L’Union européenne accepte un compromis sur les prix des voitures électriques chinoises

Bruxelles durcit rarement le ton face à Pékin, mais les tensions sur les voitures électriques ont changé la donne. Après des mois de discussions, un compromis vient d’être trouvé. Il pourrait transformer durablement les règles du jeu pour les constructeurs chinois.

La YangWang U9 de BYD
La YangWang U9 de BYD

Depuis plusieurs années, la montée en puissance des véhicules électriques chinois inquiète les autorités européennes. Face à des prix cassés, rendus possibles par d’importantes subventions publiques, Bruxelles a engagé une enquête approfondie. En 2024, cette investigation a débouché sur l’instauration de droits de douane supplémentaires sur ces importations, avec des surtaxes allant jusqu’à 38,1 %.

Après plusieurs mois de négociations tendues, l’Union européenne et la Chine ont finalement trouvé un terrain d’entente. Les deux parties ont convenu d’un système d’engagement sur les prix minimums à l’importation, en remplacement des surtaxes imposées en 2024. Ce nouveau cadre permettrait aux constructeurs chinois de continuer à exporter vers l’Europe tout en respectant des conditions strictes.

Les voitures électriques chinoises devront respecter un cadre tarifaire précis

Désormais, les constructeurs chinois de voitures électriques devront soumettre un dossier à la Commission européenne s’ils souhaitent éviter les surtaxes. Ce dernier devra détailler des engagements précis. Les prix minimums à l’importation seront fixés en fonction des modèles et des options proposées. Il faudra aussi fournir des garanties sur les volumes vendus et les canaux de distribution utilisés.

Bruxelles demandera également des contreparties concrètes, comme des investissements industriels ou logistiques dans l’Union européenne. Si ces engagements ne sont pas respectés, les surtaxes pourront être réappliquées avec effet rétroactif. Selon la Chambre chinoise du commerce pour l’importation et l’exportation de machines et de produits électroniques, ce compromis représente une solution de transition permettant aux constructeurs d’éviter les sanctions, tout en se conformant aux règles de l’OMC.

Cette évolution marque un tournant pour les constructeurs chinois, mais aussi pour le marché européen. Des groupes comme MG, lourdement taxés depuis 2024, pourraient rapidement bénéficier de ce système. D’autres, comme BYD ou Geely, pourraient adapter leur stratégie pour entrer dans ce cadre, voire renforcer leur présence industrielle en Europe. Ce compromis vise aussi à apaiser les tensions commerciales, alors que certains États membres redoutaient des représailles sur d’autres secteurs sensibles.


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