Cet avocat raconte comment l’IA lui a fait gagner un procès retentissant contre Meta
Une bataille judiciaire retentissante vient de s'achever par la condamnation de Meta et Google. L'avocat à l'origine de cette victoire dévoile aujourd'hui sa méthode. Il a confié une partie de sa préparation à l'intelligence artificielle, jusque dans la salle d'audience.

Les géants des réseaux sociaux font face à une vague de poursuites sans précédent. Partout, des plaignants les accusent de concevoir des plateformes volontairement addictives. La pression réglementaire monte aussi en Europe, où TikTok est accusé de rendre les adolescents accros à ses contenus. Aux États-Unis, les tribunaux deviennent le nouveau terrain d'affrontement entre les familles et les entreprises technologiques. Ces dossiers se comptent désormais par milliers.
Dans ce contexte, une affaire se distingue par la méthode employée pour la gagner. Son artisan a recouru à l'intelligence artificielle pour bâtir toute sa stratégie. Cet outil reste pourtant marqué par de sérieuses limites. Un rapport d'audit récent s'est retrouvé truffé d'erreurs générées par une IA. L'avocat américain a malgré tout su en tirer un avantage décisif. Il a transformé sa façon de préparer un procès complexe.
L'intelligence artificielle a fait gagner un procès retentissant contre Meta et Google
Mark Lanier est l'avocat texan derrière le verdict de six millions de dollars obtenu en mars. D'après une interview accordée à Business Insider, il a utilisé l'IA pendant les cinq semaines du procès. Le jury a jugé les deux entreprises négligentes et leurs plateformes dangereuses. La maison mère de Facebook a été reconnue responsable à 70 %, et YouTube à 30 %. La condamnation comprend trois millions de dollars de dommages compensatoires et autant de dommages punitifs. Cette affaire pourrait peser sur plus de 1 500 plaintes similaires en attente de jugement.
Mark Lanier décrit cette technologie comme dix collaborateurs parfaitement formés, disponibles jour et nuit. Chaque soir, son équipe analysait les transcriptions de l'audience avec plusieurs modèles d'IA. Le juriste s'en servait aussi pour reformuler ses arguments de manière plus convaincante. Pendant les délibérations, il soumettait même les questions écrites du jury à ces outils. Le ténor du barreau refuse en revanche de leur confier la rédaction de mémoires sans contrôle. Il y voit un risque, alors que les hallucinations d'IA se multiplient dans les tribunaux du monde entier.