Zone-Telechargement, c’est fini : la justice ordonne aux opérateurs de complètement bloquer le site pirate
Nouveau coup dur pour les utilisateurs de Zone-Telechargement. La justice française condamne encore une fois le site pirate au blocage par les opérateurs, aux côtés de huit autres plateformes similaires.

La sempiternelle guerre entre sites pirates et ayants droit suit son cours, laissant de nouvelles victimes dans son sillage. Le 29 janvier dernier, plusieurs acteurs et représentants de l'audiovisuel français ont saisi la justice pour exiger le blocage de plusieurs plateformes de téléchargements populaires dans l'Hexagone. Après quelques semaines d'enquêtes et quelques procès-verbaux particulièrement édifiants, le verdict a été rendu ce 26 mars par le tribunal judiciaire de Paris, d'après une information de nos confrères de Clubic.
Au total, ce sont ainsi neuf sites pirates qui seront bloqués d'ici quelques jours par les opérateurs. Parmi eux, on retrouve une véritable institution du téléchargement illégal français, maintes fois visée par les ayants droit : Zone-Telechargement. Voici donc la liste complète des sites qui seront prochainement bloqués par les FAI :
- Zone-Telechargement
- AfterDark
- FrFlix
- HydraFlix
- MoiFlix
- Nakios
- NoctaFlix
- VidLink
- WatchTV
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Zone-Telechargement et huit autres sites pirates bientôt bloqués sur ordre de la justice
Ce n'est pas la première fois que Zone-Telechargement se retrouve ciblé par les ayants droit. Le site a même plusieurs fois fermé ses portes, avant de renaître de ses cendres à peine quelques mois plus tard. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de le mettre définitivement à pied. En 2017 déjà, la plateforme faisait face à ses premières menaces de blocage, tandis que celle-ci a un temps été complètement inaccessible depuis Google Chrome. Il faut dire qu'avec ses 29 000 films et près de 5 000 séries mis à disposition pour 161 000 visiteurs uniques par mois, il y a de quoi s'attirer les foudres de l'ensemble du secteur audiovisuel.
Cette fois, le site et ses compères ne faisaient pas vraiment le poids face à la véritable armée qui s'est formée contre eux. L'initiative a d'abord été lancée par la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF), le Syndicat de l'édition vidéo numérique (SEVN), l'Association des producteurs indépendants (API), l'Union des producteurs de cinéma (UPC) et le Syndicat des producteurs indépendants (SPI), avant d'être rapidement rejoints par nul autre que Disney et Gaumont, dont les films et séries sont très présents sur les sites visés, ainsi que par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).
La coalition n'a rien laissé au hasard. Cette dernière a demandé à l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle (ALPA) de dresser deux procès-verbaux pour chacun des sites incriminés, afin d'une part de déterminer leur fonctionnement précis, mais surtout d'autre part la part de contenus hébergés sans autorisation, soit concrètement les films et séries piratées et téléchargeables gratuitement par les internautes. Les résultats de l'enquête sont sans appel.
Dans tous les cas, plus de la moitié des contenus hébergés par les sites a été piratée, affirme l'ALPA. Certains ne tentent même pas de faire un tant soit peu dans la légalité, comme MoiFlix qui comprend pas moins de 99,9 % de contenus volés, ou encore Noctaflix avec seulement 7 % de contenu légal. Certaines œuvres sont d'ailleurs largement représentées sur chacune des plateformes, telles que Stranger Things, Squid Game ou encore Arcane. Ce n'est même pas la seule chose que l'on peut leur reprocher, puisque tous ont bien évidemment “oublié” d'ajouter les mentions légales réglementaires — qui permettraient en réalité de retrouver la trace de leurs propriétaires.
Autant dire que les plaignants n'ont eu aucun mal à convaincre le tribunal. Si ce n'est pas déjà fait, les opérateurs n'ont donc plus que quelques jours pour bloquer les 29 noms de domaine cités dans le dossier. À noter que ce dernier n'est pas définitif et ne sera effectif que sur une durée de 18 mois. Néanmoins, difficile d'imaginer que les ayants droit acceptent sans broncher le retour des sites pirates une fois cette période passée. Le blocaque, quant à lui, sera appliqué sur l'ensemble du territoire français.
