Un design premium, un affichage OLED mat et une productivité digne d'un PC sont les principaux arguments mis en avant pour promouvoir la nouvelle MatePad Pro Max de Huawei. Cette tablette haut de gamme se distingue également de ses concurrentes par son système d'exploitation propriétaire, HarmonyOS, et son processeur Kirin maison. En pratique, ça donne quoi ?

Plusieurs éléments sont pris en compte lorsqu'on décide d'investir dans une nouvelle tablette. La plupart sont d'ordre matériel : son design, ses performances, sa qualité d'affichage, son autonomie, etc. Toutefois, l'aspect fonctionnel peut aussi avoir son importance. Et si quasiment toutes les tablettes fonctionnent sous Android, complété d'une surcouche logicielle développée par chaque constructeur, avec – pour chacune – des fonctions ou des applications spécifiques, plus ou moins originales, il existe néanmoins quelques exceptions.
La première concerne les PC portables dits transformables en tablette (avec un clavier détachable), à l'instar de la Surface de Microsoft, qui fonctionnent sous Windows. Le constructeur chinois Huawei en est une autre. Depuis ses déboires avec le gouvernement américain, qui lui ont valu l'interdiction d'utiliser le système et les applications de Google, Huawei a dû trouver un plan B pour s'adapter. Ainsi est né le système d'exploitation HarmonyOS, qui est présent sur la tablette MatePad Pro Max.

Nous allons donc passer en revue tous les aspects de cette nouvelle tablette haut de gamme. Son équipement est-il à la hauteur de son prix ? Et – surtout – comment la MatePad Pro Max s'en sort-elle lorsqu'il s'agit d'offrir un environnement de travail et de divertissement, sans faire appel à Android ?
Prix et disponibilité
La Huawei MatePad Pro Max est disponible en deux versions :
- La première dispose de 12 Go de mémoire et de 256 Go d'espace de stockage. Elle est fournie, avec son étui, pour 999 €.
- La seconde embarque toujours 12 Go de mémoire, mais avec cette fois 512 Go de stockage. De plus, elle est accompagnée du clavier / étui Glide Keyboard. L'ensemble est proposé à 1200 €.
Dans les deux cas, le constructeur offre le stylet M-Pencil Pro Blanc (d'une valeur de 130 €), ainsi qu'une extension de garantie 12 moins (ce qui fait 3 ans au total).
Et, il s'agit d'une version Wi-Fi (la connectivité 5G n'est pas à l'ordre du jour).

Parmi les tablettes grand format concurrentes, on peut citer les modèles suivants :
- Honor MagicPad 4. Lancée à 700 € avec 12 Go / 256 Go, et à 800 € en 16 Go / 512 Go, son écran a une diagonale de 12,3 pouces.
- Lenovo Idea Tab Pro Gen 2. Ce modèle de 13 pouces est commercialisé à 559 € (8 Go / 128 Go), avec un stylet et un étui.
- OnePlus Pad 3. Au format 13,2 pouces, elle a été lancée à 600 € en 12 Go / 256 Go. Le problème, c'est qu'elle n'est désormais disponible que sur les places de marché des grands distributeurs (Fnac, Darty, Amazon, etc.).
- Samsung Galaxy Tab S11 Ultra. Véritable tablette géante, avec son écran de 14,6 pouces, elle est vendue à partir de 1249 €, avec 12 Go de mémoire et 256 Go de stockage.
Du côté de Xiaomi, l'offre est pour l'instant focalisée sur un plus petit format (11,2 pouces), avec la tablette Xiaomi Pad 8 Pro (671 € en 12 Go / 512 Go).

Design et interface
Si la Huawei MatePad Pro Max peut être cataloguée dans la catégorie des tablettes grand format, ce n'est toutefois pas vraiment la sensation que l'on ressent lorsqu'on la saisit. En effet, malgré son grand écran, elle ne mesure que 28,9 x 19,6 cm, pour une épaisseur de seulement 4,7 mm (c'est moins que la Honor MagicPad 4, qui – avec son écran plus petit – était déjà présentée comme ultra fine).
De plus, son poids n'est que de 509 grammes. Et, même avec le Glide Keyboard, son poids demeure inférieur au kilo (948 grammes précisément). Elle s'avère donc plus légère que la plupart des ultrabook au format 13 pouces.
La seconde chose qui saute aux yeux, c'est que le design de la tablette est particulièrement soigné. Son boîtier en aluminium dispose de bords arrondis, ce qui rend la prise en main de la tablette très agréable.

