La NASA teste un appareil étonnant qui rendra la vie sur la Lune possible
Survivre longtemps sur la Lune ne dépendra pas que des fusées. Certains défis bien plus modestes restent à régler avant le grand départ. La NASA confie justement l'un d'eux à des étudiants américains.

Envoyer des humains autour de la Lune mobilise des milliers de systèmes critiques. Propulsion, communication, survie, tout doit fonctionner sans accroc. Pourtant, certains besoins très ordinaires posent encore problème loin de la Terre. Récemment, les toilettes de la capsule Orion avaient connu une série de pannes embarrassantes en plein vol. Preuve que la gestion des déchets reste un casse-tête majeur dans l'espace, même pour les meilleurs ingénieurs.
Ces difficultés s'inscrivent dans un programme bien plus vaste. Baptisé Artemis, il vise un retour durable des astronautes sur le sol lunaire. La NASA peine encore à mesurer précisément les risques d'un tel séjour prolongé. L'agence spatiale travaille donc sur chaque maillon de la chaîne, y compris le traitement des eaux usées de l'équipage.
La NASA transforme les déchets des astronautes en ressources pour la vie lunaire
La NASA développe une installation mobile dédiée au traitement des eaux usées dans l'espace. Selon le communiqué de l'agence, ce système a été construit au Kennedy Space Center, en Floride. L'appareil, nommé Divergent Deployable Wastewater Treatment Facility, tient dans une remorque de 2,6 sur 7,3 mètres. Il rassemble trois bioréacteurs, un jardin vertical et un logiciel de contrôle autonome. La machine a ensuite rejoint l'University of North Dakota, à Grand Forks, où des étudiants vont la mettre à l'épreuve.
L'enjeu est aussi financier. Envoyer du fret vers la Lune coûte près de 1 200 euros le kilo. Recycler les déchets sur place réduit donc la dépendance aux livraisons terrestres. La station diffère du traitement terrestre sur un point clé. Au lieu de tout mélanger, elle sépare chaque type de déchet pour optimiser son traitement. Urine, eaux d'hygiène et déchets alimentaires contiennent des composés très différents. Cette méthode permet d'extraire un maximum de nutriments, ensuite réutilisés pour nourrir des plantes ou fabriquer des matériaux.
Sur place, l'installation sera reliée à un habitat factice baptisé Integrated Lunar/Martian Analog Habitat. Cet environnement reproduit les contraintes d'une mission lointaine. Les tests évalueront la fiabilité du système et la formation des équipages. La NASA veut rendre ses futures bases lunaires autonomes face aux pénuries. Un jour, recycler ses propres eaux usées sera peut-être le geste le plus banal de la vie sur la Lune.