Quelqu’un usurpe le nom de la FIFA pour faire disparaître des sites pirates de Google
Quelqu'un bombarde Google de plaintes générées par IA pendant le Mondial. Toutes réclament le déréférencement total de dizaines de sites pirates. Elles arborent le nom de la FIFA, qui n'y est pourtant probablement pour rien.

La Coupe du monde 2026 aiguise les appétits des fraudeurs en tout genre. L'ampleur de l'événement attire les arnaques, les usurpations et les tentatives de manipulation. Nous vous alertions déjà sur ces faux sites de la FIFA qui pullulent à son approche, conçus pour piéger les supporters. Une nouvelle manœuvre vise désormais le moteur de recherche de Google, avec une cible inattendue.
Cette fois, la victime visée n'est pas le spectateur mais les plateformes de streaming illégal elles-mêmes. Une série de plaintes pour atteinte au droit d'auteur réclame à Google le retrait de ces sites de ses résultats. Le procédé rappelle le blocage des IPTV pirates par l'Arcom pendant la Coupe du monde, à un détail près. Ces demandes affichent le nom de la FIFA, et leur origine reste floue. La fédération internationale de football n'a jamais confirmé en être l'autrice.
Plus de 40 plaintes au nom de la FIFA, générées par IA, réclament le déréférencement de domaines entiers
Le média TorrentFreak a repéré ces signalements dans la base Lumen, l'outil de transparence géré par l'université Harvard. Plus de 40 plaintes ont été déposées en quelques jours sous le nom « FIFA World Cup ». Elles visent des domaines comme beststreameast.xyz, falconstreams.net ou streamiz.click. Le contenu de ces textes surprend les enquêteurs. Le logiciel d'analyse Pangram juge le tout généré à 100 % par intelligence artificielle. Le vocabulaire mélange des notions de droit des marques et de droit d'auteur, ce qui n'a aucun sens dans une procédure de ce type.
Les demandes vont bien au-delà d'un simple retrait d'adresses. Leurs auteurs exigent le déréférencement complet et permanent de domaines entiers, une mesure rarissime pour une plainte de ce genre. Plus étrange encore, certaines visent la NBA, la Formule 1, la NFL ou le catch, sans aucun rapport avec le football. La FIFA, contactée, n'a pas répondu. Tout pointe vers un site pirate désireux d'usurper l'identité de la fédération pour éliminer ses concurrents mieux classés sur Google. La même ruse avait déjà frappé le bureau américain du copyright et Netflix par le passé.