Après un an sans lancer la moindre paire d’écouteurs, Nothing revient avec les Ear (3a), version allégée des Ear (3) de 2025 et remplaçants des Ear (a). Vendus sous la barre de 100 euros, les Ear (3a) profitent de plusieurs technologies de leurs grands frères, mais n’en oublient pas non plus d’inclure des innovations. Sont-elles utiles ? Et le son est-il bon ? Réponse dans ce test complet.
Nous connaissons Nothing en grande partie grâce à ces smartphones dont le design a beaucoup fait parler. Un dos laissant apparaître certains composants. Des LED qui s’illuminent. Et le fameux « Glyph », sorte d’écran secondaire qui affiche des notifications. Un design qui ne touche pas que le haut de gamme, mais aussi le milieu de gamme, comme nous l’avons constaté avec le Nothing Phone (4a) Pro.
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Si les smartphones ont contribué à asseoir sa notoriété, Nothing est avant tout une marque… audio ! Et dans ce domaine aussi, elle a su insuffler un vent de fraîcheur, que ce soit avec le Headphone et le Headphone (a) ou avec des écouteurs TWS comme les Ear (3). Seulement, la concurrence n’est pas restée inactive. Et il ne suffit plus d’être attractif, visuellement et financièrement, pour convaincre.
Un an après les Ear (3), sa dernière paire d’écouteurs TWS, Nothing revient avec les Ear (3a). Déclinaison abordable des Ear (3), les Ear (3a) remplacent les Ear (a) de 2024. Quelles sont les améliorations apportées en deux ans ? Quelles sont les innovations imaginées par Nothing pour nous faire oublier des standards du milieu de gamme comme les WF-C710N de Sony ? Réponse dans ce test complet.
Prix et date de disponibilité
Le prix public conseillé des Nothing Ear (3a) est de 99 euros. Il n’y a pas d’inflation entre les Ear (a) et les Ear (3a). Les Ear (3a) accompagnent donc les Nothing Ear (3) dont le prix a été revu à la baisse depuis leur lancement en 2025. Ils sont désormais positionnés à 129 euros (contre 179 euros précédemment). Les Nothing Ear (a) ont également baissé, passant de 99 euros à 79 euros.
La concurrence de ces Ear (3a) est composée d’écouteurs développés par des marques audio et par des fabricants de smartphones. Dans la première catégorie, vous retrouvez les WF-C710N, excellents écouteurs milieu de gamme de Sony, les Tune Buds 2 de JBL, les Accentum Open de Sennheiser, les Soundcore C40i ou encore les Minor IV de Marshall. Dans la seconde catégorie, nous retrouvons de nombreux modèles, comme les Samsung Galaxy Buds FE3, les Huawei Freebuds 6, les Xiaomi Buds 6, ou encore les Realme Buds Air 6 Pro.
Les écouteurs sont officiels aujourd’hui, mais ne seront disponibles que demain, mercredi 8 juillet. Ils seront en vente sur le site de la marque, ainsi que les distributeurs partenaires. Ils se déclinent en rose, nouvelle couleur de cette génération, noir, blanc et jaune. Cette dernière robe habille nos exemplaires de test. Dans l’emballage, les écouteurs sont accompagnés de leur boîtier de charge, trois paires d’embouts (S, L, et XS en plus des M qui sont installés par défaut). C’est la première fois que Nothing ne fournit pas de petit câble USB-C dans la boîte. Mais ce n’est pas important.
Design et contrôle
Commençons ce test par un tour du propriétaire. Les Ear (3a) sont visuellement assez proches des Ear (3) et des Ear (a). La structure est identique, avec une partie écouteur arrondie avec un embout en silicone et une tige avec les connecteurs pour la charge. Le design transparent est toujours de mise, révélant ainsi une partie des composants. Détail amusant : les Ear (3a) entrent parfaitement dans le boîtier des Ear (3)… et inversement.
On retrouve les éléments visuels rouge et blanc pour distinguer gauche et droite. Les dimensions sont identiques, sauf pour la tige qui est très légèrement plus longue, ainsi que le poids (4,6 grammes pour chaque écouteur). Les écouteurs conservent leur protection contre les projections d’eau et la poussière (certification IP54).
