L’Asus ProArt PZ14 est un PC portable transformable en tablette, grâce à son clavier Bluetooth détachable. Il est doté d’un écran OLED antireflet de 14 pouces et du processeur Qualcomm Snapdragon X2 Elite. Nous l’avons testé et vous en proposons un tour d’horizon complet.
La gamme de PC portables ProArt d’Asus regroupe plusieurs configurations spécialement conçues pour répondre aux besoins des créateurs en tout genre :
- Un modèle 16 pouces “classique” (Référence P16), qui se distingue par son GPU Nvidia GeForce RTX 5070.
- Deux modèles 13,3 pouces (PX13), équipés d’un écran tactile pivotant sur 360 degrés. L’un d’eux dispose de finitions et d’un équipement spécifiquement conçu pour être utilisé avec une caméra d’action GoPro. Ils supportent jusqu’à 128 Go de mémoire !
Ces trois PC portables sont équipés d’un DialPad, une roue tactile, située dans le coin du pavé tactile, qui facilite l’utilisation de certaines fonctions dans les applications graphiques de la suite Adobe, par exemple.
Le ProArt, qui nous intéresse aujourd’hui, le PZ 14, en est dépourvu. Et pour cause ! Il s’agit en fait d’une tablette, au format 14 pouces, pouvant fonctionner avec un clavier Bluetooth, fourni en standard, et un stylet. D’autre part, contrairement aux trois autres ProArt, qui sont propulsés par une puce AMD Ryzen AI, le PZ14 exploite un processeur Qualcomm.
Le cocktail préparé par Asus est-il une réussite ? Cette tablette hybride sous Windows fournit-elle les outils et la puissance indispensables aux graphistes, vidéastes et autres aficionados de l’intelligence artificielle ? C’est ce que nous allons voir.
Prix et disponibilité
Sur le site du constructeur, le ProArt PZ 14 est proposé à 2150 €. Ce prix est élevé, pour une configuration qui n’embarque que 32 Go de mémoire et 1 To d’espace de stockage. D’autant que le stylet n’est pas fourni en standard.
En cadeau, Asus offre un sac de transport (jusqu’à fin août 2026).
La principale concurrente n’est autre que la Surface Pro (12e édition) de Microsoft. Pour 2199 €, celle-ci intègre un écran OLED, le même processeur Qualcomm Snapdragon X2 Elite (mais un modèle à seulement 12 cœurs), 16 Go de mémoire et un SSD de 1 To. Et sans clavier ni stylet. Le pack contenant ces deux accessoires est proposé pour la coquette somme de 478 €.
Design
La tablette Asus ProArt PZ14 est livrée avec deux accessoires :
- Un clavier Bluetooth amovible
- Un étui, avec béquille orientable. Pratique pour exploiter la tablette comme un moniteur, alors qu’on utilise le clavier et la pavé tactile à distance (posé sur ses genoux par exemple).

Elle mesure 32 x 20 cm, pour une épaisseur de 0,9 cm (tablette) ou de 1,8 cm (avec clavier et étui). D’autre part, son poids est de 830 grammes, ou 1,56 kg si on tient compte de son clavier et de son étui / béquille.
Dans les deux cas, la ProArt PZ14 s’avère assez lourde. Par exemple, des ultrabooks récents au format 16 pouces ont un poids équivalent (1,55 kg pour l’Acer Swift 16 AI ou 1,65 kg pour le Dell XPS 16).
On peut également citer la tablette Huawei MatePad Pro Max, légèrement plus petite (13,2 pouces), mais bien plus fine (4,7 mm seulement) et légère (509 gr / 948 gr).
La tablette dispose de bords arrondis, ce qui rend sa prise en main agréable. De plus, ses deux accessoires sont maintenus par une puissante aimantation, qui assure une bonne cohérence à l’ensemble.

Grâce à cette conception, l’Asus ProArt PZ 14 offre une plus grande polyvalence qu’un ultrabook “classique”. En effet, on peut tout d’abord l’utiliser en mode tablette, pour lire ses mails ou parcourir des sites Web.
Ensuite, la tablette peut être posée sur un bureau – avec juste sa béquille – pour regarder une vidéo par exemple. Enfin, son clavier, elle se transforme en véritable PC portable, afin de travailler (de préférence avec une souris Bluetooth).
L’un des inconvénients de ce format tablette réside dans la pauvreté de la connectique. Car, on ne dispose que de deux ports USB C. C’est comme la Surface de Microsoft, et donc pas terrible. Au mieux, on peut recharger la ProArt PZ14 tout en connectant une clé USB ou une imprimante.
