L’apéro dans l’espace, c’est pour bientôt ? Voici ce qu’ont réussi à cultiver les scientifiques sur un sol lunaire simulé
La régénération et la culture du sol lunaire, le régolithe, est un enjeu crucial pour les missions de longue durée. Des chercheurs ont mené des expériences dans de la poussière lunaire simulée et ont réussi à y faire pousser des pois chiches. Sera-t-il bientôt possible pour les astronautes de s’organiser un apéro à base de houmous lunaire ? Tout n’est pas si simple.

La colonisation de la Lune est au cœur de plusieurs ambitions spatiales depuis de nombreuses années – et de nouveaux acteurs viennent même s’y greffer. Cet objectif est notamment incarné par une mission de la NASA décomposée en trois phases principales : Artemis. Si le décollage d’Artemis 2, prévu le 8 février, a dû être repoussé à la suite d’un incident majeur lors d’un entraînement, ce n’est pas le seul obstacle qui se dresse face à l’établissement durable de l’Humanité sur notre satellite naturel.
L’eau est l’un des enjeux – si ce n’est pas le plus – cruciaux des voyages spatiaux et la nourriture l’est également. Mais aujourd’hui, le système repose sur un ravitaillement depuis la Terre : c’est irréalisable pour des missions de longue durée, notamment sur la Lune, que ce soit financièrement ou techniquement. Les scientifiques s’échinent donc à trouver des alternatives rentables et viables. Et une récente recherche, publiée sur Scientific Reports le 5 mars, pourrait avoir trouvé la solution pour rendre le sol lunaire fertile.
Voici la solution des scientifiques pour rendre le sol lunaire fertile
Des propositions alternatives au ravitaillement alimentaire, il en existe déjà. L’Agence spatiale européenne (ESA) teste par exemple une technologie innovante, fondée sur la synthèse d’une protéine dont la source est surprenante. Mais cette fois-ci, la solution avancée propose de jouer sur la fertilité du régolithe : la poussière lunaire, qui n’est (pour le moment) pas appropriée pour cultiver des récoltes. Le régolithe est plutôt imperméable, ne contient aucune matière organique et, en revanche, il est composé de nombreux métaux toxiques (aluminium, cuivre, zinc).
Plusieurs expériences ont donc été menées sur des simulants (des mélanges artificiels basés sur du véritable régolithe) pour accroître le potentiel fertile du sol lunaire. Le cobaye ? Des plants de pois chiches – non pas pour faire du houmous afin que les astronautes puissent prendre l’apéro sur la Lune, mais probablement parce que c’est une source riche en protéines, un macronutriment essentiel au corps humain, et parce que c’est une plante « tout-terrain » (peu gourmande en eau et peu exigeante, elle « fabrique » même son propre engrais).
Les scientifiques auraient trouvé un nouveau mélange symbiotique permettant aux plants de pois chiches de produire des graines : il est composé de champignons mycorhiziens à arbuscules et de vermicompost. Les premiers sont communs dans le sol terrestre et ont plusieurs atouts, comme la réduction de l’érosion et de l’abondance des métaux toxiques, ou l’amélioration de la circulation des nutriments. Le second est produit par des vers « red wigglers » qui recyclent les biodéchets.
Constat : le mélange ne doit pas contenir plus de 75 % de régolithe – et encore, tout n’est pas parfait. Il faudra encore tâtonner pour trouver la teneur idéale de chaque composant. Et surtout, on ignore encore si ces pois chiches cultivés sont comestibles. Mais c’est un premier pas encourageant vers un régolithe fertile et auto-entretenu.