Où sont passées les « Tatooine » ? Le mystère de la rareté des exoplanètes à deux soleils aurait enfin été résolu
On le sait : la Voie lactée abrite quelques exoplanètes desquelles un double coucher de soleil serait visible, à l’image de Tatooine dans Star Wars. Mais un mystère demeure : elles sont moins nombreuses que prévu. Voici pourquoi, selon les scientifiques.

Les couchers de Soleil sont un phénomène empreint de symbolique et de poésie que l’être humain se plaît à contempler. Alors imaginez seulement si vous étiez le spectateur d’un double coucher de soleil ? Cette scène n’est pas des plus difficiles à se figurer, puisque c’est l’une des plus emblématiques du cinéma de science-fiction : dans Star Wars : Un nouvel espoir, Luke Skywalker assiste à un tel spectacle alors qu’il se trouve sur sa planète natale, Tatooine.
Mais la saga n’a rien inventé : des planètes qui orbitent autour d’un système stellaire binaire, il en existe plusieurs au sein même de notre galaxie. Débusquée au sein de données vieilles de dix ans, HD 143811 AB b est par exemple l’exoplanète qui orbite le plus près de ses deux étoiles parentes jamais observée. Mais alors que les scientifiques pensaient que les planètes de ce type seraient nombreuses, force est de constater qu’elles sont plutôt rares. Voici l’hypothèse avancée par les astronomes pour expliquer ce constat.
Voici pourquoi les astronomes détectent moins d’exoplanètes comme Tatooine que prévu
Initialement, les chercheurs sont partis du principe que, si environ 10 % des milliers de systèmes à étoile unique possèdent des planètes, alors il devrait en être de même pour les systèmes stellaires binaires. Pourtant, seules 14 exoplanètes parmi les 6 000 mondes confirmés au sein de la Voie lactée ont été découvertes en train d’orbiter autour de paires d’étoiles. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie et de l’Université américaine de Beyrouth tente d’apporter une réponse à cette énigme. Selon ces experts, la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein pourrait en être la clé. Reprenons les choses pas à pas.
Le processus de rotation de l’orientation d’une orbite est appelé précession. L’orbite d’une planète appartenant à un système stellaire binaire subit ce type de phénomène à cause des forces gravitationnelles exercées par ses deux étoiles. Mais elle n’est pas la seule : les étoiles elles-mêmes sont victimes de cette précession, en vertu des lois de la relativité générale.
Au fil du temps, les étoiles peuvent se rapprocher à cause des forces de marées qui s’exercent entre elles. Cela a pour conséquence non seulement d’accélérer leur précession, mais également de ralentir celle de leur planète. Lorsque les rythmes des précessions se synchronisent, la planète voit son orbite s’étirer dangereusement. Dans des propos relayés par Space.com, Mohammad Farhat, auteur principal de l’étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters, précise : « Soit la planète passe trop près des étoiles et est déchirée, soit son orbite est tellement perturbée qu’elle est éjectée du système. »
Selon les chercheurs, si peu d’exoplanètes semblables à Tatooine sont détectées, c’est parce que ces perturbations sont fréquentes dans les systèmes binaires serrés… c’est-à-dire ceux principalement surveillés par des missions comme TESS, la sonde chasseuse d’exoplanètes de la NASA – qui a déjà traqué une mystérieuse comète interstellaire sans le savoir. Et, comme pour C/2019 Y4 ATLAS, ce n’est pas parce qu’on ne les voit pas qu’elles n’existent pas : il s’agit peut-être simplement d’une question d’instrument et de méthodes à parfaire.