Preuve d’une montée en gamme, les Ear (3a) ressemblent beaucoup aux Ear (3). La grande différence esthétique entre les Ear (3a) et les Ear (3) se situe dans la tige. Les Ear (3a) ne reprennent pas les éléments métalliques visibles des Ear (3), mais les éléments en polycarbonate des Ear (a). C’est moins élégant, mais cela reste fidèle à l’esprit de Nothing.
Les contrôles des écouteurs sont identiques à ceux des Ear (3). Il n’y a pas de surface tactile présente sur les écouteurs : tout se passe grâce à un capteur de pression situé dans la tige. Pressez l’avant et l’arrière pour activer les différentes commandes. La personnalisation des commandes s’effectue grâce à l’application Nothing X. Et les choix proposés sont assez riches et le nombre d’actions possibles est suffisamment élevé pour ne pas avoir à faire de concession. En revanche, certaines actions ne sont pas très pratiques, ce qui baisse leur utilité (et donc les actions vraiment utiles au quotidien).
Visuellement, le boîtier change davantage que les écouteurs. Si l’encombrement, les matériaux et la position des écouteurs restent proches, son design est plus arrondi, plus proche des Headphone (a), pour une prise en main plus naturelle. Le poids augmente légèrement (moins de 2 grammes de différence). Et les dimensions évoluent aussi, aussi bien en largeur, en longueur et en épaisseur. Mais les différences sont à chaque fois infimes.
La charnière du couvercle est maintenant en acier inoxydable. Et le système de fermeture exploite des aimants. Ces deux changements sont hérités du boîtier des Ear (3). La dernière nouveauté est inédite, même parmi les écouteurs haut de gamme de Nothing : le boîtier intègre « glyph » à trois LED qui permet au boîtier d’indiquer le niveau de charge, l’état d’appairage ou de mise à jour des écouteurs, etc. C’est extrêmement pratique. Et malin.
Qualité audio et réduction de bruit
Pour les Ear (3a), Nothing a choisi un transducteur plus large que celui du Ear (a). Il mesure 12 mm, contre 11 mm précédemment. C’est la même taille que les transducteurs des Ear (3). Le diaphragme du transducteur est composé d’un cône en mousse polymère rigide, pour les aigus et les médiums, et d’une suspension en thermoplastique souple, pour les basses. La surface du diaphragme est texturée pour rendre ce dernier plus rigide. Le but : un son plus précis et moins de distorsion harmonique.
Le résultat est un son dynamique et la scène sonore est assez ample. Toutes les fréquences sont relativement bien représentées, mais c’est évidemment les basses qui sont mises en avant. Elles sont perceptibles dès 25 Hz. Mais elles prennent vraiment de l’ampleur à partir de 35 Hz. Dans les aigus, les sons restent perceptibles jusqu’à 14 kHz environ, mais nous notons une forte baisse de puissance au-dessus des 10 kHz. Le résultat est plus riche qu’avec les Ear (a).
Même si les matériaux du diaphragme ne sont pas les mêmes, nous retrouvons certaines qualités des Ear (3), mais aussi quelques défauts : des basses très présentes, des hauts médiums très percutants et un léger déséquilibre où certains sons ont parfois du mal à émerger. Sur des morceaux complexes, on perd certains détails.
Pour contrebalancer, l’application qui contrôle les écouteurs propose l’accès à l’égaliseur des Ear (3) avec ses 8 bandes de fréquences, ses profils préenregistrés et ses profils personnalisés que l’on peut partager avec la communauté. C’est l’une des vraies améliorations entre les Ear (a) et les Ear (3a). Côté codec, les Ear (3a) sont compatibles SBC, AAC, LC3 et LDAC. La présence de ce dernier est une vraie bonne nouvelle, car il se fait rare sous la barre des 100 euros.
Les écouteurs proposent aussi une fonction audio spatiale fixe qui simule le rendu sonore dans une pièce de grande ampleur, en simulant des échos. Même si cela dépend bien sûr de la qualité du fichier d’origine et des codecs pris en charge par le smartphone, le résultat est plus artificiel qu’en stéréo standard. Les Ear (3a) sont compatibles LE Audio et incluent un mode « faible latence ». La réduction est bonne, mais pas suffisamment pour supprimer le décalage audio dans les jeux.