Pour utiliser les deux en même temps, il faut connecter un réplicateur de port. Ce dernier facilitera la connexion d’un moniteur doté d’une entrée vidéo HDMI. C’est toujours pratique, lorsqu’on chez soi et qu’on désire bénéficier d’un meilleur confort d’affichage, par exemple pour retoucher des photos.
Derrière un cache en plastique, se trouve lecteur SD, qui peut être exploité par les possesseurs d’appareils photo numériques ou de caméras, pour transférer rapidement les images qu’ils ont capturées quelques minutes auparavant.
Rappelons qu’un ultrabook “traditionnel”, au format 14 pouces, comporte – au moins – un port USB A supplémentaire, ainsi que la sortie vidéo HDMI 2.1.
Le tout est complété, pour les transferts de données sans fil, par les technologies Wi-Fi 7 et Bluetooth 5.4. De plus, pour la sécurité, on peut compter sur le capteur photo frontal et son capteur infrarouge (le lecteur d’empreintes digitales est absent).
La tablette Asus ProArt PZ14 est certifiée IP52, ce qui signifie qu’elle n’offre pas une grande résistance à l’eau. Cela devrait toutefois suffire pour l’utiliser sous la pluie, sans craindre de dysfonctionnement. D’autres tablettes offrent une étanchéité un peu plus prononcée. Par exemple, la récente Xiaomi Pad 8 est certifiée IP54.
D’autre part, si on désire écouter de la musique sans casque, les deux haut-parleurs de la tablette se comportent de façon satisfaisante. Ils s’avèrent toutefois plus efficaces lorsqu’on regarde des vidéos que pour écouter de la musique. Car, dans ce cas, le son manque de basses et de largeur.
Le clavier qui accompagne la tablette ne comporte pas de pavé numérique (ce qui est plutôt normal pour un configuration au format 14 pouces). En revanche, il a l’avantage d’offrir des touches rétro éclairées, ainsi qu’un pavé tactile. Outre le déplacement du curseur à l’écran, ce dernier permet de modifier rapidement le volume sonore ou la luminosité d’affichage, juste en faisant glisser l’index sur ses bords.
En outre, le clavier bénéficie d’une belle finition, avec en particulier un repose-poignet en cuir, avec une texture douce, chaleureuse et donc agréable.
On note enfin que l’étui / béquille comporte un logement, où peut être posé le stylet, afin de se recharger. De plus, cet emplacement réduit les risques de perte de ce dernier.
OS et applications
Le ProArt PZ14 fonctionne sous Windows 11, ce qui le rend plus proche de la Surface Pro de Microsoft, que des autres tablettes sous Android. Outre l’application MyAsus, que l’on rencontre sur tous les ordinateurs portables du constructeur, et qui permet de gérer tous les paramètres du PC portable, comme l’affichage ou les performances, d’autres logiciels sont préinstallés.
Tout d’abord, l’application Creator Hub, apparaît comme une sorte de version design de MyAsus, avec – en plus – quelques options concernant la gestion des couleurs et la possibilité de créer des groupes d’applications, qui seront lancées simultanément, en un seul clic. On note qu’une touche du clavier permet d’accéder rapidement au Creator Hub.
On trouve également ScreenXpert, une petite fenêtre qui apparaît dans le coin inférieur droit de l’écran, et par l’intermédiaire de laquelle on peut – entre autres – couper le micro ou modifier le profil colorimétrique de l’affichage.
L’application StoryCube facilite – grâce à l’IA – le stockage, l’organisation et la recherche d’images ou de séquences vidéo. Enfin, MuseTree permet de générer des images par l’Intelligence Artificielle, par l’intermédiaire d’un prompt ou d’un croquis, réalisé directement à l’écran à l’aide du stylet (ou à la souris si on est très doué).
Affichage
Un des principaux points forts du ProArt PZ14 d’Asus réside dans sa dalle OLED de 14 pouces. Au format 16:10, cette dernière affiche des images dans une haute définition de 2880 x 1800 pixels. Si sa fréquence maximale est de 144 Hz (ce qui n’est pas d’une grande utilité par rapport au mode 120 Hz), deux autres possibilités nous sont offertes : opter pour un taux de rafraîchissement fixe, de 60 Hz, ou laisser le système choisir le taux de rafraîchissement (fréquence dynamique de 48 Hz à 144 Hz).
Pour ce qui est des performances d’affichage de la dalle, le constructeur annonce une luminosité standard de 500 nits, avec un pic HDR pouvant grimper jusqu’à 1000 nits. Et c’est ce que nous avons pu vérifier à l’aide de notre sonde (480 nits). Si c’est suffisant pour travailler en intérieur, la lisibilité devient plus compliquée en extérieur. Car, même en ayant activé la Luminosité automatique, la luminosité plafonne à 500 nits, ce qui s’avère trop peu.
