Chrome corrigeait ses failles trop lentement, l’IA a forcé Google à revoir tout son calendrier de mises à jour
Google bouleverse le rythme de publication de Chrome. La société admet que l’intelligence artificielle détecte maintenant tant de vulnérabilités que son ancien calendrier ne suffit plus. Mountain View va par conséquent distribuer les mises à jour de sécurité à un rythme nettement supérieur.

Sur PC et smartphone, un logiciel de navigation évolue grâce à des actualisations régulières. Ces moutures apportent parfois des fonctions inédites, mais leur mission principale consiste à combler les brèches dont peuvent profiter les pirates. Certains acteurs ont justement revu la fréquence de leurs sorties ces derniers mois. Mozilla a déjà décidé d’accélérer les sorties de Firefox, tandis que Microsoft et Brave prennent une orientation similaire. Le mouvement traduit surtout la pression inhabituelle qui pèse maintenant sur les équipes chargées de sécuriser ces logiciels.
À partir de 2021, une édition stable de Chrome arrivait tous les quatre semaines, après une décennie entière marquée par des cycles nettement espacés. L’organisation prend fin. Les alertes s’enchaînent cette année et une faille critique de Chrome a récemment été exploitée avant la mise à disposition d’un correctif. Mountain View a diffusé son annonce le 8 septembre 2026, en parallèle de l’arrivée de Chrome 153 sur PC, sur les téléphones Android et sur les iPhone.
Google Chrome passe à une nouvelle version toutes les deux semaines depuis la mouture 153
La branche stable de Chrome sera désormais renouvelée tous les quinze jours au lieu de quatre semaines. Google présente ce nouveau fonctionnement sur une page destinée aux développeurs. Des systèmes automatisés capables de repérer des vulnérabilités grâce à l’intelligence artificielle, auxquels s’ajoutent les remontées des utilisateurs, font augmenter le nombre de corrections à traiter. Réduire cette période de moitié doit rendre leur traitement plus facile. La priorité consiste surtout à raccourcir l’intervalle entre l’ajout d’un patch au code public et sa distribution aux internautes. Dès son insertion dans le code du navigateur, la correction peut être consultée avant son installation sur les appareils. Les attaquants peuvent donc exploiter cet intervalle.
En échange, les futures versions embarqueront moins de nouveautés. Ce fractionnement aide également les équipes techniques à retrouver plus rapidement l’origine d’un dysfonctionnement en cas de régression. Chrome 154 se trouve déjà en phase de test, avec une diffusion publique maintenue au 22 septembre 2026. Les entreprises incapables d’adopter cette cadence pourront rester sur Extended Stable. Ce canal reçoit des corrections de sécurité chaque semaine et les fonctions majeures à un rythme de huit semaines. Google compte sur ce calendrier accéléré pour conserver son avance alors que les attaques gagnent encore en rapidité.