Cette découverte cachée sous la surface de Mars pourrait expliquer pourquoi la planète a été habitable
La planète rouge cachait un secret dans ses profondeurs. Des données de la sonde InSight révèlent un phénomène jusqu'ici observé uniquement sur Terre. Mars aurait pu rester habitable bien plus longtemps qu'on ne l'imaginait.

Mars fascine les scientifiques depuis des décennies. La planète rouge intrigue surtout par son passé, quand des étendues d'eau liquide couvraient peut-être sa surface. Les chercheurs y traquent le moindre indice d'un environnement autrefois favorable à la vie. Une équipe défendait récemment l'hypothèse d'un océan titanesque qui aurait recouvert l'hémisphère nord de la planète. Chaque nouvelle donnée affine notre lecture de cette histoire lointaine et encore pleine de zones d'ombre.
Une nouvelle analyse vient bousculer ce tableau. Des chercheurs de l'Université d'Oxford ont réexaminé les mesures sismiques de la sonde InSight, posée sur la planète rouge par la NASA entre 2018 et 2022. Leurs travaux révèlent une structure inattendue enfouie loin sous la croûte martienne. Cette même sonde avait déjà nourri le débat sur une vie passée détectée sur Mars il y a 50 ans. Les scientifiques y voient le signe d'une géologie bien plus riche que prévu.
Des poches de magma géantes se cachaient sous la croûte de Mars
Sous la croûte de Mars se cachaient d'anciennes poches de magma. Selon l'étude publiée dans Nature Astronomy, les secousses détectées par InSight révèlent une frontière nette à 24 kilomètres de profondeur. Elle sépare deux types de roche. Au-dessus se trouve une couche riche en fer et en magnésium. En dessous s'étend une roche cristalline plus dense et appauvrie en silice, jusqu'à la limite avec le manteau à 38 km. Cette séparation a pu se produire uniquement dans d'immenses réservoirs de magma, où le matériau le plus lourd s'est déposé au fond.
Ce phénomène, appelé magmatisme transcrustal, n'avait jamais été repéré ailleurs que sur Terre. Les poches de magma s'étendaient sur des centaines, voire des milliers de kilomètres, reliées entre elles sous le sol martien. Ce volcanisme géant aurait pu réinjecter du dioxyde de carbone dans l'atmosphère et entretenir un effet de serre. Mars serait alors restée chaude et humide bien plus longtemps. Le principal auteur de l'étude, Tobermory Mackay-Champion, estime que la planète rouge pourrait aussi renfermer davantage de minerais près du sol. Un atout précieux pour de futures missions habitées.