Bitcoin vs Ethereum : quelle est la différence ?

Maj. le 19 janvier 2018 à 12 h 03 min

Le Bitcoin fait beaucoup parler de lui depuis quelques temps, et dans son sillage d’autres cryptomonnaies, parfois appelées altcoins comme l’Ethereum. La multiplicité de ces monnaies virtuelles peut créer de la confusion, surtout lorsque l’on ne regarde pas de près ce qui les différencie. Le Bitcoin créé en 2009 a démontré la puissance du système du blockchain pour gérer un système complexe de transactions sécurisées. L’Ethereum, créé en 2015, s’est construit sur le succès du blockchain, mais n’exploite plus uniquement sa puissance pour réaliser des transactions financières. On détaille ici quelles sont les principales différences entre Bitcoin et Ethereum. 

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On entend beaucoup parler du Bitcoin et de l’Ethereum, mais qu’est-ce qui différentie ces deux cryptomonnaies, et pourquoi la seconde suscite-t-elle au juste un intérêt croissant ? Les cryptomonnaies se sont taillées une réputation depuis les premiers échanges en Bitcoin en 2009. C’est d’ailleurs cette cryptomonnaie qui a lancé la révolution du blockchain. Un système décentralisé de transactions financières, reposant sur un réseau de particuliers qui minent, c’est à dire résolvent des opérations mathématiques complexes pour faire fonctionner le système, en échange de Bitcoins.

Le Bitcoin précède historiquement l’Ethereum

L’intérêt du système de blockchain, c’est qu’il remplace tous les intermédiaires généralement nécessaires pour établir une confiance dans les transactions. Certaines informations, comme les montants qui transitent d’une adresse de portefeuille à une autre sont publiques ce qui permet facilement de vérifier si une transaction a bien été effectuée. Le blockchain gère un nombre qui sera à terme fini de Bitcoins introduisant une notion de rareté. Ainsi, en plus d’être un moyen de paiement, le Bitcoin est aussi un investissement – certains avertissent néanmoins des risques et préfèrent la comparaison avec un jeu d’argent. Le cours de la cryptomonnaie a d’ailleurs flambé passant en l’espace de deux ans de quelques centaines d’euros à plus de 10.000 euros aujourd’hui.

Il attire aujourd’hui quelques investisseurs institutionnels qui souhaitent créer des produits sur les marchés classiques basés sur le cours du Bitcoin. En outre, le Bitcoin est open source, ce qui signifie que tout le monde peut voir son code, et proposer des améliorations. Mais aussi l’utiliser pour créer d’autres cryptomonnaies. C’est parce que le code source du Bitcoin, ou plutôt de la technologie du blockchain est open source que d’autres cryptomonnaies se sont rapidement créés dans son sillage. Ethereum en est justement un bel exemple depuis sa création en 2015. Ethereum a quelques originalités par rapport au Bitcoin.

Ethereum vs Bitcoin : abondance vs rareté

Il y aura à terme un nombre fini de Bitcoins – environ 21 millions. Ceux-ci sont créés progressivement par les miners en échange de la mise à disposition de leur capacité de calcul pour le réseau. C’est plutôt une bonne chose pour stocker de la valeur – bien que cela ne garantit pas non plus que celle-ci restera élevée : la valeur du cours relèvera toujours de l’offre et de la demande, autrement dit il faut que suffisamment de gens soient prêts à acheter les Bitcoins à un certain prix pour que la cryptomonnaie ait un certain cours.

L’Ethereum, lui, ne cherche pas à créer de rareté avec l’Ether, sa cryptomonnaie. De nouvelles unités seront débloquées indéfiniment. D’ailleurs Ethereum ne fait pas fonctionner que l’Ether, qui n’est qu’une modalité pour faire fonctionner son système transactions de contrats intelligents – il permet aussi de créer des applications décentralisées. Avec cette approche, le cours de l’Ether a lui aussi explosé, et à la mi-2017 Ethereum dépassait le Bitcoin en termes de volume de transactions – en partie aussi grâce aux smart contracts.

Et cela ne semble pas prêt de s’arrêter avec aujourd’hui deux fois plus de transactions en Ether qu’en Bitcoin. Ce qui plaît à ses utilisateurs, c’est son optimisation : les transferts sont plus rapides et moins chers que ceux en Bitcoins. L’utilisateur choisit d’ailleurs lui-même le montant des frais – s’il choisit des frais en dessous du cours moyen, l’exécution prendra davantage de temps.

