10 000 auteurs publient un livre “vide” pour protester contre l’IA
En guise de protestation contre l'utilisation de leurs œuvres dans l'entraînement de l'IA, des auteurs écrivent un ouvrage presque vide. Ils sont environ 10 000 à avoir participé au projet.

L'entraînement des modèles d'intelligence artificielle est une question très épineuse. Pour devenir plus performante, l'IA a besoin de données. Sauf que certaines sont protégées par des droits d'auteur. Le problème, c'est que les grandes entreprises n'hésitent pas recourir à des méthodes très discutables pour ne pas avoir à payer de licence d'utilisation. L'an dernier, Anthropic, derrière l'IA Claude, a réglé une affaire l'accusant d'avoir piraté des livres en versant 1,3 milliard d'euros aux plaignants.
Mais le débat est loin d'être clos. Au Royaume-Uni, le gouvernement doit se réunir le 18 mars prochain pour décider si oui ou non il faut assouplir la loi sur les droits d'auteur. Certains proposent de laisser les IA accéder aux œuvres protégées sans permission, à moins que l'auteur indique explicitement qu'il ne le souhaite pas. Face à cette possibilité, le compositeur Ed Newton-Rex a lancé une initiative prenant la forme d'un livre intitulé “Don't steal this book” (Ne volez pas ce livre). Environ 10 000 auteurs y ont participé, et pourtant il ne raconte rien.
Un livre “blanc” pour protester contre l'entraînement de l'IA sur des œuvres protégées
L'ouvrage est en réalité un enchaînement de noms et prénoms, ceux qui ont rejoint le projet de Newton-Rex. On y trouve entre autres Kazuo Ishiguro, Richard Osman ou Malorie Blackman. Pour cette dernière, “il n’est absolument pas déraisonnable d’attendre des entreprises spécialisées en IA qu’elles paient pour l’utilisation des ouvrages des auteurs“. L'instigateur du livre va plus loin en accusant le secteur d'être “bâti sur des travaux volés […] pris sans autorisation ni rémunération“.
Il ajoute que ce n'est pas “un crime sans victime : l'IA générative concurrence les personnes dont elle s'appuie sur le travail, les privant ainsi de leurs moyens de subsistance. Le gouvernement doit protéger les créateurs britanniques et refuser de légaliser le vol de leurs œuvres par les entreprises d'IA“. Du côté des élus, un porte-parole affirme que l'objectif est “un régime de droit d'auteur qui valorise et protège la créativité humaine, qui soit digne de confiance et qui libère l'innovation“.
Source : The Guardian