Les Ear (3a) sont équipés de 3 micros par écouteur : deux pour la captation de la voix et quatre pour la réduction de bruit. Avec cet équipement, les appels sont qualitatifs. Les voix sont claires pour les deux interlocuteurs, celle de l’utilisateur étant bien isolée. Et les interruptions sont rares, même dans des endroits très peuplés.
Comme pour les Ear (3), l’isolation passive des Ear (3a) est bonne, grâce à des embouts en silicone qui s’adapte mieux au conduit auditif. Nothing affirme qu’ils sont plus fins, mais que le silicone est plus épais. Résultat, les fuites sont réduites. À cela s’ajoute une réduction de bruit héritée des Ear (a) qui va réduire jusqu’à 45 décibels. Elle est plutôt efficace, même si elle va manquer de réactivité sur des changements brusques. Et elle ne dénature pas trop le son.
Le mode adaptatif propose une expérience correcte contre les bruits de circulation. Mais face à des voix, l’algorithme choisira de les laisser passer. Nous préférons largement laisser la réduction de bruit sur un mode constant. Le mode transparence reste un peu artificiel, mais il s’est amélioré par rapport au Ear (a).
Dernière remarque qui semble anodine, mais qui ne l’est pas : l’activation de l’ANC déclenche une alerte sonore. Une alerte dont le volume sonore est très élevé et peut devenir désagréable. Dommage, il n’est possible ni de baisser son volume ni de désactiver l’alerte. Le signal sonore de la désactivation est moins désagréable.
Application et interaction
Les Nothing Ear (3a) sont, comme les autres écouteurs de la marque, accompagnés de l’application Nothing X. Une application que nous avons déjà testée avec le Headphone (a), par exemple, et qui reste très fonctionnelle, en plus de bénéficier d’un design très sympa avec ces aplats carrés où les légendes sont faciles à comprendre. Cette application est simple, mais elle offre toutes les fonctions essentielles.
Elle permet de mettre à jour le firmware des écouteurs, configurer l’égaliseur, personnaliser les commandes, activer ou non les fonctions audio (réduction de bruit, audio spatial, mode « faible latence », détection du port, etc.). L’application sert aussi à retrouver les écouteurs (en émettant un son puissant), à gérer les appareils connectés et à tester quels sont les embouts les plus adaptés à la morphologie de chaque utilisateur. Pour des écouteurs à 99 euros, ils sont très complets.
Comme pour l’audio ou le design, les Ear (3a) sont une version « allégée » des Ear (3). Les nouveaux écouteurs en reprennent donc une grande partie des fonctions. La mise en veille automatique et la détection du port pour préserver l’autonomie des écouteurs et du smartphone. Ou encore la double connexion pour passer d’une source à une autre. Les écouteurs sont compatibles Bluetooth 6.0, mais ils ne semblent pas (encore ?) prendre en charge Auracast. Les écouteurs ne semblent pas prendre en charge Fast Pair. Et ce serait dommage.
Si les Ear (3a) ne reprennent pas toutes les fonctions des Ear (3), ils profitent d’un atout inédit : l’enregistrement d’un « instantané audio ». Il s’agit d’un enregistrement plus ou moins long du son diffusé par le smartphone : une musique, un appel audio, etc. Cela n’est pas enregistré par les micros des écouteurs, mais uniquement par le téléphone. Chaque écouteur dispose de 16 Mo pour stocker temporairement ses fichiers. Cela correspond à 60 secondes d’enregistrement. Et ça enregistre en avance (jusqu’à 30 secondes en arrière, une durée personnalisable).
Pour les propriétaires d’un Nothing Phone, les fichiers sont transférés sur Essential Space. Et pour les autres, ils sont accessibles depuis Nothing X. Une fois l’enregistrement exporté, on peut le réécouter, le retranscrire ou demander un résumé. Même si elles sont gratuites, certaines fonctions liées à l’intelligence artificielle nécessitent de se connecter à son compte Nothing. Ce qui est contre-intuitif si vous n’avez jamais possédé un smartphone Nothing. En outre, si elles sont offertes, elles sont aussi limitées à 300 minutes traitées par mois.
