Vous utilisez un VPN ? Vous n’êtes pas obligé d’y faire passer tout votre trafic
Utiliser un VPN, c’est faire passer toutes les connexions de votre appareil par le même tunnel. Cette protection globale est la plus rassurante, mais elle n’est pas toujours pratique. Une solution existe et elle vous permet de choisir les applications qui passent par le VPN et celles qui gardent un accès direct à Internet.
Vous vous connectez à un serveur VPN situé aux États-Unis pour accéder à un service depuis l’étranger. Sans vous déconnecter, vous essayez d’accéder à l’application de votre banque ou de passer à un jeu vidéo en ligne. Pour tous ces usages, votre connexion fait le détour par le serveur américain. Seulement, changer de localisation n’arrange pas l’utilisateur dans toutes les situations.
Certaines banques traitent par exemple les connexions depuis l’étranger comme suspectes et les bloquent. Jouer en ligne avec un VPN peut ralentir votre expérience, et donc affecter les performances en jeu. Couper le VPN résoudrait le problème, mais vous perdriez aussi sa protection là où vous souhaitez la conserver.
Le split tunneling ouvre deux chemins sur le même appareil
Le split tunneling, que l’on peut traduire par « tunnel fractionné », est une fonctionnalité qui permet de choisir quelles applications passent par le tunnel VPN et lesquelles restent en dehors, c’est-à-dire celles qui doivent utiliser la connexion directe de votre opérateur. L’option est disponible et peut être activée dans les paramètres des meilleurs VPN.
Vous pouvez demander au VPN de protéger presque toutes les connexions, à l’exception de quelques applications. Il est également possible de faire l’inverse : tout reste sur la connexion directe, sauf les logiciels que vous avez choisi de garder dans le tunnel.
Prenons un exemple. Vous téléchargez un fichier avec un client BitTorrent tout en jouant en ligne. Le premier peut passer par le VPN afin de masquer votre adresse IP, tandis que le jeu passe par votre connexion standard pour profiter des meilleures performances. Les deux applications fonctionnent simultanément, mais Internet ne leur attribue pas la même adresse IP.
Le split tunneling est accessible sur quasiment toutes les plateformes. En fonction de votre VPN, vous pourrez l’utiliser sur Windows, Android, iOS, macOS ou encore sur Linux.
Tous les usages ne gagnent pas à passer par le VPN
Un VPN peut augmenter légèrement le temps nécessaire aux données pour faire des allers-retours. Cette latence est quasiment imperceptible la plupart du temps lorsqu’on navigue ou lit une vidéo. Dans un jeu en ligne, quelques millisecondes d’écart se ressentiront davantage. Exclure le jeu du tunnel permet de protéger le reste de l’ordinateur, tout en évitant que le VPN affecte la partie en cours.
Pareil pour les appels vidéo. Si vous utilisez un VPN pour télécharger ou pour consulter certains sites, rien ne vous oblige à y faire passer également Teams, Zoom ou Google Meet. Vous pourrez donc éviter les ralentissements, les décalages entre les images et la voix, surtout lorsque le serveur VPN sélectionné se trouve loin de votre localisation réelle.
Le cas des applications du réseau local
Une imprimante, une caméra ou un NAS connectés au réseau domestique ne sont pas toujours accessibles lorsque tout le trafic passe par un VPN. Pour résoudre le problème, le split tunneling vous permet d’exclure les applications concernées.
L’exclusion fonctionne aussi dans le sens inverse : vous pouvez laisser la majorité de l’ordinateur sur sa connexion ordinaire et réserver le VPN à deux ou trois applications précises : le navigateur, le client de téléchargement ou une application professionnelle.
Un seul appareil, deux adresses IP différentes
Le split tunneling apporte de la souplesse, mais chaque exception ajoutée au VPN a une implication importante qu’il ne faudrait pas oublier : une application exclue ne bénéficie plus du camouflage de votre véritable adresse IP. Elle retrouve l’IP de votre box domestique, de la connexion mobile (4G/5G) ou du réseau Wi-Fi que vous utilisez.
Si vous visez l’anonymat pour l’ensemble de vos activités, le split tunneling ne correspond pas à cet objectif. Cela ne veut pas dire que tout ce que vous faites en dehors du tunnel apparaît en clair. Une banque, une application de messagerie ou un service cloud utilise en principe son propre chiffrement. Votre FAI ne peut, par exemple, pas lire vos messages et vos mots de passe protégés. Il peut en revanche associer la connexion à votre adresse IP et obtenir certaines informations sur les services avec lesquels vous échangez.
Mieux vaut donc créer peu de règles d’exclusion avec le Split Tunneling et savoir à quoi chacune sert. Ajouter toute une série d’applications finit par rendre la protection difficile à suivre.

