Facebook-Cambridge Analytica : Mark Zuckerberg auditionné par le Sénat américain, ce qu’il faut retenir

 

Le scandale Facebook-Cambridge Analytica a valu à Mark Zuckerberg une convocation devant le Sénat américain. Une audition durant laquelle il s’est excusé pour la fuite massive de données de dizaines de millions d’utilisateurs et a indiqué qu’il était conscient d’être responsable dans cette affaire. Répondant à des questions des élus, il a par ailleurs été mis en difficulté à plusieurs reprises et a apporté quelques informations intéressantes sur le réseau social et son futur.

facebook mark zuckerberg

Dans la nuit du 10 au 11 avril 2018, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, était auditionné devant le Sénat américain suite au scandale Cambridge Analytica, société qui a pu accéder et exploiter les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs dont 211 000 Français. Vous pouvez d’ailleurs vérifier si votre compte Facebook a été touché par la fuite de données Cambridge Analytica. Parfois mis en difficulté par ses interlocuteurs, Mark Zuckerberg s’est excusé et a pris ses responsabilités, tout en faisant quelques révélations.

Un Facebook payant dans le futur ?

Répondant à une question du sénateur Républicain Orrin Hatch, qui voulait savoir si Facebook serait toujours gratuit, Mark Zuckerberg a proposé une réponse extrêmement intéressante. « Il y aura toujours une version gratuite de Facebook« , a-t-il déclaré. Il suggère donc qu’une version payante du réseau social pourrait voir le jour dans le futur. Nous vous demandions justement si vous accepteriez de payer un abonnement Facebook pour protéger vos données personnelles. Dans les commentaires et notre sondage, vous étiez une majorité à refuser catégoriquement de payer pour utiliser le réseau social.

Facebook n’enregistre pas les appels téléphoniques et n’espionne pas à l’aide du micro

 Mark Zuckerberg a dû faire face à plusieurs accusations concernant les pratiques de Facebook. Le sénateur Gary Peters a exigé de savoir si « oui ou non » Facebook avait recours aux micros des appareils comme les smartphones pour obtenir davantage de données personnelles destinées au ciblage publicitaire. Quand les utilisateurs passent des appels, par exemple.

Sur cette question, l’interrogé s’est montré ferme. « Ce dont vous êtes en train de parler, c’est une théorie du complot visant à dire que nous écoutons à travers les microphones et les fichiers audio pour le ciblage publicitaire. Nous ne faisons pas ça« , a-t-il assuré. Il explique que Facebook doit gérer l’audio et accéder au micro des appareils pour garantir le bon fonctionnement de certaines fonctionnalités. Il prend l’exemple du son dans les vidéos publiées par les utilisateurs.

Mark Zuckerberg présente ses excuses

Le patron de Facebook a une nouvelle fois réitéré ses excuses, admis que des erreurs avaient été commises et assume la responsabilité de ses décisions (ou absence de décision). Il affirme cependant que « nous traversons un grand changement philosophique au sein de la société » mais que « cela prendra du temps pour mener à bien tous les changements nécessaires« . Facebook promet jusqu’à 40 000 dollars de récompense pour dénoncer le prochain Cambridge Analytica avec la mise en place d’un nouveau programme d’alerte.

Mark Zuckerberg a été attaqué par le sénateur John Thune, qui a rappelé que ce n’était pas la première fois que Facebook était mêlé de près ou de loin à ce genre d’affaire et que les nombreuses excuses présentées par le passé n’ont semble-t-il pas été suivies par des mesures concrètes pour protéger les utilisateurs. « Nous devons prendre plus largement conscience de nos responsabilités, nous assurer que Facebook soit utilisé à bon escient. Au final, les gens finiront par voir une vraie différence« , a répondu le fondateur du réseau social.

Facebook contre la Russie et la Chine

Facebook a été utilisé pour diffuser largement une propagande orchestrée depuis la Russie et qui a eu un impact important sur l’élection présidentielle américaine de 2016 avec l’élection de Donald Trump et le référendum du Brexit. Mark Zuckerberg a déclaré mener « une course aux armements » contre les Russes pour éviter que de telles situations se reproduisent. Il évoque d’ailleurs la présidentielle française 2017 : il estime que le réseau social a bien mieux géré l’événement que lors des élections américaines 18 mois plus tôt, soulignant les progrès effectués par Facebook.

Il n’a pas eu l’occasion d’en parler durant l’audience, mais les notes de Mark Zuckerberg, dont une partie a pu être filmée par les caméras présentes, font aussi mention de la Chine. Si un député évoquait un éventuel démantèlement de Facebook, il aurait alors argué que cela engendrerait un renforcement des entreprises chinoises, sans que le document n’entre plus dans les détails.

Mark Zuckerberg mis au pied du mur

Plusieurs députés ne se sont vraiment pas montrés tendres envers Mark Zuckerberg. Le sénateur démocrate Dick Durbin l’a notamment mis dans l'embarras en lui demandant de partager avec toute l’audience le nom de l’hôtel dans lequel il a dormi la nuit passée. Après quelques secondes d’un lourd silence, le patron de Facebook n’a pas souhaité répondre à la question. Idem lorsqu’on lui a demandé avec qui il avait eu des conversations la semaine précédente. « C’est bien de cela dont on parle aujourd’hui : votre droit à la vie privée« , a estimé Durbin, qui a complètement désorienté Zuckerberg.

Ce dernier a aussi eu le droit à des commentaires acerbes d’autres députés, qui lui ont reproché d’éviter certaines questions. Il a en effet à de nombreuses reprises déclaré qu’il ne « savait pas » ou qu’il devait consulter ses équipes pour être certain d’une information. Bien pratique pour esquiver les interrogations sur la collecte des données de navigation quand les utilisateurs ne sont pas connectés à Facebook, sur le fait que d’autres applications aient aussi pu abuser des données personnelles récoltées ou si le réseau social conserve l(et pendant combien de temps) les informations des utilisateurs qui ont supprimé leur compte Facebook.



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