L’Ethereum est une plateforme aux usages multiples : cryptomonnaies, contrats sécurisés, jeux d’argent, crowdfunding, entreprises…

On vous le disait plus haut, l’Ethereum est davantage une façon plurielle d’utiliser le système de Blockchain aussi bien pour sa propre cryptomonnaie ad hoc, l’Ether, que d’autres cryptomonnaies qui utilisent le même Blockchain et surtout des systèmes de contrat sécurisés qui permettent de mettre en place à moindre frais des structures et des systèmes qui auraient besoin normalement de coûteux intermédiaires pour fonctionner. L’Ether n’est d’ailleurs pas la seule monnaie ad-hoc d’Ethereum, il y a aussi le Gaz qui sert uniquement à régler les frais de transactions (en Ether).

Le cours du Gaz est pour l’instant extrêmement bas ce qui garantit des transactions extrêmement bon marché. On peut dire que le gros atout de l’Ethereum sur le Bitcoin c’est qu’il est capable de tout faire. Notamment des contrats dits intelligents, qui se déclenchent lorsque certaines conditions sont remplies. Cela permet de bâtir des structures voire des firmes complexes, par exemple des entreprises où tout l’aspect de gestion des transactions serait opéré de façon entièrement automatisée. Résultat : moins de frais, pas de risque de magouilles, plus de confiance…

L’Ethereum est beaucoup moins énergivore que le Bitcoin

On parle peu de cet aspect des cryptomonnaies, mais celles-ci sont redoutables pour l’environnement, en particulier le Bitcoin. Le système absorbe en effet 37 térawatts-heures d’électricité par an, soit à peu près ce que consomme un pays comme le Qatar. Cela s’explique assez simplement : le minage repose sur la participation de nombreux particuliers et fermes d’unité de calcul ASIC plus industrielles à travers le monde. Plus l’intérêt autour de la cryptomonnaie augmente, plus celui des miners grimpe aussi. Hélas il est compliqué et coûteux de miner des Bitcoins dans des conditions rentables, et économiques énergiquement.

Cela n’empêche pas des millions de personnes de brancher des machines peu optimisées pour cette tâche. En comparaison, l’Ethereum ne consomme que 9 térawatts-heure soit seulement la consommation électrique d’un pays comme le Costa Rica. Mais les concepteurs d’Ethereum souhaitent encore diminuer cette empreinte en passant à un nouveau système de minage, toujours décentralisé mais moins atomisé, c’est à dire avec moins d’acteurs. Le système c’est celui du Proof-of-Stake. Pour faire simple, il s’agit de favoriser les mineurs qui ont déjà gagné la guerre du mining. Et qui utilisent donc un matériel adéquat.

Ethereum vs Bitcoin : deux objectifs différents qui rendent les deux cryptomonnaies très intéressantes pour investir

Finalement la plus grosse différence entre le Bitcoin et l’Ethereum, c’est son objectif : le Bitcoin a montré la voie, en créant une nouvelle unité de valeur ex-nihilo basée sur cet innovant système qu’est le blockchain. Ethereum est une technologie de pointe que des entreprises et des particuliers peuvent utiliser comme de véritables outils de gestion, et de transaction. Un groupe, l’Entreprise Ethereum Alliance s’est d’ailleurs créé pour démocratiser la technologie de blockchain d’Ethereum – un projet soutenu par de nombreuses entreprises parmi les 500 plus riches de la planète. L’intérêt pour ces firmes, c’est la possibilité de créer des applications d’entreprise extrêmement complexes et entièrement automatisées.

Demain, ces applications pourraient même se substituer à des entreprises telles qu’Uber par exemple : le réseau de VTC prélève une partie de la course pour réaliser des profits. Une entreprise VTC entièrement sous Ethereum pourrait automatiser toutes les opérations de telle sorte qu' »Uber » ne serait plus vraiment nécessaire. Les chauffeurs pourraient ainsi espérer payer moins cher pour leur infrastructure et éviteraient tout risque d’abus de la part de leur « employeur« . On peut également imaginer des alternatives a Kickstarter où la somme d’argent se débloque automatiquement arrivée à son objectif.

On pense déjà à l’utiliser pour l’internet des objets, dans la distribution alimentaire, pour la fixation des prix de l’énergie ou encore sur des sites de paris sportifs. Et c’est ce qui en fait justement une valeur de choix pour investir : l’Ethereum fait déjà tout ce que fait le Bitcoin, mais a pour lui son efficience, le coût réduit de ses transactions et de son bilan environnemental. Ainsi que la capacité de créer des contrats intelligents basés sur le blockchain. Alors que le Bitcoin explose en valeur depuis quelque temps, l’Ethereum représente une alternative moins chère, et et qui semble pourtant plus prometteuse.

D’autant qu’elle semble encore plus éloignée de son plein potentiel que le Bitcoin. Son cours relativement bas ne doit pas faire perdre de vue qu’il représente aujourd’hui un énorme volume de transactions, et ses usages multiples ne devraient pas faire mentir la tendance à moyen-terme. Et vous, avez-vous investi dans le Bitcoin et/ou dans l’Ethereum ? Faites-nous part de vos retours dans les commentaires de cet article !

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