Riot Games bannit à vie un Youtubeur avec 7 millions d’abonnés de ses jeux après des propos sexistes et toxiques

 

IShowSpeed, Youtubeur probablement mineur culminant à 6,9 millions d’abonnés, vient de se faire bannir à vie de Valorant et de tous les jeux de Riot Games, suite à des insultes sexistes et divers propos toxiques tenus lors d’une session. L’affaire a, comme à son habitude, fait rejaillir l’éternel débat sur le trash talk dans le jeu vidéo.

streamer banni propos sexistes

Depuis toujours, le jeu vidéo, particulièrement en ligne, est gangréné par des utilisateurs toxiques qui n’hésitent pas à afficher publiquement leur haine envers certaines communautés, ou tout simplement leur colère violente. Néanmoins, ce n’est que récemment que les grands noms de l’industrie se sont mis à s’exprimer sur le sujet. En début d’année, Phil Spencer, patron de Xbox, a notamment déclaré qu’il souhaite que les joueurs toxiques soient bannis de toutes les plateformes.

Les éditeurs de jeu vidéo tentent également de faire leur part du travail, à l’instar d’Activision qui bannit régulièrement d’immenses vagues d’utilisateurs tenant des propos problématiques. Sans jamais parvenir à résoudre le problème. Aujourd’hui, ce qui est communément appelé le « trash talk » fait, pour le meilleur et pour le pire, partie intégrante de la culture jeu vidéo. Une culture notamment perpétrée par des Youtubeurs et streamers violents adulés par leur communauté.

Malgré ses 6,9 millions d’abonnés, il se fait bannir de tous les jeux Riot Games

C’est, entre autres, grâce à ses accès de colère aussi soudains que virulents que IShowSpeed s’est fait connaître sur YouTube. À l’heure où sont écrites ces lignes, sa chaîne culmine à plus de 7 millions d’abonnés. Streamant depuis 2016 des jeux aussi variés que Fortnite, NBA 2K ou encore Five Nights At Freddy’s, une constante se dégage malgré tout de ses vidéos : ses propos extrêmement violents envers ses adversaires comme ses coéquipiers.

Son comportement lui a déjà valu d’être banni définitivement de Twitch en décembre 2021 pour avoir menacé en live l’influenceuse Ash Kaash de viol. Mais l’affaire a pris une tout autre ampleur lorsque, ce 6 avril 2022, le commentateur esport Jake Lucky republie sur son compte Twitter un clip d’IShowSpeed durant une session sur le jeu Valorant. Dans la vidéo, on peut voir le Youtubeur insulter violemment une autre joueuse, proclamant plusieurs propos sexistes, l’incitant notamment à « quitter ce foutu jeu et à faire la vaisselle de son mari ».

« Je comprends désormais pourquoi les files d’attente de Valorant sont si incroyablement toxiques », déclare Jake Lucky. « L’un des streamers les plus populaires de YouTube, IShowSpeed, dit des stupidités comme ça et ne reçoit que des éloges et des rires. » S’en est suivi une gigantesque polémique qui est arrivée aux oreilles de Sara Dadafshar, productrice de Valorant. Cette dernière a alors pris la décision de bannir à vie IShowSpeed du jeu, ainsi que de tous les autres titres de Riot Games. YouTube réfléchirait également à des sanctions similaires.

Sur le même sujet : PS5, Xbox Series X, PC — cette IA détecte les comportements toxiques des joueurs en ligne

Le bannissement d’IShowSpeed relance le débat de la toxicité dans les jeux vidéo

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais ce serait sans compter sur la formidable volonté d’Internet de débattre de sujets pourtant difficilement défendables. En effet, cela n’a pas empêché plusieurs influenceurs d’afficher leur soutien à l’ancien streamer, affirmant dans un premier temps que le jeune âge de ce dernier devrait aider à comprendre son comportement irréfléchi. D’autres encore pointent du doigt les nombreuses remarques racistes dont il a été victime suite à l’explosion de l’affaire.

Mais surtout, l’argument principal évoqué par les défenseurs de IShowSpeed est que le trash talk ne serait pas une pratique toxique. Pour beaucoup, les propos tenus ne sont pas réels et doivent être pris en compte dans le contexte du jeu. Ce qui, apparemment, permettrait de justifier les attaques envers les minorités et autres communautés régulièrement ciblées par le cyberharcèlement.

IShowSpeed, de son côté, s’est rapidement excusé suite à la publication du fameux clip, affirmant reconnaître son mauvais comportement.



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