La tablette est déclinée en deux couleurs, en théorie : noir et bleu. Pourtant, sur le site du constructeur, seule la seconde est disponible et c'est celle que nous avons reçue. Et, en fait, il s'agit d'un revêtement bleu clair, qui tire sur le gris et sur lequel les traces de doigts ne sont pas très visibles. Ce dernier offre aussi un effet irisé du meilleur effet (la couleur change légèrement en fonction de l'angle sous lequel on la regarde).
On peut attribuer une mention spéciale pour le bloc optique avec cerclage métallique plutôt séduisant. C'est un détail, mais c'est toujours appréciable de constater que le constructeur a peaufiné le design de cet élément.

Si aucune résistance particulière n'est mise en avant concernant l'étanchéité à l'eau ou à la poussière, Huawei annonce toutefois que la MatePad Pro Max est conçue pour résister aux torsions qu'elle pourrait subir dans un sac.
D'autre part, pour verrouiller l'accès aux applications et aux données, la tablette dispose d'un lecteur d'empreinte digitale, directement intégré au bouton de démarrage. Et malgré les dimensions très réduites de ce dernier, la reconnaissance de l'index gauche (a priori) s'avère rapide et efficace. Le capteur photo avant peut également être mis à profit pour identifier l'utilisateur.
Un autre point sur lequel la tablette MatePad Pro Max s'illustre concerne la qualité audio de ses haut-parleurs. En effet, elle en embarque pas moins de 6, dont 4 exclusivement dédiés aux basses. Il en résulte une puissance et une qualité assez bluffante, pour un appareil de ce gabarit. Dès lors, on se plaît à écouter de la musique et à regarder des films, sans casque.

Enfin, pour assurer des transferts de données sans fil dans les meilleures conditions possibles, la tablette est compatible Wi-Fi 7 et Bluetooth 6.
Le Glide Keyboard qui est fourni avec la tablette, dans sa version haut de gamme, est constitué d'un clavier rattaché à un étui de protection. De couleur blanche, il s'avère assez séduisant, et constitue un complément aussi élégant que pratique.

Il est doté d'un pavé tactile et d'un emplacement permettant de ranger le stylet (et de le recharger au passage). Et, si on utilise le stylet avec la tablette, mais sans le clavier / étui, il suffit de le poser sur le bord supérieur de l'écran. Il y est maintenu par aimantation et se recharge.
En revanche, on peut regretter que Huawei ne fournisse la Glide Keyboard qu'en version QWERTY. De plus, ses touches ne sont pas rétroéclairées. Enfin, l'étui n'autorise qu'un seul angle d'inclinaison. Certes, ce dernier est étudié pour offrir une bonne lisibilité, mais une plus grande flexibilité aurait pu être un plus.

Si, jusqu'à présent, la MatePad Pro Max procure satisfaction sur le plan matériel, son système d'exploitation pourrait dérouter certains utilisateurs de tablettes et de smartphones. En effet, depuis l'interdiction du gouvernement américain, en 2019, le constructeur ne peut exploiter ce qui a été développé par Google. La tablette n'exploite pas Android, mais HarmonyOS 4.3. De plus, par défaut, aucune application de Google n'est présente (YouTube, Maps, Drive, Gmail, Chrome, etc.).
Toutefois, depuis cette date, Huawei a progressivement mis au point ses propres applications, comme Petal Maps (qui remplace Google Maps), Petal Search, Petal Clip (pour faire du montage vidéo), et bien sûr HarmonyOs, pour prendre la place d'Android sur ses produits mobiles. Et si le magasin d'applications de ce nouveau système d'exploitation (AppGallery) n'est pas aussi complet que le Play Store de Google, cela n'est finalement pas très grave.

Car, en pratique, il suffit d'utiliser l'application Gbox pour trouver et installer de nombreuses applications qui ne figurent pas déjà dans AppGallery, y compris celles développées par Google.
Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, nous avons pu installer un grand nombre d'applications très connues et donc souvent utilisées (Chrome, Google Drive, Google Photos, Spotify, Deezer, ChatGPT, Yuka, SNCF Connect, AirBnb, Instagram, YouTube, Netflix, Uber, etc.).
D'autre part, les joueurs seront rassurés de savoir que l'on retrouve la plupart des blockbusters, comme Fortnite, Diablo Immortal, Genshin Impact, Call Of Duty, Asphalt Legend, etc.

Pour le reste, le système HarmonyOS 4.3 s'avère plutôt agréable. Il offre la possibilité d'utiliser des fenêtres volantes, redimensionnables à volonté et d'afficher deux applications simultanément (ce qui s'avère pratique sur un écran de cette taille). Si on ajoute une souris Bluetooth au clavier et au stylet, on obtient un ensemble qui s'utilise un peu comme un PC sous Windows.
De plus, Huawei propose une application de dessin particulièrement convaincante. Appelée GoPaint, elle s'avère parfaitement adaptée au stylet. Ainsi, il suffit de pincer le bout du stylet pour faire apparaître divers outils (et son bouton rapide permet de lancer l'application de son choix). L'application GoPaint met à disposition de nombreux outils pour réaliser des œuvres d'art. Mais, pas d'IA.