Dans la section relative à l’affichage, dans l’application MyAsus, il est possible – lorsqu’on se trouve en mode SDR – de sélectionner divers profils colorimétriques. Toutefois, si on garde celui qui est utilisé par défaut (mode Normal, avec gamme de couleurs Native – Couleurs vives), la colorimétrie est excellente : Delta E moyen de seulement 1,2 et température moyenne des couleurs de 6684 K (très proche de la neutralité parfaite)(6500 K).
Et le tableau est encore meilleur si on bascule en mode HDR, puisque le Delta E moyen passe à 0,9, avec une température moyenne des couleurs de 6564 K. Autant rester tout le temps dans ce mode !
De plus, le gros avantage de la dalle OLED du ProArt PZ14 réside dans son traitement antireflet. Celui-ci s’avère d’une grande efficacité, pour peu qu’on regarde l’écran bien en face. Dans ce cas, les zones noires de l’image ne sont pas envahies de nombreux reflets perturbateurs. D’après Asus, la réflectivité de la dalle OLED est réduite de 65 %.
En pratique, la technologie employée s’avère quasiment parfaite. Si quelques reflets sont encore effectivement visibles (la matité n’est pas totale), il n’y a rien à voir avec un écran OLED ne disposant pas de ce type de traitement. Signalons que la récente tablette Xiaomi MatePad Pro Max, elle aussi commercialisée avec un clavier Bluetooth, exploite quant à elle une dalle OLED totalement mate.
Performances
L’Asus ProArt PZ14 est doté du processeur Qualcomm Snapdragon X2 Elite. Il s’agit précisément du modèle X2E-88-100, qui embarque pas moins de 18 cœurs (18 threads), dont les 12 les plus rapides fonctionnent à 4,0 GHz (3,4 GHz pour les 6 autres). De plus, en mode mono ou dual core, la fréquence de s coeurs peut grimper jusqu’à 4,7 GHz.
Avec 32 Go de mémoire maximum, la tablette fait face à une limitation si on doit entreprendre des tâches graphiques très lourdes. Le processeur Qualcomm est à comparer aux puces Core Ultra de 3e génération d’Intel ou celles signées AMD, présentes dans les autres ultrabooks haut de gamme.
On constate alors que ses performances en termes de calculs purs (Geekbench / Cinebench) sont très bonnes. La puce obtient d’excellents résultats en mode mono cœur, puisqu’ils sont supérieurs aux scores obtenus avec les processeurs Core Ultra de troisième génération d’Intel (X7 358H ou X9 388H) ou les dernières puces AMD (Ryzen AI 9 HX 470). Et, en mode multicœurs, le Snapdragon XC2 Elite s’avère quasiment au même niveau que ses concurrents.
Si la partie CPU du Snapdragon X2 Elite s’avère convaincante, le GPU Adreno X2-90, dont la fréquence peut atteindre 1,7 GHz, ne soutient pas la comparaison avec les meilleurs iGPU Intel (Arc B390, présent dans les Core Ultra X7 et X9) ou AMD actuels (Radeon 8060S). On note que le Radeon 8060S, qui est intégré à la puce AMD Ryzen AI Max+ 395, est présent dans les deux versions 13,3 pouces de l’Asus ProArt.
C’est loin d’être l’idéal si on désire jouer de temps à autre, pour se détendre. Par exemple, avec le jeu Black Myth Wukong, le benchmark interne montre que le GPU n’est capable de générer qu’une trentaine d’images par seconde (32 précisément), avec les paramètres automatiquement utilisés (niveau graphique le plus faible et définition de 1920 x 1200 pixels).
Un autre problème potentiel de la puce Qualcomm réside dans son architecture ARM (et non X86 comme celles des puces Intel et AMD), qui peut causer des soucis de compatibilité avec certaines applications. Par exemple, si on lance le jeu Fortnite, tout se passe à peu près bien. Même si les graphismes apparaissent parfois très grossiers, la fluidité des animations est au rendez-vous (en basse qualité et avec une définition Full HD).
Du moins, jusqu’à ce que le jeu plante ! Et nous avons pu constater des plantages inopinés similaires avec le jeu Black Myth Wukong. Bref, la configuration n’est pas vraiment recommandée si on aime les jeux AAA. Heureusement, les applications plus sérieuses, comme celles de la suite Adobe Creative Cloud, sont optimisées pour le processeur ARM.

