Avec la Watch Series 11, Apple n’apporte que très peu de nouveautés. Le but : consolider les acquis et éviter de brusques changements tarifaires. Techniquement quasi identique à la Watch Series 10, cette 11e génération de montres connectées n’est pas révolutionnaire du jour au lendemain. C’est avec le temps qu’elle montre tout son potentiel. On vous explique pourquoi.
En septembre 2025, Apple a présenté trois nouvelles montres. La Watch Series 11, déclinée comme toujours en deux versions : « Edition », avec un cadre en titane et une protection d’écran en saphir, et « standard », avec un cadre en aluminium et une protection en verre minéral Ion-X. La Watch SE 3, modèle le plus abordable de la gamme. Et l'Apple Watch Ultra 3, la montre sportive par excellence.
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La Watch Series 11 s’appuie beaucoup sur le modèle qui la précède. Même design. Quasiment la même fiche technique. Un prix qui n’évolue pas. Et des nouveautés qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Quand nous avons ouvert le produit à la rédaction, c’est comme si nous retrouvions une amie que nous avions perdue de vue. Et son retour a été gratifiant dès les premiers instants.
D’ailleurs tous les tests publiés les premières semaines après son lancement le confirment : la montre est très satisfaisante au premier abord. Mais qu’en est-il après plusieurs mois d’utilisation, une fois qu’elle est ancrée dans votre vie quotidienne ? Qu’en est-il de son système de notification proactif qui analyse votre santé pendant plus d’un mois pour vous proposer des interactions selon vos habitudes ? C’est ce que nous avons voulu savoir. Ce test est le résultat d’une cohabitation « 24/7 » avec une Apple Watch Series 11 pendant 8 mois.
Prix et date de disponibilité
Le prix de l’Apple Watch Series 11 démarre à 449 euros, comme pour la Watch Series 10. Il n’y a donc aucune inflation tarifaire sur cet accessoire. Comme pour la Watch Series 10, la Watch Series 11 se décline en deux finitions, titane ou aluminium, et en deux tailles, 42 ou 46 mm. En outre, pour la version aluminium, vous pouvez choisir une version compatible 5G. Chaque option se cumule (sauf la 5G qui est obligatoire pour l’Apple Watch en titane). Voici les prix de chaque version, ainsi que des options :

Apple Watch Series 11 aluminium :
- Prix de base : 449 euros
- Passer de 42 mm à 46 mm : 30 euros
- Option 5G : 120 euros
Apple Watch Series 11 titane :
- Prix de base : 799 euros
- Passer de 42 mm à 46 mm : 50 euros
Les principales concurrentes de l’Apple Watch Series 11 sont la Huawei Watch 5, la Venu 4 et la Forerunner 570 chez Garmin. Ces modèles, vendus à un prix voisin (voire un peu plus cher) fonctionnent parfaitement sur iOS. Il y a d’autres concurrents intéressants, comme les Galaxy Watch 8 et Watch 8 Ultra chez Samsung, la Xiaomi Watch S5 ou encore la Honor Watch 6. Elles offrent les fonctions basiques sur iOS. Mais elles sont plus efficaces sur Android.
La Watch Series 11 est disponible depuis le 19 septembre dernier en France. Elle se décline en trois coloris pour la version titane (naturel, or et ardoise) et quatre coloris pour la version aluminium (or rose, argent, gris sidéral et noir de geai). Pour les besoins de ce test, nous bénéficions d’une Apple Watch aluminium, 46 mm de couleur « gris sidéral ».
Dans la boite, l’Apple Watch est accompagnée d’un câble de charge propriétaire et, par défaut, d’un bracelet sport. Mais vous pouvez choisir de très nombreux bracelets pour accompagner la montre. Notez que certains bracelets n’engendrent pas d’augmentation de tarif. Mais d’autres si, évidemment.
Design, contrôles et écran
Démarrons ce test avec le tour du propriétaire. Un tour qui sera finalement assez rapide, puisque la Watch Series 11 reprend à l’identique le design de la Series 10. Même largeur et même longueur pour conserver la compatibilité avec les bracelets de 2024. Même épaisseur également à 9,7 mm sur les deux tailles. L’écran est légèrement surélevé. Toutes les bordures et les arêtes sont arrondies ici pour un port agréable. Moins d’un mois après avoir enfilé la montre, elle sait se faire oublier. Le poids change légèrement (14 à 16 milligrammes pour la version 46 mm, 2 à 4 milligrammes pour la version 42 mm), mais pas suffisamment pour que cela soit perceptible.
