Pour faire renaître le dodo, des scientifiques misent sur une technologie inattendue
Faire renaître une espèce éteinte ressemble encore à un scénario de science-fiction. Une entreprise bien connue pour ses précédents exploits vient pourtant d'annoncer une avancée pour le moins inattendue. Le dodo pourrait bien en être le premier bénéficiaire.

L'impression 3D ne cesse d'élargir son champ d'action. On lui doit déjà des maisons, des prothèses ou des pièces industrielles complexes. Cette technologie soulève aussi des craintes, au point que certaines autorités envisagent de surveiller les imprimantes capables de fabriquer des armes sans numéro de série. Mais elle ouvre surtout des perspectives fascinantes dans des domaines insoupçonnés. La biologie figure désormais parmi eux.
Des chercheurs explorent aujourd'hui l'idée de ressusciter des animaux éteints. Le sujet passionne autant qu'il divise la communauté scientifique. Cette quête spectaculaire rappelle l'effervescence née d'autres trouvailles, comme l'identification surprise de quinze nouvelles lunes autour de Jupiter et Saturne. Cette fois, c'est la résurrection d'espèces disparues qui fait parler d'elle.
Un œuf imprimé en 3D pourrait aider à faire revivre le dodo et le moa
La société Colossal Biosciences affirme avoir mis au point un système d'œuf artificiel. L'invention repose sur un treillis imprimé en 3D, recouvert d'une membrane semi-perméable. Celle-ci laisse passer l'oxygène mais bloque l'humidité. Pour le prouver, les chercheurs ont transféré le contenu d'œufs de poule fécondés dans ces équivalents artificiels. Les poussins ont éclos sans problème. L'entreprise précise que ces œufs peuvent être fabriqués dans n'importe quelle taille.
Colossal Biosciences vise surtout la résurrection d'espèces éteintes, comme le dodo et le moa. Le dodo a disparu de l'île Maurice il y a plus de trois siècles. Le moa, un oiseau géant de Nouvelle-Zélande, s'est éteint encore plus tôt. La firme reconnaît toutefois une limite de taille. On obtiendrait sans doute des animaux ressemblant à ces créatures, sans être totalement identiques. Faire pousser des embryons en œuf artificiel n'a rien de nouveau, la méthode existe depuis 1998. Le problème venait du manque d'oxygène, responsable de nombreux mort-nés. La membrane mise au point par la société apporte justement davantage d'oxygène.
Malgré l'exploit, la prudence reste de mise. Les scientifiques doutent qu'un dodo puisse se développer dans le jaune d'un animal actuel. L'entreprise imagine alors regrouper le jaune de plusieurs œufs en un seul, plus grand. Pour l'heure, cette technologie servirait surtout à protéger des oiseaux menacés. La désextinction du dodo, elle, attendra encore un peu.