Grâce à la sueur de votre doigt, cette bague connectée pourrait suivre votre glycémie sans la moindre piqûre
Les bagues connectées savent compter les battements du cœur, jamais ce qui circule dans le sang. Des chercheurs américains ont trouvé une matière première inattendue à la surface du doigt. Leur prototype suivrait six marqueurs de santé sans jamais percer la peau.
Les bagues connectées se sont imposées en quelques années comme une alternative discrète au poignet. Elles mesurent le rythme cardiaque, la température corporelle ou la qualité du sommeil, à partir de capteurs optiques posés contre la peau. Ces composants butent pourtant sur une limite claire, puisqu’ils ne voient rien de la chimie du corps. Samsung repousse la Galaxy Ring 2 à 2027 tout en travaillant sur la mesure de la glycémie. Aucun fabricant n’a encore résolu ce problème.
La recherche universitaire avance de son côté sur des capteurs d’un tout autre genre. La montre connectée SWAN repère les microplastiques présents sous la peau. Une équipe de l’Université de Californie à San Diego s’est attaquée à un objectif plus difficile encore avec une bague baptisée CHARM. Son principe repose sur une sécrétion naturelle du corps humain.
La bague CHARM analyserait la sueur du doigt pour suivre six marqueurs de santé
La bague CHARM se clipse autour du doigt et transmet ses relevés sans fil à un smartphone. Selon une étude publiée dans Nature Communications, elle utilise un hydrogel osmotique pour attirer naturellement la sueur, sans prise de sang ni effort physique. Ce liquide traverse ensuite des capteurs électrochimiques. Ils suivent le glucose, les cétones, les acides ascorbique et urique, le lactate et l’alcool, par groupes de quatre à la fois. Les deux premiers intéressent particulièrement les personnes diabétiques, puisque ces valeurs servent à ajuster les doses d’insuline.
Les essais ont porté sur des volontaires atteints ou non d’un diabète de type 1. Les mesures de glucose de CHARM collaient de près aux relevés d’un capteur de glycémie en continu. Les données de cétones correspondaient à celles d’un lecteur sanguin classique. Les auteurs restent pourtant prudents. Le dispositif devra être validé dans différents contextes cliniques avant d’être considéré comme une solution de remplacement. Un suivi sur plusieurs jours suppose aussi des progrès sur l’hydrogel. La bague tient enfin 12 heures sur une charge, sans système de recharge pratique. La sueur du doigt livre donc des informations inaccessibles depuis le poignet. Reste à loger cette chimie dans un anneau portable au quotidien.
