Le ciel va-t-il nous tomber sur la tête ? Une étude alerte sur le risque croissant des débris spatiaux
Satellites, fusées, télescopes : l’envoi d’objets dans l’espace n’est pas sans conséquence. Le risque d’entrée atmosphérique incontrôlée s’accroît même à mesure que les opérations se multiplient, et il n’est pas négligeable. Les experts cherchent à mieux prédire leur chute pour éviter qu’ils ne rencontrent des avions en plein vol.

Plus le temps passe, plus l’espace accueille de nouveaux objets spatiaux : fusées, satellites, télescopes… Cela n’est pas sans danger. Régulièrement, tout ou partie de ces instruments rentrent dans l’atmosphère : une fois par semaine, en moyenne. Si la plupart de ces météores artificiels brûlent entièrement, certains morceaux survivent suffisamment longtemps pour représenter un sérieux problème.
Et si le risque qu’un débris spatial rencontre un avion en plein vol est faible, il existe cependant. Surtout, il ne cesse de s’accroître. Selon une étude de 2020 relayée par nos confrères de Space.com, le risque pour un vol commercial donné serait d’environ 1 chance sur 1 000 d’ici 2030. Si cette probabilité paraît dérisoire prise isolément, le risque global devient sérieux compte tenu des milliers de vols quotidiens. Pour réduire ce risque, les scientifiques cherchent des solutions.
Les risques liés aux débris spatiaux augmentent, mais il existe des solutions
Une étude, récemment publiée et menée par une équipe de chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique, établit qu’au cours de l’année prochaine, il y a 26 % de chances que des débris spatiaux retombent de manière incontrôlée dans un couloir aérien majeur. Même un tout petit morceau – à l’image des cendres volcaniques – pourrait avoir des conséquences désastreuses, surtout s’il heurte un moteur à réaction. Les conséquences d’un tel risque sont dramatiques : dans le scénario envisagé par l’étude de 2020, on parle de centaines de morts potentiels.
Jusqu’à présent, la solution est de fermer (ou non) l’espace aérien. Mais on ferme large puisqu’on ne sait pas encore prédire avec précision où et quand un débris spatial amorcera une entrée incontrôlée dans l’atmosphère – et ça perturbe le trafic et coûte des millions de dollars. Cette incertitude est liée à notre méconnaissance de la haute atmosphère (entre 100 et 200 km d’altitude).
L’exemple emblématique – et extrême – est celui de l’entrée atmosphérique incontrôlée de l’étage central de 20 tonnes de la fusée chinoise Long March 5B en 2022. Sa trajectoire passant au-dessus de l’Espagne, l’espace aérien a été fermé pendant 40 minutes, impliquant 300 vols retardés, déroutés ou annulés. Pourtant, d’après Benjamin Virgili Bastida, ingénieur spécialiste des débris spatiaux de l’Agence spatiale européenne (ESA), les débris spatiaux n’ont en réalité traversé la zone dangereuse que pendant 5 minutes.
Pour améliorer ces prévisions, davantage de données sont nécessaires : la mission DRACO de l’ESA est prévue pour la fin de l’année 2027. Elle consistera en l’analyse de la désintégration d’un petit satellite grâce à 200 capteurs et une « boîte noire » parachutée. Une meilleure coopération internationale serait également salutaire. Pour autant, Virgili Bastida se veut rassurant : « Le ciel ne va pas vous tomber sur la tête. »