Côté matériaux, peu de changement également. Boitier en titane, ou en aluminium (sur notre version de test) avec une finition mate. Verre en saphir sur le dessous pour toutes les versions, afin de protéger le capteur biométrique principal. Verre en saphir sur le dessus pour le modèle titane et en Ion-X pour la version aluminium. Pour la Watch Series 11, Apple en a modifié la structure. Il s’agit maintenant d’un alliage de céramique moins sensible aux rayures et aux petits accros de la vie. Et c’est vrai : notre modèle n’a pas subi de dommage apparent en 8 mois.

Nous retrouvons les deux mêmes touches qu’auparavant : la couronne digitale cliquable et crantée ; et le bouton « menu » presque invisible sur la tranche. Avec watchOS 26, la fonction de ce dernier a évolué : il permet désormais d’accéder aux volets des réglages rapides, alors qu’il servait avant à ouvrir le menu des widgets. La couronne digitale garde la même fonction, mais le déverrouillage en mode nuit est plus rapide. Et bien évidemment, la Watch Series 11 est compatible avec le « pincement » et le « mouvement de poignet » pour passer d’un menu à un autre.

Sous ce nouveau verre minéral, l’écran de la Watch Series 11 est le même que celui de la Watch Series 10. La taille reste la même : 1,77 pouce pour la version 42 mm et 1,96 pouce pour la version 46 mm. Le ratio est le même. La nature de l’écran ne change pas : OLED LTPO3 avec des angles de vision bien large pour une lisibilité optimale dans toutes les positions. La définition est la même, ainsi que la résolution (330 pixels par pouce). Nous pourrions vous parler de la bonne colorimétrie de cet écran. Mais, en réalité, ce n’est pas aussi important qu’avec un smartphone.
La luminosité est bonne, quelle que soit la luminosité extérieure. Et quand la nuit tombe, la luminosité peut descendre à 1 nit. Par défaut, Apple active la fonction Always-On. Au départ, c’est sympa, parce que l’Apple Watch ressemble alors à une montre mécanique. Mais on finit par la désactiver pour gagner en autonomie : tout est bon à prendre pour réduire sa dépendance au chargeur. Au quotidien, la Series 11 offre un écran lisible et assez large pour offrir des interactions faciles. Et le choix du format rectangulaire renforce cette impression.
Capteurs biométriques et environnementaux
Passons sous le capot avec une première « surprise » : pour la première fois, Apple n’a pas changé le SoC de sa montre. La Watch Series 11 dispose donc toujours de la puce dual-core S10 intégrant un NPU quad-core pour analyser les habitudes et s’adapter. La montre dispose, comme les années précédentes, de 64 Go de stockage pour les applications et les fichiers musicaux.
Le S10 embarque aussi une puce W3 qui gère les connexions sans fil : Bluetooth 5.3 et WiFi n (dual band cette année et non plus single band). Elle dispose aussi d’un capteur NFC (pour le paiement sans fil), d’un capteur GPS indépendant (pour une localisation de bonne qualité) et d’un capteur UWB de seconde génération (pour localiser un objet ou déverrouiller un Mac, par exemple). Jusque-là, aucune nouveauté par rapport à la Watch Series 10.
Notre modèle est également compatible eSIM, la rendant indépendante du smartphone (hormis lors de la phase d’initialisation) : elle peut envoyer des messages, recevoir des appels et se connecter à Apple Plans ou Apple Musique sans iPhone. L’une des grandes nouveautés de la Watch Series 11 est la compatibilité 5G. Même s’il s’agit d’une connexion peu gourmande, elle consomme de l’énergie. Et elle grève donc l’autonomie.
Le moteur haptique n’a pas changé entre 2024 et 2025. Mais les propriétaires d’une Apple Watch Series 7, 8 ou 9 verront qu’il est plus subtil dans ses interactions, notamment sur les alertes de notifications. Il est presque moins intrusif.
Les capteurs environnementaux sont les mêmes que précédemment : boussole, gyroscope, altimètre, baromètre, thermomètre et luminosité ambiante. N’oublions pas non plus le microphone et le haut-parleur pour les commandes vocales, le kit mains libres. Le micro réduit le bruit ambiant. Et le haut-parleur est assez puissant. Grâce à certains de ces capteurs, l’Apple Watch « protège » son utilisateur contre des risques variés, depuis un bruit ambiant trop fort jusqu’à une chute à terre avec perte de conscience. Avec, très rarement, de faux positifs. Mais on n’est jamais trop prudent.
Côté biométrique, rien de nouveau également. Nous retrouvons le capteur optique de fréquence cardiaque de troisième génération multi-usage : rythme cardiaque, oxygène dans le sang, suivi du sommeil et, nouveauté de cette année, la tension. Pour mesurer la tension, l’Apple Watch n’a pas de capteur dédié. Il mesure le flux de sang et analyse les données sur de longues périodes. Cela permet de créer un profil qui alerte l’utilisateur en cas d’anomalie, un peu comme l’arythmie cardiaque. L’ECG est lui aussi de retour.
