Libra : inquiète, la France veut profiter du G7 pour encadrer la cryptomonnaie de Facebook

Depuis son annonce, le projet « Libra » de Facebook ne cesse de susciter les inquiétudes. L’arrivée d’un acteur comme le géant américain sur ce secteur inquiète les régulateurs. Les ministres des Finances du G7, réunis à Chantilly ces deux prochains jours, feront de ce projet leur priorité. Ils veulent plus de détails pour dissiper leurs craintes.

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Le 18 juin 2019, Facebook dévoilait Libra, un projet de cryptomonnaie dont le lancement devrait s’opérer en 2020. À moins que les régulateurs n’en décident autrement. Depuis son annonce, Libra suscite de nombreuses interrogations et craintes, notamment du côté des gouvernements. Alors que David Marcus, responsable du projet, répond aux questions du Sénat aux États-Unis, la France souhaite faire de Libra le principal sujet de discussion pendant le G7. Inquiets, les États veulent encadrer le projet de Facebook.

Libra, une cryptomonnaie pas comme les autres

La dimension systémique du projet dépasse nos préoccupations habituelles liées à la protection du consommateur ou à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il ne faut pas que les régulateurs se retrouvent à la traîne du projet, nous devons en avoir une compréhension commune. – Banque de France, participant au G7 Finances –

La principale inquiétude des États vient de la dimension du projet. Libra, c’est près de 2 milliards d’utilisateurs potentiels dans plusieurs dizaines de pays qui pourront s’échanger de l’argent ou effectuer des achats directement sur Facebook. En résumé, la puissance de Facebook deviendrait phénoménale, à tel point qu’elle fait craindre des répercussions négatives sur les monnaies traditionnelles. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, l’admet :

La ligne rouge pour nous, c’est que Libra ne doit pas devenir une monnaie souveraine. Aucune entreprise ne doit se doter d’une monnaie souveraine. La monnaie, c’est l’attribut des États et cela doit le rester. La régulation de la Libra par les banques centrales sera donc sérieusement étudiée par les ministres des Finances. En effet, ce sont aux banques centrales, les organes publics qui régulent la monnaie, de préserver la stabilité financière des États, d’empêcher le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. Facebook devra donner des garanties sur cela. 

Donald Trump partage la position des États membres du G7. Sur Twitter, il a déjà fait savoir que Facebook devrait obtenir une licence bancaire s’il souhaitait mener à bien son projet. Du côté de l’entreprise américaine, on se veut rassurant. David Marcus déclare au Sénat américain :

Je veux être clair, Facebook n’offrira pas la monnaie digitale Libra tant que nous n’aurons pas levé les inquiétudes réglementaires et reçu les approbations appropriées.


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