Sans Jupiter, vous n’auriez jamais pu lire ce titre : voici comment la géante a sauvé la Terre de la stérilité
Grâce à la Terre, on connaît la recette de la vie. Parmi les ingrédients clés nécessaires à sa formation figurent notamment l’azote et le phosphore. Mais quel processus cosmique a permis à la Terre de les obtenir, on l’a longtemps ignoré. Cependant, une nouvelle étude vient mettre en lumière le rôle déterminant de Jupiter.

L’une des questions existentielles en astronomie est la suivante : sommes-nous seuls dans l’Univers ? Les chercheurs s’échinent à découvrir des traces de vie extraterrestre en enquêtant au sein de la « zone habitable », un concept que certains scientifiques appellent désormais à redéfinir, ou en traquant les biosignatures (ou « codes-barres » moléculaires) notamment dans les nuages des exoplanètes.
Puisque l’on connaît les ingrédients chimiques de base indispensables à la formation de la vie sur la Planète bleue – et notamment l’azote et le phosphore –, on les cherche dans l’immensité cosmique. Toutefois, un mystère demeure : comment la Terre s’est-elle procurée ce cocktail clé (et surtout son stock de phosphore) ? Une nouvelle étude vient mettre en lumière le rôle critique de Jupiter dans cette distribution vitale.
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Sans Jupiter, la vie aurait pu ne pas exister sur Terre
La réserve en azote et phosphore (respectivement nécessaires pour la conception des acides aminés et de l’ADN ou ARN, donc) de la Terre serait issue de fragments de roche formés au sein du système solaire interne. Mais elle n’aurait peut-être pas pu être constituée sans la présence de Jupiter.
Rajdeep Dasgupta, planétologue de l'Université Rice, et son équipe sont parvenus à ce résultat en combinant simulations informatiques et expériences en laboratoire. L’objectif ? Cartographier les proportions de phosphore et d’azote au sein du jeune système solaire, pour ensuite comparer leurs résultats avec le rapport entre ces deux ingrédients dans la masse rocheuse actuelle de la Planète bleue et ainsi tenter de comprendre l’origine du phosphore terrestre.

Comme le rapporte Space.com, les scientifiques – dont les travaux sont récemment parus dans la revue Science Advances – ont découvert que la Terre actuelle en renferme en proportions similaires à celles des planétésimaux rocheux nés au sein du système solaire interne, dans la région située entre Jupiter et le Soleil il y a près de 4,2 milliards d’années.
Or, à cette époque, un disque de gaz et de poussière auréolait alors le jeune Soleil. Et, sans Jupiter et son influence gravitationnelle, la matière se serait écoulée vers l’extérieur du système solaire. Mais puisque la géante s’est formée avant la Planète bleue, elle a bloqué le trafic de la matière dans la zone interne du système solaire, région de formation de sa petite sœur.
En faisant barrage, des blocs de roche composés du bon dosage d’azote et de phosphore ont pu se former, pour ensuite livrer ce cocktail à la Terre lorsqu’ils y ont été projetés sous forme d’astéroïde.