Une simple carte SIM peut prendre le contrôle d’appareils connectés, même un chargeur de voiture électrique
Des chercheurs ont démontré comment une fonction standard des cartes SIM peut être détournée pour pirater des smartphones, mais aussi des objets connectés au sens large, allant jusqu’aux chargeurs pour voitures électriques.

Insérer une carte SIM dans son smartphone est un geste banal que vous avez sûrement déjà fait plusieurs fois. Et après avoir constaté que la réception du réseau était bien active, vous n’y avez probablement plus pensé. Les mobiles ne sont cependant pas les seuls objets à être dotés de cette petite puce. Des appareils IoT (Internet des objets), notamment dans l’industrie, ou des chargeurs de voitures électriques peuvent en comporter une par exemple.
En voulant savoir si les cartes SIM présentaient un risque pour la sécurité de ces derniers, des chercheurs de l’université de Birmingham et de la société de sécurité allemande Fuzzware ont découvert quelque chose d’étonnant. Il s’avère qu’une fonctionnalité légitime appelée Proactive SIM peut être détournée pour prendre le contrôle des appareils sous certaines conditions. Les équipes l’ont démontré sur des smartphones et des modules cellulaires.
Comment une carte SIM peut prendre le contrôle d’un appareil connecté ?
Proactive SIM, c’est une norme issue d’une spécification de téléphonie mobile. Pour résumer, elle permet à la carte SIM d’envoyer des commandes à l’appareil dans lequel elle se trouve, un peu comme la console de Windows. Parmi celles auxquelles il peut répondre, il y a « RUN AT », où « AT » fait référence à un langage de contrôle des modems remontant à 1981. « RUN AT » veut donc dire « Exécute une commande formulée en langage AT ». Le problème, c’est que ces dernières peuvent être dangereuses sur des appareils dépourvus de protection pour y faire face.
Lire aussi – Cet opérateur va rendre le SIM swapping bien plus difficile, voici comment
Les chercheurs ont testé 26 appareils : 18 smartphones et 8 modules cellulaires. Au total, 9 d’entre eux sont vulnérables à des commandes SIM AT. Dans le détail, ce sont surtout les modules cellulaires qui sont concernés, avec 6 sur les 8 qui acceptent la commande. Seuls 3 des 18 mobiles l’ont fait : l’Asus Zenfone 9, l’Oppo Find X5 et l’Oppo Reno 14 F 5G. Le processus permet de prendre le contrôle de l’appareil. Par exemple un chargeur pour véhicule électrique de marque Autel, disponible dans le commerce.
Tous les objets impactés embarquent une puce ou un modem de chez Qualcomm. En sachant que 5 autres en comportent aussi, sans que la commande fonctionne. Qualcomm a été prévenu en mars 2026 et depuis, l’interface permettant l’exécution des commandes à été désactivée par défaut. Google, Oppo ou encore la GSMA (Global System for Mobile Communications Association) ont aussi été mis au courant. Charge aux fabricants concernés de déployer une mise à jour de leurs équipements pour faire comme Qualcomm désormais.
Faut-il s’inquiéter des dangers potentiels du « Proactive SIM » ?
Même si la faille présentée ici reste assez limitée dans ses applications, elle n’en reste pas moins source d’inquiétude. La « bonne » nouvelle, c’est que son exploitation nécessite un accès physique à l’appareil, puisqu’il faut y placer une carte SIM compromise au préalable. Peu de chances que cela arrive avec un smartphone, davantage avec d’autres machines en accès plus libre, notamment dans le milieu industriel ou dans une station de recharge pour véhicules électriques.
Lire aussi – Arnaque SIM swap : 4 ans de bataille judiciaire pour se faire rembourser 17 000 € par Free Mobile et BNP Paribas
Les chercheurs espèrent que leur travail fera prendre conscience de l’importance de corriger cette faille vieille de plusieurs dizaines d’années. Ils estiment qu’elle possède un fort potentiel de dangerosité. De leur propre aveux, ils n’ont fait qu’en effleurer la surface.
Source : Usenix