Cet astéroïde géant frôlera la Terre si bas qu’on pourra le voir à l’œil nu depuis l’Europe
Un astéroïde de la taille d'un gratte-ciel s'apprête à croiser notre planète de très près. Il descendra sous l'orbite de certains satellites, chose exceptionnelle pour un objet de ce gabarit. Près de neuf humains sur dix pourront alors le suivre dans le ciel sans le moindre instrument.

Les roches spatiales qui croisent l'orbite terrestre sont surveillées de très près par les astronomes. La plupart passent à des millions de kilomètres, bien trop loin pour être vues sans matériel. Repérer et suivre ces objets reste un enjeu majeur pour anticiper une éventuelle menace. La fondation B612 qui développe des outils libres pour traquer les astéroïdes menaçant la Terre montre bien l'importance de cette vigilance permanente. Un survol vraiment rapproché demeure pourtant un phénomène rarissime.
L'astéroïde Apophis prépare justement un passage d'une proximité exceptionnelle le 13 avril 2029. Mesurant environ 340 mètres, soit la hauteur de la tour Eiffel, ce rocher spatial frôlera la Terre sans le moindre danger. Le survol rapproché de l'astéroïde 2026 JH2 passé à seulement 90 000 kilomètres de notre planète au printemps paraîtra presque lointain à côté. Ce géocroiseur, lui, plongera bien plus près encore, à l'intérieur même de la couronne de satellites qui nous entoure.
L'astéroïde Apophis passera plus bas que les satellites au-dessus de l'Atlantique Nord
Selon les cartes de visibilité publiées par Eclipse Atlas, Apophis atteindra son point le plus proche à 23h45, heure de Paris. Le rocher passera alors à 31 600 kilomètres au-dessus de l'Atlantique Nord, sous l'orbite des satellites géostationnaires. Environ 2 milliards de personnes pourront l'observer à ce moment précis. Au total, près de 90 % de la population mondiale vivra dans une zone où l'astéroïde deviendra visible à l'œil nu. Le pic de luminosité, un peu plus tôt, sera surtout admiré depuis l'Afrique.
Apophis n'aura rien d'un météore filant à toute vitesse. Il apparaîtra comme un simple point lumineux glissant lentement dans le ciel pendant près de sept heures. Découvert en 2004, l'objet avait d'abord affolé les scientifiques avec un risque de collision estimé à 1 sur 37. Les mesures suivantes ont écarté toute menace pour au moins un siècle. Les chercheurs voient désormais dans ce survol une occasion unique d'étudier comment la gravité terrestre déforme un tel astéroïde.