Signalons que – bien sûr – le stylet peut aussi être utilisé pour rédiger des notes à l'écran. L'application Notes reconnaît ensuite le texte (si on n'écrit pas trop mal)(des corrections peuvent facilement être réalisées), qui peut alors être copié / collé dans un autre document.
Affichage
La Huawei MatePad Pro Max est équipée d'un écran 13,2 pouces, qui a plus d'une corde à son arc. Ainsi, tout d'abord, il arbore des bordures très fines, tout autour de l'image.
Ensuite, sa dalle OLED délivre une superbe qualité d'affichage. En effet, qui dit OLED, dit aussi taux de contraste quasiment infini (car le noir affiché n'émet aucune lumière). En pratique, notre sonde a mesuré un taux de contraste de 254000:1. C'est sans commune mesure avec la valeur mesurée avec un écran LCD (aux alentours de 1000:1 la plupart du temps).

Visuellement, cela se traduit effectivement par un noir d'une profondeur abyssale, comme sur un écran OLED “classique”. Or, dans le cas présent, la dalle OLED a une particularité : sa technologie Papermatte élimine totalement les reflets, auxquels la grande majorité des autres écrans OLED nous ont habitués. Le rendu visuel s'avère donc impeccable, même lorsque les images affichées comportent des zones sombres. C'est l'idéal pour regarder des films, des séries ou des vidéos YouTube.
Et la lisibilité est optimale lorsqu'on surfe sur le Web ou les réseaux sociaux, de jour comme de nuit. C'est un avantage indéniable sur les dalles OLED traditionnelles, qui ne délivrent leur plein potentiel que dans l'obscurité.

L'écran supporte une haute définition de 3000 x 2000 pixels. D'autre part, l'affichage s'effectue avec un taux de rafraîchissement maximum de 144 Hz. S'il s'agit d'un faible avantage sur le mode 120 Hz supporté par d'autres tablettes, c'est toujours un argument marketing qui peut faire mouche auprès de certains utilisateurs (et ne parlons pas du mode 165 Hz – totalement inutile selon nous – supporté par la tablette Honor MagicPad 4).
Et si le constructeur annonce que la luminosité maximale est 1600 nits (en pic HDR), force est de constater que nos mesures ne sont pas très éloignées. En effet, si on active la Luminosité automatique, la dalle LCD atteint 1378 nits, en mode HDR.

Cette dernière procure un double avantage : la lisibilité en extérieur, sous le soleil, s'en trouve considérablement améliorée et la qualité d'affichage est optimale lorsqu'on regarde un film HDR en streaming.
Si on reste en mode SDR, la luminosité standard est de 590 nits, alors qu'elle grimpe à 865 nits avec la luminosité automatique. De quoi obtenir une excellente luminosité en extérieur (et donc une bonne lisibilité).

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Performances
Si Huawei ne fait aucunement mention du processeur sur son site, on sait qu'il s'agit de la puce Huawei Kirin T93 Pro et que ses performances ne sont clairement pas la préoccupation principale du constructeur.
En effet, les différents benchmarks montrent que la puce Huawei ne soutient pas la comparaison avec les processeurs Qualcomm de la série Snapdragon 8. Par exemple, le Snapdragon 8s Gen 4 présent au sein de la tablette Xiaomi Pad 8 s'avère plus performant, aussi bien en termes de calculs purs (CPU) qu'en termes d'opérations graphiques (GPU).

En toute logique, le Kirin T93 Pro est encore moins convaincant face au Snapdragon 8 Gen 5 de la Honor MagicPad 4. En revanche, la puce Huawei s'avère plus véloce que la puce Mediatek Dimensity 7300 Ultra, que l'on trouve dans certaines tablettes beaucoup plus abordables, comme la OnePlus Pad Go 2.
Cela n'a quasiment aucune répercussion dans le cadre d'une utilisation bureautique ou multimédia de tous les jours (regarder des photos ou des vidéos, surfer sur le Web ou les réseaux sociaux, travailler avec ses fichiers stockés sur Google Drive, etc.), puisque la réactivité est alors tout à fait satisfaisante.
Toutefois, c'est quand il s'agit de jouer que les choses se compliquent. Par exemple, Fortnite ne fonctionne que dans le mode graphique le plus faible et avec un maximum de 30 images par seconde. Toutefois, comme la tablette arrive à bloquer le compteur, quelle que soit la situation, la réactivité en jeu demeure correcte (elle ne nous a pas empêchés de faire quelques victimes). Mais, bien sûr, pour une tablette à ce prix, cela n'est pas acceptable, surtout si on est un joueur invétéré.