Autre fonction liée à l’intelligence artificielle, les Ear (3a) sont, comme toutes les autres paires d’écouteurs de Nothing, compatibles ChatGPT : vous pouvez ainsi entamer une discussion avec l’IA en assignant l’un des gestes personnalisables. Cependant, ce n’est disponible qu’à une condition : il faut utiliser un smartphone de la marque, tel que le Nothing Phone (4a) Pro, car ChatGPT est nativement intégré à Nothing OS. Nothing X ne peut apporter le même avantage.
Autonomie et recharge
Côté batterie, les Ear (3a) profitent des améliorations offertes aux Ear (3). Ainsi la capacité des batteries des écouteurs passe de 46 mAh dans les Ear (a) à 55 mAh. Une augmentation de 20 % tout de même, mais qui ne se traduit malheureusement pas par une augmentation de l’autonomie de 20 %. Officiellement, elle augmente de 5 % à 10 % selon les réglages. Et c’est déjà pas mal, diront certains.
En effet, Nothing annonce que l’autonomie des Ear (3a) passe de 5 heures et demie à 6 heures en écoute musicale avec la réduction de bruit active, et de 9 heures et demie à 10 heures sans ANC. Les conditions pour atteindre cette durée n’ont pas été communiquées par la marque. Ces chiffres sont corrects, mais certains concurrents font bien mieux dans ce domaine. Nous pensons notamment au WF-C710N de Sony.
Durant nos tests, les écouteurs tiennent plutôt bien la charge. Ils dépassent effectivement les 6 heures d’utilisation avec l’ANC (sans le mode adaptatif), avec un flux AAC et à 30 % du volume sonore. En utilisant un flux en LDAC et avec l’ANC adaptatif (toujours à 30 % du volume), l’autonomie baisse d’une bonne heure.
Le boîtier est toujours équipé d’une batterie de 500 mAh, comme pour les Ear (a) et les Ear (3). Cette capacité permet de recharger un peu plus de trois fois les écouteurs. Officiellement, l’autonomie totale (écouteurs et boîtier à 100 %) est de 42 heures sans ANC et 25 heures avec ANC. Durant nos tests, ces chiffres sont exacts. Nous avons bien rechargé trois fois les écouteurs sans avoir besoin de brancher le boîtier à un câble USB-C.
Une fois les écouteurs déchargés, il faut les ranger dans le boîtier. Une charge de 5 minutes suffit à retrouver une heure d’autonomie. Ce qui est bien dans l’absolu. Mais, à l’usage, cela ne sert pas vraiment. Ce qui va servir, c’est la recharge rapide jusqu’à 80 % pour profiter de plusieurs heures d’affilé. Dans ce domaine, les Ear (3a) offrent une bonne expérience, puisqu’ils atteignent les 90 % en une demi-heure environ. Comptez le même délai pour passer de 90 % à 100 %. Voici nos mesures :
- 10 min : 30 %
- 20 min : 60 %
- 30 min : 90 %
- 40 min : 95 %
- 60 min : 100 %
Le boîtier quant à lui met une demi-heure à retrouver l’ensemble de sa batterie. Contrairement à d’autres constructeurs, Nothing ne propose pas de fonctionnalités pour préserver la santé de la batterie, hormis une charge lente au-delà de 80 %.
Alors, on achète ?
Les Ear (3a) ne sont pas simplement une version améliorée des Ear (a) vendue au même prix. Ce sont vraiment des écouteurs qualitatifs qui ne font que peu de compromis, autant sur l’audio que sur l’interactivité. Ils se paient même le luxe d’apporter des fonctionnalités inédites : le « glyph » du boîtier, extrêmement pratique, et l’enregistrement audio. Seule l’autonomie, dans la moyenne, aurait pu être meilleure. Cependant, face à la concurrence, les Ear (3a) offrent donc un rapport qualité/prix assez élevé.


