Au début, ces deux capteurs vont établir des modèles. Et ce n’est que bien plus tard, au bout de deux ou trois mois, que la surveillance va devenir pertinente. De même pour le suivi du sommeil et l’apnée du sommeil : tout cela demande de l’entrainement. Et les conseils ne deviennent pertinents qu’après plusieurs mois d’utilisation. Et ça marche plutôt bien.
En outre, à force de porter la montre et de réaliser des exercices quotidiens ou des trajets à pied ou à vélo réguliers, la montre va d’elle-même proposer d’activer certains exercices quand elle juge que c’est pertinent. Ce n’est pas juste une reconnaissance d’exercice : c’est proactif. Notez que l’Apple Watch Series 11 est un peu plus généreuse que les montres précédentes. Un peu plus de pas dans le compteur. Des minutes de sport offertes. L’objectif « me lever » moins difficile à remplir…
Interface et application
La Watch Series 11 embarque WatchOS 26 dès le démarrage. Comme wearOS, WatchOS est un véritable système d’exploitation qui s’enrichit grâce aux applications que vous installez. Et elle continuera de s’améliorer avec le temps. En effet, la montre va bénéficier de nombreuses mises à jour durant sa vie, avec WatchOS 27 qui arrivera en septembre prochain, date de sortie des prochains iPhone.
Inutile de faire vraiment le tour de WatchOS 26, puisque la navigation dans le système n’a que très peu changé ces dernières années. Nous nous concentrons donc sur les nouveautés. WatchOS 26 apporte l’intelligence artificielle autour du poignet, grâce à la traduction automatique des messages reçus dans une autre langue.
Outre la nouvelle alerte sur l’hypertension, WatchOS 26 inclut également un score de score de santé qui va un peu plus loin que l’ancien bilan du sommeil. En outre, les sportifs peuvent désormais personnaliser les mesures biométriques pendant un exercice. D’ailleurs, Apple a profité de WatchOS 26 pour modifier la présentation des sports dans l’application Exercice, ainsi que la modélisation des relevés biométriques.
Comme chaque itération, la Watch Series 11 est accompagnée de ces nouveaux cadrans interactifs, avec ou sans complications. Celui que vous pouvez voir dans les visuels ci-contre est l’un d’eux. Il s’appelle Exactographe et il compte quatre complications dans ses coins. Bien évidemment, tous les cadrans des générations précédentes sont compatibles.
Comme toutes les montres d’Apple, la Watch Series 11 ne peut se passer d’un iPhone. En effet, même si d’autres marques, comme Honor, permettent d’associer la montre à un téléphone sous Android, un iPhone est nécessaire pour la première activation, les mises à jour, l’installation d’application ou le transfert de cadrans. Bref, toute la gestion de la montre passe par un iPhone. Autant dire que si vous n’en avez pas, il est quand même préférable de passer son chemin.

Imaginons que vous avez un iPhone pour activer la montre et un Honor 600 Pro, par exemple, pour la vie de tous les jours. L’interaction entre la montre et le smartphone Android ne sera jamais aussi poussée, parce que le lien entre l’iPhone et l’Apple Watch n’est pas un simple appairage Bluetooth. Les deux appareils communiquent, échangent des mots de passe, partagent des réglages, traitement des données biométriques. Plus loin encore, l’Apple Watch fait partie d’un ensemble qui comprend l’iPhone, l’iPad, le Mac et l’Apple TV. Tout est fait pour fonctionner ensemble. Cela a toujours été l’une des grandes forces de ce produit.

Dans l’iPhone, vous retrouvez trois applications système qui fonctionnent avec l’Apple Watch. « Watch » pour paramétrer la montre et toutes les applications installées. Dans cette application, vous retrouvez aussi la « boutique » de cadrans. La deuxième est « Forme ». Elle gère les activités physiques. Elle récupère les données de chaque séance enregistrée par la montre. Et elle compile l’ensemble dans des tableaux. Si vous êtes abonnés Fitness+, l’Apple Watch va synchroniser vos mouvements avec les entrainements. La troisième application est « Santé », évidemment. Vous y retrouvez les pas réalisés chaque jour, les calories consommées, les scores de sommeil, ainsi que les tendances mensuelles sur le rythme cardiaque, l’oxygénation du sang, etc.
Autonomie et recharge
Jusque-là, le test est inconditionnellement positif pour l’Apple Watch Series 11, même si certains pourraient regretter l’absence d’évolution entre la Series 11 et la Series 10. Cependant, il y a toujours un sujet qui fâche avec l’Apple Watch. Et cela concerne la batterie. Et plus précisément l’autonomie. Toutes les Apple Watch ont des difficultés à atteindre les 2 jours d’utilisation standard. L’Apple Watch Series 10, par exemple, ne parvenait pas aux 48 heures d’autonomie avec les options par défaut. Il fallait pour cela faire quelques sacrifices.
