La Terre a perdu l’équilibre plus souvent qu’on le croyait à l’ère des dinosaures (et ce n’est pas sans conséquence)
Il est de ces phénomènes que l’on croit bien connaître, mais qui se révèlent être bien plus notables que ce que l’on pensait. On sait par exemple que la Terre bascule pour conserver son équilibre. Mais alors que l’on considérait ce phénomène comme négligeable, des scientifiques viennent de mettre au jour notre méconnaissance sur son influence : la dérive vraie des pôles aurait en réalité joué un rôle significatif sur l’environnement global terrestre.

C’est un fait : la planète bleue n’est pas plate – quoi qu’en disent les platistes. Mais du fait de sa rotation continue, elle n’est pas parfaitement sphérique. Pour conserver son équilibre lorsque la répartition de sa masse varie – notamment dû à la dynamique de la surface ou du manteau –, elle est obligée de pivoter par rapport à son axe de rotation. Cela provoque le déplacement des pôles Nord et Sud à la surface de la Terre.
Ce phénomène est appelé « dérive vraie des pôles ». Les scientifiques ont longtemps pensé que ce basculement était continuellement lent, voire négligeable. Mais une nouvelle étude publiée dans Science révèle que les effets de ce « basculement » sur l’environnement terrestre pourraient être bien plus significatifs qu’on ne le pensait.
Ce phénomène sous-estimé aurait contribué à redessiner le visage de la Terre dès l’époque des dinosaures
Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont recouru à une nouvelle méthode pour étudier la dérive vraie des pôles : partant de l’idée que le « basculement » de la Terre perturbe l’hydrosphère (et la lithosphère dans des proportions moindres), ils ont utilisé des cartes de l’inondation des continents pour étudier le visage de la Terre il y a jusqu’à 320 millions d’années.
Prenant des intervalles de 10 millions d’années – ce qui est peu à l’échelle géologique –, ils ont analysé les signaux indiquant des changements majeurs, comme des modifications dans la répartition des terres émergées et immergées. Quatre intervalles de dérive vraie des pôles « rapide » sont ainsi ressortis :
- Le Crétacé moyen (il y a 100 à 90 millions d’années),
- La transition entre le Jurassique supérieur et le Crétacé inférieur (il y a 150 à 140 millions d’années),
- Le Jurassique inférieur (il y a 200 à 190 millions d’années)
- La période entre l’Oligocène et le Miocène (il y a 30 à 20 millions d’années).
Lire aussi – Cette découverte révèle pourquoi la Terre est l’une des rares planètes habitables
En comparant leurs découvertes avec des études plus anciennes, les scientifiques ont observé que les résultats coïncidaient. Des analyses approfondies et complémentaires seront nécessaires, mais cette recherche suggère que la dérive vraie des pôles a longtemps été un phénomène sous-estimé alors qu’il a redessiné le visage terrestre à l’ère des dinosaures.