être la planète rouge que l’on connaît aujourd’hui, l’astre aurait-il pu être surnommé la planète bleue ? Une récente étude aurait trouvé la réponse à ce mystère dans des formations géologiques aux similitudes troublantes.

Alors que Mars se présente à nous comme un désert aride, son passé aquatique intrigue les scientifiques depuis de nombreuses années. Pour cause, plusieurs hypothèses sont avancées, mais aucune ne fait l’unanimité : eau liquide présente en grandes quantités sous la surface martienne, lacs isolés, espaces poreux vides, dépôts de glace impressionnants résultant d’un phénomène explosif ancien…
Cette question est d’autant plus importante qu’elle interroge en filigrane la capacité de l’astre à avoir un jour abrité la vie. Mais à quel point Mars, aujourd’hui connue sous l’expression « planète rouge », aurait-elle pu autrefois être surnommée « la planète bleue » ? Cela restait un mystère. Une récente étude apporte toutefois un élément de réponse : d’après les scientifiques, un océan au moins aussi vaste que l’océan Arctique terrestre aurait jadis recouvert l’hémisphère nord de Mars.
De nouvelles preuves appuient l’existence d’un vaste océan antique sur Mars
Ce n’est pas la première fois que l’existence d’un océan martien est supposée. Mais cette étude, menée par le géologue planétaire Ignatius Argadestya, apporte de nouvelles preuves géologiques qui viennent étayer cette hypothèse. Ces preuves d’un ancien rivage martien, selon les chercheurs, ce sont des dépôts à front escarpé. Pour simplifier, il s’agit de formations géologiques connues et malgré les dunes sableuses qui les recouvrent aujourd’hui, leur forme d’origine demeure reconnaissable.
Ils se trouvent à l’extrémité basse de Coprates Chasma, la zone au sud-est d’un canyon de 1 000 km de long – ce canyon appartenant lui-même à Valles Marineris, le plus grand système de canyons martiens (4 000 km). L’étude, publiée dans la revue npj Space Exploration, révèle des similitudes frappantes : tous se seraient formés il y a près de 3,37 milliards d’années et se situent à une profondeur comprise entre 3 650 et 3 750 m.
Pour les étudier, l’équipe a croisé plusieurs sources d’images en haute résolution issues de caméras embarquées sur des sondes martiennes, notamment Mars Express et ExoMars Trace Gas Orbiter de l’Agence spatiale européenne (ESA), ainsi que le Mars Reconnaissance Orbiter de la NASA. Interrogé par Space.com, Argadestya précise : « Ensemble, ces instruments agissent comme une véritable machine à remonter le temps géologique, nous aidant à reconstituer l’état passé de la planète ».
Ces découvertes suggèrent l’existence d’eau liquide stable à la surface de Mars, « à l’échelle de toute la planète, pendant des périodes plus longues que ce que l’on pensait jusqu’à présent », précise Argadestya à nos confrères. Pour mieux appréhender la façon dont l’eau a pu façonner le relief martien, l’équipe envisage maintenant d’analyser la composition géologique des sols anciens.