Ce problème ne concerne pas que l’Apple Watch. Les utilisateurs de Galaxy Watch ou de Pixel Watch sous wearOS le connaissent également bien. C’est l’inconvénient des vrais systèmes d’exploitation que ne connaissent évidemment pas Huawei, Honor, Xiaomi ou même Garmin. Avec un système fermé, l’autonomie grimpe en flèche. On parle d’une, deux, voire trois semaines d’autonomie.
L’Apple Watch Series 11 ne règle pas fondamentalement le problème de l’autonomie de ses prédécesseurs. Mais elle l’améliore sensiblement grâce à une batterie un peu plus généreuse. On passe de 290 mAh à 325 mAh pour le modèle 42 mm et de 330 mAh à 365 mAh pour le modèle 46 mm. Ces chiffres ne sont pas officiels, mais ils ont été confirmés par les nombreux démontages réalisés sur le Web, notamment chez iFixit. Et 35 mAh de plus, c’est suffisant pour atteindre les 48 heures d’autonomie. Voire les dépasser de quelques heures. Le mode « économie d’énergie » permet de prolonger encore ce temps sans pour autant faire trop de concessions.

Cette mesure est prise avec une heure d’exercice par jour, de la marche quotidienne, le suivi cardiaque continu, le suivi du sommeil, l’Always-On désactivé et tous les systèmes d’alerte proactifs (notamment la détection d’exercice en cours). Naturellement, l’autonomie réelle de l’Apple Watch est unique pour chaque personne, selon les paramètres d’affichage, les capteurs environnementaux et biométriques activés, et l’activité physique. Les premières semaines avec la montre servent aussi à équilibrer utilisation et autonomie.
Une fois la batterie déchargée, il faut passer par la case recharge. Comme tout appareil Apple, la Watch Series 11 n’est pas fournie avec un chargeur, mais un câble de charge USB-C dont l’embout est magnétique. La Watch Series 11 se recharge entièrement en 97 minutes. Mais il faut environ une heure pour atteindre les 80 %, si vous avez un besoin urgent d’énergie. Voici nos mesures intermédiaires :
- 10 min : 25 %
- 30 min : 42 %
- 60 min : 78 %
- 90 min : 97 %
Pour réduire l’usure de la batterie, watchOS intègre la charge intelligente que vous retrouvez habituellement dans les téléphones. Elle permet d’adapter le cycle de charge à vos habitudes, afin d’éviter les longues périodes en surcharge. En outre, le système se réserve le droit de réduire les performances du SoC S10 si l’usure de la batterie devient trop importante. C’est ce phénomène qui génère le plus de frustration après plusieurs années avec une Apple Watch : la sensation que non seulement la batterie ne tient plus, mais aussi que le système est plus lent. Notez qu'en huit mois, la capacité de la batterie n'a pas baissé. C'est au bout de deux ans que l'usure commence à se faire ressentir.
Alors, on achète ?
La Watch Series 11 d’Apple n’est pas simplement une simple montre connectée. Elle apprend. Elle évolue. Elle s’adapte. Contrairement à d’autres modèles, plutôt orientées lifestyle ou s’adressant davantage aux sportifs, la Watch Series 11 est « un compagnon pour la vie quotidienne ». Elle vous informe. Elle vous surveille. Elle vous guide. Elle vous encourage. Et ça, c’est vraiment chouette. Elle n’est pas médecin. Mais elle est là pour vous alerter s’il y a quelque chose de louche à surveiller. Et rien que pour ça, elle vaut les 450 euros à 500 euros que vous pourriez débourser.
Alors est-ce que vous avez besoin de la version titane ? Pas forcément. Son seul vrai avantage est sa solidité contre les épreuves de la vie. En huit mois, la version aluminium est restée impeccable. Pour nous, le surcout de 350 euros n’est vraiment pas indispensable. Et l’option 5G, est-elle nécessaire ? Non, évidemment. Mais est-ce confortable de l’avoir ? Carrément !
À qui s’adresse la Watch Series 11 ? D’abord aux propriétaires d’iPhone. Et parmi eux, elle s’adresse surtout à ceux qui n’ont pas d’Apple Watch ou un modèle de plus de 4 ans. Si vous avez une Apple Watch Series 7, 8 ou 9, passer à la Series 11 se justifie presque. L’autonomie a été améliorée. L’écran est plus grand. Et la montre est plus intelligente. Pour ceux qui ont une Watch Series 11, nous vous conseillons d’attendre la rentrée 2027.















