130 associations s’opposent à l’interdiction des réseaux sociaux pour les enfants, nouveau revers pour Emmanuel Macron ?
Alors que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans a pris du plomb dans l’aile en France, 130 associations et experts s’opposent à une telle mesure à l’échelle européenne.

Le 16 septembre 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit présenter des propositions sur la protection des mineurs en ligne. Une interdiction à l’échelle européenne des réseaux sociaux pour les enfants, voire les adolescents, serait sur la table. Une aubaine pour Emmanuel Macron, qui compte sur cette initiative européenne pour relancer son projet d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France, qui avait été adopté par le Sénat et le Parlement, avant d’être rejeté par le Conseil constitutionnel.
Des voix s’élèvent contre l’application de telles restrictions. 130 organisations et experts ont signé une lettre transmise à l’AFP, dans laquelle ils expliquent s’opposer à cette idée. Pour eux, il faut que les plateformes en lignes améliorent leur sécurité, mais une interdiction pure et dure serait contre-productive.
L’interdiction des réseaux sociaux, fausse bonne idée ?
“Nous sommes opposés au principe de restreindre la participation en ligne des enfants, car cela violerait leurs droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information, qui sont des droits fondamentaux”, estime Christian Cirhigiri, président de l’association CDT (Centre for Democracy & Technology) Europe, dans un entretien accordé à l’AFP et relayé par Le Monde. Le Conseil constitutionnel avait justement été sensible à cet argument quand il a décidé de bloquer le texte prévu par l’exécutif français.
“L’accès aux réseaux et aux espaces en ligne est devenu primordial pour l’exercice de nos droits. Les jeunes veulent s’exprimer, s’informer, se rassembler et participer. On ne peut pas juste leur dire qu’ils n’ont qu’à aller s’amuser dehors”, renchérit Simeon de Brouwer, de l’ONG European Digital Rights. Il ajoute que l’UE devrait plutôt concentrer ses efforts sur le contrôle des services numériques, dont il critique le modèle économique basé sur l’engagement et les algorithmes qui maximisent le temps passé sur les plateformes.
Cette intervention peut-elle influer sur les décisions de l’UE ? La plupart des pays membres sont favorables à une interdiction et le combat semble déjà perdu, alors que l’UE s’est dotée de sa propre application de vérification de l’âge.