Enfin, le NPU Hexagon du Snapdragon X2 Elite X2E-88-100 délivre une puissance de calculs IA de 80 TOPS. C’est mieux que les NPU intégrés aux dernières puces Intel et AMD. En revanche, Qualcomm n’indique pas la puissance IA totale, délivrée par le CPU, le GPU et le NPU (172 TOPS pour le Core Ultra X7 358H et 126 TOPS pour l’AMD Ryzen AI MAx+ 395).
De toute façon, si on désire absolument bénéficier des meilleures performances, à la fois pour les calculs graphiques et ceux liés à l’IA, il est préférable de se tourner vers le ProArt P16, et son GPU GeForce RTX 5070. Car la puissance de 80 TOPS, offerte par le NPU du processeur Qualcomm, ne représente qu’un dixième des 798 TOPS apportés par le GPU Nvidia.
Endurance
La batterie du ProArt PZ14 a une capacité de 75 Wh. Faute de pouvoir utiliser le test d’autonomie de l’application PC Mark (qui ne fonctionne pas avec un processeur ARM), nous avons simulé une séance de travail / divertissement, d’une durée de 4 heures, durant laquelle nous avons finalisé la rédaction de cet article, retouché quelques photos, regardé quelques vidéos YouTube, tout en écoutant de la musique douce (du black métal bien sûr !) et en consultant occasionnellement les mails, les réseaux sociaux et des sites Web. Le tout avec quelques courtes pauses.
Au terme des quatre heures, le niveau de la batterie – qui était chargée à 100 % au départ – n’était plus que de 57 %. On peut donc estimer pouvoir travailler un peu moins d’une dizaine d’heures, ce qui est suffisant pour assurer une grosse journée d’utilisation (assez intensive, néanmoins).
Le constat légèrement meilleur, si on mesure l’autonomie de la configuration pour le streaming vidéo. En effet, selon nos conditions de test (250 nits, 60 Hz), celle-ci est d’un peu plus de 14 heures. Sans être catastrophique, ce résultat s’avère plutôt faiblard, par rapport à la vingtaine d’heures mesurée sur les ultrabooks les plus endurants en la matière.
Pour redonner toute sa jeunesse à la batterie, il faut utiliser un chargeur USB C (non fourni). Nous avons utilisé un adaptateur filaire d’une puissance de 140 W (le ProArt PZ 14 supporte une puissance maximale de recharge de 100 W). Celui-ci a permis de recharger la batterie à hauteur de xx % en 30 minutes, puis à hauteur de yy % en une heure.
Photo
Prendre des photos avec une tablette n’est pas chose aisée. Surtout quand, comme c’est le cas de la ProArt PZ14, son format et son poids sont trop importants. Toutefois, l’objectif dorsal, et son capteur de 13 mégapixels peuvent dépanner pour immortaliser un évènement familial.
À l’avant, le capteur de 8 mégapixels, quant à lui, permet de réaliser des selfies précis (définition 4K, soit 3840 x 2160 pixels, au format 16:9) ou de se filmer, dans le cadre d’une communication visuelle. Dans ce cas, si les vidéos ne peuvent être capturées qu’avec 30 images par seconde, leur définition peut atteindre 1440p. Et si on décide d’utiliser le capteur arrière pour capturer une séquence vidéo, elle peut être réalisée en 4K.
Et, comme on peut le voir sur les quelques exemples ci-dessous, même si leur précision n’est pas renversante, les photos s’avèrent d’assez bonne qualité. Toutefois, le module photo de Windows 11 s’avère nettement moins pratique à utiliser que celui d’un smartphone sous Android.




Alors, on achète ?
Sans son stylet, le ProArt PZ14 n’est qu’un PC portable sous Windows, transformable en tablette (ou le contraire !). Or, les configurations de ce type se comptent sur les doigts d’une main qui a perdu 3 doigts ! En effet, la seule alternative est la (très onéreuse) Surface de Microsoft (avec écran LCD et processeur Intel Core Ultra 5 Gen 3 pour la 12e version, ou un écran OLED et un Core Ultra 7 Gen 2, pour la tablette de 11e génération).
En définitive, le ProArt PZ14 séduit lorsqu’il s’agit de se divertir ou de travailler. Car la configuration bénéficie d’un clavier détachable efficace et d’un écran OLED redoutablement convaincant, en raison de son traitement antireflet. Le principal souci, c’est son processeur ARM Qualcomm Snapdragon X2 Elite (et surtout son GPU), peu adapté aux jeux et à la compatibilité x86 incomplète.























