« Un formidable pas en avant » : ce pays banni l’IA des classements musicaux
Si votre morceau est majoritairement généré par une intelligence artificielle, vous n’avez plus votre place dans les « charts » australiens. L’industrie du pays a pris une décision radicale.

Les musiques générées par IA, c’est environ 50 % des morceaux mis en ligne quotidiennement sur Deezer. Et la plateforme de streaming audio française est loin d’être la seule concernée par ce phénomène. Elle a en revanche été pionnière dans l’identification claire des musiques de ce genre, qui atteigne parfois des millions d’écoutes alors qu’elles sont fabriquées de toutes pièces. Même Spotify, qui pendant un temps défendait leur présence sur son service, a décidé de faire un peu de ménage.
En parallèle, un pays a pris une décision encore plus radicale. Elle survient après qu’un producteur australien ait remixé le tube de Madonna « Like a Prayer » de 1989. La voix de la chanteuse et les percussions étaient générées par l’IA. Cela n’a pas empêché le morceau de rester 16 semaines dans le top 20 du pays. Il s’est même hissé jusqu’à la deuxième place du classement des singles de l’ARIA, l’Australian Recording Industry Association. C’est elle qui a fait tomber le couperet.
Pas de musique générée par IA dans les classements musicaux en Australie
À partir du lundi 31 août 2026, les musiques voulant entrer dans les tops de l’ARIA devront répondre à de nouveaux critères. Il faut notamment que la chanson soit « écrite par des êtres humains » et que ces derniers aient « assuré le chant principal et joué les instruments principaux ». De la même manière, un morceau généré par IA ne peut pas prétendre aux ARIA awards, l’équivalent australien de nos Victoires de la Musique.
Pour Annabelle Herd, directrice générale de l’ARIA : « Ces changements reflètent notre volonté de rester dynamiques et de mettre en avant la dimension humaine de la création artistique dans un domaine qui, c’est le moins qu’on puisse dire, évolue à un rythme effréné. »
Du côté des compositeurs comme l’australien Alexis Weaver, on se félicite. C’est « un formidable pas en avant » selon lui. Il est cependant conscient que la question de l’IA divise fortement l’industrie musicale. Pourtant, la décision de l’ARIA reflète les principes publiés en juillet 2026 par la Fédération internationale de l’industrie phonographique, basé à Londres. Elle représente l’industrie du disque à l’échelle mondiale et stipule que pour entrer dans un classement musical officiel, un morceau doit être « en grande partie créé par l’homme ».
Source : Associated Press