Endurance
La batterie qui alimente la MatePad Pro Max a une capacité de 9760 mAh. Elle est donc plus petite que celle de la Honor MagicPad 4 et de la OnePlus Pad Go 2 (10100 et 10500 mAh respectivement). Et cela a donc une conséquence sur l'autonomie de la tablette.
Par exemple, avec le test d'autonomie de l'application PC Mark, la tablette a fonctionné pendant presque 10 heures (9 heures et 50 minutes précisément). Et ce, avec une luminosité d'affichage de 250 nits et un taux de rafraîchissement variable. C'est pas mal.
Ce qui est plus décevant, c'est de constater que – si on fixe la fréquence de l'écran à 60 Hz – l'endurance de la tablette ne progresse quasiment pas. En effet, celle-ci passe à seulement 10h.
Heureusement, la tablette se comporte mieux lorsqu'il s'agit de regarder des vidéos en streaming. En effet, avec une fréquence fixe de 60 Hz, nous avons lu quatre fois un film de 2 heures, ce qui a entraîné une baisse du niveau de la batterie de moitié (48 % exactement). On peut donc facilement tabler sur 16 heures d'autonomie en streaming vidéo, ce qui s'avère un très bon résultat.

La recharge de la tablette s'effectue via un adaptateur filaire d'une puissance maximale de 66 W. Aussi, en activant la Charge Turbo, on obtient une recharge à hauteur de 63 % en seulement 30 minutes, puis à hauteur de 82 % en 40 minutes. La recharge totale est réalisée en moins de 50 minutes. C'est très rapide !
De plus, la tablette supporte une charge inversée, avec une puissance de 40 W. Cela donne la possibilité de mettre à profit (relativement) la grosse batterie de la tablette pour dépanner un appareil mobile à court d'énergie (smartphone, casque audio, enceinte portable, etc.).
Photo
La prise de photos ou la captation de séquences vidéo n'est une des prérogatives principales d'une tablette. Ce rôle incombe plus au smartphone. Sauf peut-être lorsqu'il s'agit de faire des selfies. Néanmoins, la MatePad Pro Max est dotée de deux objectifs.
Le premier, au dos de la tablette, est un grand-angle. Il a une focale de 24 mm, une ouverture de f/1.8, et il est associé à un capteur de 50 mégapixels.

L'interface du module photo nous permet d'utiliser plusieurs niveaux de zooms numériques (de 2x jusqu'à 10x). Celle-ci s'avère assez complète, avec la possibilité d'appliquer des filtres ou de capturer des photos dynamiques. Un mode Clichés nocturnes est également proposé, ainsi que plusieurs options permettant d'embellir les selfies (mais ce ne fut pas nécessaire lors de notre test, bien sûr !).
Par défaut, les photos issues du grand-angle sont capturées en 12,5 mégapixels. Il est toutefois possibilité d'activer le mode Haute résolution pour shooter directement en 50 mégapixels.


Les différentes prises de vue que nous avons réalisées montrent que les images générées sont de bonne qualité, même avec un zoom 2x et 5x. La MatePad Pro Max peut donc parfaitement être utilisée pour faire des photos d'un évènement qui se déroule dans son salon ou son jardin.
L'objectif frontal, quant à lui, fonctionne avec capteur de 12 mégapixels. Et les clichés qu'il produit s'avèrent eux aussi satisfaisants.


Dernier bon point, la tablette peut capturer des séquences vidéo en 4K avec 60 images par seconde, ce qui permet d'obtenir des travelings fluides. Il est aussi possible d'effectuer un panoramique, de filmer au ralenti (720p en 120 ou 480 images par seconde) ou de réaliser une vidéo en Time Lapse.
Alors, on achète ?
Le proverbe “on n'est jamais mieux servi que par soi-même” n'est pas toujours vrai. Car, la tablette MatePad Pro Max ne pèche finalement que par le processeur maison que Huawei est forcé d'utiliser, faute de pouvoir exploiter les puces (américaines) de Qualcomm ou de Mediatek (entreprise taiwanaise qui utilise des technologies d'oncle Sam), pour les mêmes raisons qui font qu'Android est remplacé par HarmonyOs (mais ça, ce n'est pas vraiment pénalisant).
Malgré cela, la tablette haut de gamme cumule les bons points, aussi bien matériels que logiciels. Surtout avec son clavier et son stylet. Son écran OLED mate, ses haut-parleurs et son design, fin, léger et offrant de belles finitions, sont des atouts de poids. Il s'agit sans nul doute d'un appareil parfaitement adapté aux loisirs numériques (sauf les jeux !).




